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Journal en français facile 29/04/2021 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Vous écoutez RFI, il est 22h00 à Paris, 20h00 en temps universel.

Romain Auzouy : Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile. Présenté ce soir en compagnie de Sylvie Berruet, bonsoir Sylvie.

Sylvie Berruet : Bonsoir Romain, bonsoir à tous.

RA : À la Une ce soir, le calendrier du déconfinement en France. Il a été dévoilé par le président Emanuel Macron. Les deux grandes dates à retenir : le 19 mai la réouverture des commerces, terrasses de bars et de restaurants ainsi que les lieux culturels. Le 30 juin, la levée totale du couvre-feu, si la situation sanitaire le permet.

SB : En Iran, un proche du président Hassan Rohani poussé à la démission. Conséquence de l'affaire qui empoisonne le pouvoir : la diffusion d'un enregistrement sonore du chef de la diplomatie Mohammad Javad Zarif dans lequel il dénonce l'influence de l'armée dans la politique étrangère de son pays.

RA : Dans cette édition également, le pape François qui renforce les règles anticorruptions au Vatican.

SB : Et un revers pour la chancelière allemande Angel Merkel : la plus haute juridiction du pays estime que les objectifs climatiques du gouvernement sont « insuffisants ».

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SB : La feuille de route des prochains mois a été tracée en France.

RA : Quand les commerces vont-ils réouvrir, de même que les lieux culturels ou encore les salles de sport ? Quand le couvre-feu sera-t-il levé ? Le président Emmanuel Macron a répondu à toutes ces questions au cours d'un entretien à plusieurs médias. Le détail avec Laura Martel, le déconfinement va se faire en quatre étapes.

Première étape, on le savait, lundi prochain, avec le retour en classe des collégiens et lycéens ainsi que la fin de la limitation des déplacements à 10 kilomètres du domicile, mais un couvre-feu maintenu à 19h. Il faudra attendre la deuxième étape, le 19 mai, pour le voir repoussé à 21h. À cette date, il sera enfin possible pour les musées, cinémas et théâtres de rouvrir, tout comme les commerces, dans la limite de 800 personnes à l'intérieur, 1 000 en extérieur. Un début de retour à la normalité auquel on pourra trinquer en terrasse, puisque bars et restaurants seront à nouveau autorisés à accueillir des clients en extérieur, mais pas plus de six par table. C'est à partir de la troisième étape, le 9 juin, que cafés et restaurants pourront servir en intérieur et les salles de sports rouvrir leurs portes. Le télétravail sera assoupli et le début du couvre-feu encore reculé, à 23h avant d'être finalement levé, le 30 juin, quatrième étape du déconfinement. Il sera alors possible de participer à des évènements de plus de 1 000 personnes, à condition de présenter un test négatif de moins de 72 heures ou un certificat d'immunité. Alors que le rythme de la vaccination est un enjeu crucial pour tenir ce calendrier, Emmanuel Macron a annoncé qu'elle sera ouverte dès samedi à tous les adultes obèses ayant un indice de masse corporelle supérieur à 30.

RA : Des annonces qui soulagent les acteurs des secteurs les plus touchés par la pandémie. Certains professionnels de santé en revanche se montrent prudents, d'autant plus qu'aujourd'hui on a appris qu'un premier cas de variant indien du coronavirus avait été détecté en France, dans le sud-ouest du pays.

SB : L'Inde qui enregistre un nouveau record de décès en 24 heures.

RA : Le pays est confronté à une seconde vague de la pandémie particulièrement violente. Ce jeudi, 3 645 nouveaux décès enregistrés. Les hôpitaux indiens sont totalement dépassés. L'aide internationale continue d'arriver progressivement, ce jeudi, un premier avion militaire américain devait atterrir à New Delhi, la capitale.

SB : Dans le Journal en français facile, on continue de suivre cette affaire de fuites d'une conversation du chef de la diplomatie en Iran.

RA : Une fuite, c'est la diffusion de déclaration sans que la personne concernée ne soit au courant. C'est ce qui s'est passé en début de semaine avec un enregistrement sonore de Mohammad Javad Zarif dans lequel le chef de la diplomatie iranienne dénonçait l'influence de l'armée dans la politique étrangère de son pays. Des propos évidemment qui ont fait polémique, et qui continuent de faire polémique. On a appris aujourd'hui qu'un proche du président Hassan Rohani avait été écarté de son poste -il a dû présenter sa démission-, et vingt personnes ont été interdites de quitter le territoire iranien. À Téhéran pour RFI, Siavosh Ghazi.

