#Français de l’actualité

Journal en français facile 26/10/2020 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Aurélien Devernoix : Bonsoir à toutes et tous. Il est 21h à Paris, minuit à Erevan, bienvenue dans votre Journal en français facile. Et pour m'accompagner dans cette édition, Sylvie Berruet, bonsoir !
 
Sylvie Berruet : Bonsoir Aurélien, bonsoir à toutes et à tous.
 
AD : Le cessez-le-feu n'aura duré que quelques minutes entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan : les autorités des deux pays se sont mutuellement accusées d'avoir rompu la trêve humanitaire dès son entrée en vigueur dans la région disputée du Nagorny Karabagh.
 
SB : Première journée de grève générale en Biélorussie au lendemain de l'appel lancé par l'opposante en exil, Svetlana Tikhanovskaia. Un mouvement diversement suivi.
 
AD : Autre mouvement qui prend de l'ampleur, celui du boycott des produits français dans le monde musulman. Une réponse aux atteintes de la France contre l'islam selon ses promoteurs dont le président turc Recep Tayip Erdogan.
 
SB : La France qui pourrait très bientôt se voir imposée de nouvelles mesures restrictives pour lutter contre la deuxième vague de Covid-19. Deux conseils de défense vont se tenir ces prochains jours pour réévaluer la réponse sanitaire des autorités.
 
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SB : Un petit espoir avait émergé après la médiation menée par les États-Unis ce week-end. Mais le cessez-le-feu conclu entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan n'aura pas tenu.
 
AD : Même pas une journée. Juste après son entrée en vigueur ce matin, les deux camps se sont mutuellement accusés d'avoir mené des attaques et donc violé cette trêve humanitaire. Les combats ont fait de nombreuses victimes ces derniers jours, notamment dans la région de Martakert, à une cinquantaine de kilomètres de la principale ville du Nagorny Karabagh, Stepanakert. Nos envoyés spéciaux Richard Riffonneau et Anastasia Becchio ont rencontré les volontaires de l’armée arménienne, tout juste descendus de leurs positions.

« Je m’en vais… prenez soin de vous » lance un homme en treillis militaire qui s’apprête à partir en permission. Un peu de répit pour 80 volontaires, essentiellement des policiers venus d’Erevan combattre dans les montagnes au-dessus du lac de Sarsang. « On rentre à la maison, on va se changer, passer quelques jours, avant de revenir. Ici, on fait notre devoir. On défend notre patrie ». Le long du chemin de terre forestier qui monte vers les positions de l’armée, la terre a été creusée sur les côtés, pour abriter les minibus qui vont emmener les volontaires. La situation est calme, mais ces hommes ne croient pas au cessez le feu. « On n’y croit plus parce que les Azerbaidjanais l’ont violé à chaque fois et aujourd’hui aussi ». Régulièrement les drones turcs survolent la zone. Aujourd’hui, le temps est nuageux, la menace ne viendra pas d’en haut, mais ces volontaires en conviennent : les drones constituent une sérieuse menace. « C’est une grande menace. Au début, beaucoup de nos jeunes soldats sont morts à cause de ces drones parce qu’ils savaient pas ce que c’était. Maintenant ils savent et l’armée sait désormais les abattre ». Les volontaires quittent la zone de combats bien décidés à revenir se battre alors que plus à l’est, dans la plaine, les missiles de l’armée azérie continuent de tomber.

SB : L'appel avait été lancé hier par l'opposante en exil Svetlana Tikhanovskaia.
 
AD : Un appel à la grève générale à partir de ce lundi dans toute la Biélorussie, après l'expiration de l'ultimatum fixé au président Loukachenko, qui lui demandait de démissionner avant dimanche. Et si ce mouvement de grève n'est pas encore massif, il commence à prendre de l'ampleur, Sophia Khatsenkova.

Des employés d’entreprises privées et d’usines publiques, des mineurs, des professeurs et des étudiants ont arrêté le travail, selon plusieurs médias indépendants biélorusses. Devant certaines usines, les OMONs, les forces anti-émeute, ont aussi été vues obligeant les ouvriers à aller travailler. Ceux qui refusaient étaient arrêtés. Même si un porte-parole du gouvernement a assuré que les entreprises fonctionnaient normalement, des blocages çà et là, on bien été observés, mais on est encore loin d’une grève générale qui paralyserait le pays. À Minsk, la capitale, des retraités ont aussi défilé contre le pouvoir cet après-midi. Des étudiants ont rejoint le cortège. Des heurts ont été signalés ainsi qu'une centaine d'arrestation, majoritairement dans la capitale. Il faut rappeler que le mouvement de contestation subit une pression importante de la part des autorités. Les précédentes grèves après les résultats contestés de l'élection présidentielle en août dernier dans des usines emblématiques n'avaient pas duré, face aux intimidations et aux menaces de licenciement, alors que l'État contrôle une grande partie de l'économie.