Dans cet entretien qui devait rester secret, Mohammad Javad Zarif a critiqué les Gardiens de la révolution en affirmant notamment que le général Qassem Soleimani, tué par les Américains à Bagdad, sacrifiait la diplomatie pour mener à bien sa politique dans la région. Depuis, les conservateurs ne cessent de dénoncer la publication de cet entretien et certains demandent la démission du chef de la diplomatie. Dans ce contexte, une enquête a été ouverte par la justice et vingt personnes impliquées dans cet enregistrement ont été interdites de quitter le territoire iranien. De même, le chef du Centre des études stratégiques de la présidence iranienne, un proche conseiller du président Hassan Rohani, à l'origine de ce projet, a été écarté de son poste. Les conservateurs accusent le chef de la diplomatie d'avoir fait des déclarations qui sont en contradiction avec la politique du pays. Cette véritable bombe politique a éclaté en pleine négociations avec les grandes puissances afin de permettre la levée des sanctions américaines. Cela intervient aussi à moins de deux mois de la présidentielle alors que Mohammad Javad Zarif semble être le principal candidat des réformateurs. Pour les conservateurs, cet entretien et sa publication signifie la mort politique du ministre des Affaires étrangères. Siavosh Ghazi Téhéran RFI.

RA : Et puis va-t-on vers une amélioration des relations entre l'Iran et son rival régional l'Arabie saoudite ? Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salman avait dit souhaiter de « bonnes relations » avec Téhéran, suite à ces déclarations les autorités iraniennes se félicitent de ce qu'elles considèrent être « un changement de ton », c'est ce qu'écrit dans un communiqué le porte-parole des Affaires étrangères.

SB : Au Vatican, de nouvelles décisions du pape contre la corruption.

RA : La corruption, c'est l'un des chevaux de bataille de François, un cheval de bataille c'est une cause que l'on privilégie. Le pape s'attèle à la lutte contre la corruption, et dans ce but-là, il a publié ce jeudi une lettre demandant à ce que tous les cadres du plus petit État du monde signent une déclaration d'intérêt qui atteste qu'ils ne sont pas suspectés de malversations. Les explications au Vatican d'Éric Senanque.

Après avoir déjà réformé le code des marchés publics au Vatican l’an dernier, le pape François applique un nouveau tour de vis dans sa lutte anticorruption. Désormais, tous les cadres du petit État doivent signer une déclaration dans laquelle ils assurent ne faire l’objet d’aucune condamnation de justice, qu'ils ne font pas l'objet de procès ou d'enquêtes pénales en cours pour corruption, fraude, terrorisme, exploitation de mineurs ou évasion fiscale. Concernant leurs actifs, pas question non plus qu’ils détiennent des fonds ou des investissements dans des paradis fiscaux ou des pays peu regardant sur la corruption. Le Saint-Siège, qui a adhéré à la Convention de Mérida des Nations unies contre la corruption, « a décidé de se conformer aux meilleures pratiques pour prévenir et contrer » ce phénomène « sous ses différentes formes » peut-on lire dans ce décret. En cas de déclarations fausses ou mensongères, le Saint-Siège pourra licencier l'employé et même demander des dommages et intérêts. Autre nouveauté qui concerne cette fois-ci tous les employés du Vatican : l’interdiction de recevoir des cadeaux d’une valeur de plus de 40 euros. Éric Senanque, Rome, RFI.

SB : En Allemagne, la plus haute juridiction demande au gouvernement de présenter une politique climatique plus ambitieuse.

RA : C'est un camouflet, un revers, pour la chancelière Angela Merkel, surtout à un moment où les écologistes sont en hausse dans les sondages. Voilà pour l'aspect politique. Concrètement, la Cour constitutionnelle estime que les objectifs actuels du gouvernement en matière de baisse d'émissions de gaz à effet de serre sont jugés « insuffisants » et « non conformes aux droits fondamentaux ». Explications avec Pascal Thibaut à Berlin.

Les dispositions contestées portent atteinte aux libertés des requérants, dont certains sont encore très jeunes. Elles repoussent irréversiblement à la période postérieure à 2030 des charges considérables en matière de réduction d'émissions : pour les juges de Karlsruhe, les menaces aux libertés fondamentales des générations à venir doivent être prises en compte dans la législation actuelle. La figure de proue du mouvement pro-climat Fridays for Future en Allemagne, Luisa Neubauer, qui faisait partie des plaignants, a commenté sur Twitter : « Nous avons gagné ! La protection du climat n'est pas un luxe, c'est un droit fondamental. » Des experts ont parlé d’un jugement historique. Les juges ne remettent pas en cause le contenu de la loi de 2019 sur les baisses d’émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 (moins 55% par rapport à 1990). La Cour critique l’absence d’engagements pour la période ultérieure et craint que l’effort ne soit repoussé sur les générations futures. Le gouvernement allemand a jusqu’à fin 2022 pour améliorer sa loi. Un sujet qui sera sans nul doute discuté durant la prochaine campagne électorale. Les Verts, désormais en tête dans les sondages, ne pourront que s’en réjouir. Pascal Thibaut, Berlin, RFI.

RA : Et le jugement de la Cour constitutionnelle intervient alors que ce jeudi une étude du gouvernement de Bavière alerte sur l'état des glaciers dans cette région du sud-est de l’Allemagne : ils fondent plus rapidement que prévu et le dernier pourrait disparaître complètement dans seulement dix ans.

C’est ainsi que se termine le Journal en français facile.

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