SB : Sophia Khatsenkova. La mort de l'ancien numéro deux de Saddam Hussein.
 
AD : La famille et le parti politique d'Ezzat Ibrahim al Douri ont annoncé son décès ce lundi, sans toutefois communiquer la cause ni même le lieu de sa mort. Il faut dire que ce très proche de l'ancien président irakien était en fuite depuis l'invasion américaine de 2003. En Syrie, près de 80 rebelles pro-turcs ont été tués dans des bombardements ayant frappé leur centre d'entraînement dans la région d'Idleb. Une attaque attribuée à l'aviation russe, qui soutient toujours le régime de Damas, la Turquie soutenant de son côté une partie de la rébellion.
 
SB : La Turquie dont le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé ce lundi ses concitoyens à boycotter les produits français.
 
AD : Une façon pour le chef d'État de condamner le traitement des musulmans de France et de condamner les propos d'Emmanuel Macron défendant la liberté de caricaturer le prophète de l’Islam et plus généralement la liberté d'expression. Dans la population turque, l’appel du président Erdogan semble reçu avec plus ou moins d’enthousiasme. À Istanbul, Anne Andlauer.

« Un boycott, pour quoi faire ? » se demandent plusieurs Turcs interrogés à Istanbul. Certains soutiennent cet appel par principe, comme une façon « pacifique » de protester symboliquement contre des propos du président français Emmanuel Macron qu’ils jugent « offensants » pour l’islam et les musulmans. D’autres sont a priori « pour », mais incapables d’identifier des marques françaises qu’ils consomment régulièrement et pourraient donc ne plus acheter. Ediz, un barbier, raconte avoir reçu sur son téléphone des messages d’amis appelant à boycotter une liste de marques françaises, mais le commerçant est sceptique quant à l’efficacité d’une telle mesure. Il rappelle qu’en 2018, des appels à boycotter les produits américains n’avaient pas été suivis d’effets. Évidemment, certains Turcs, souvent des partisans du président Recep Tayyip Erdogan, promettent de ne plus acheter « français », mais ils ne semblent pas être majoritaires. Certains d’entre eux se disent même prêts à manifester contre la France si leur président les y appelle.  Les autorités françaises ont envoyé un message à leurs ressortissants de passage ou résidant en Turquie, les appelant « à faire preuve d’une très grande vigilance dans le cadre de leurs déplacements et notamment d’éviter tout rassemblement ou manifestation dans des lieux publics. » Anne Andlauer, Istanbul, RFI.

SB : Et cet appel au boycott qui essaime, qui se répand, dans le monde arabo-musulman. La position du président français a ainsi été vivement critiquée aujourd'hui par le Haut Conseil Islamique en Algérie.
 
AD : Une campagne dénoncée par le Conseil Français du Culte Musulman. Le CFCM estime que les Français musulmans ne sont pas persécutés et les appelle à défendre l'intérêt de la France. Le recteur de la Grande Mosquée de Paris estime quant à lui que la campagne de boycott est une instrumentalisation de l'Islam.
 
SB : L'actualité en France, c'est également et toujours la deuxième vague de Covid-19 qui ne cesse de prendre de l'ampleur dans le pays.
 
AD : Encore plus de 26 000 cas recensés ce lundi. Les hôpitaux voient également affluer de plus en plus de malades gravement touchés, le plan blanc d'urgence a été lancé par l'autorité régionale de Santé dans le Grand Est. La vague ressemble de plus en plus à un tsunami et alors que des mesures ont été annoncées jeudi dernier, de nouvelles restrictions pourraient suivre cette semaine. Emmanuel Macron présidera un nouveau conseil de défense dès demain matin, Anthony Lattier.

C’est désormais certain : le gouvernement français envisage de durcir les mesures pour lutter contre l’épidémie. « Toutes les options » sont sur la table dit-on à l’Élysée : avancer l’heure du couvre-feu (19h par exemple, plutôt que 21h), imposer un confinement le week-end ou, dans le pire des cas, des reconfinements locaux. Les annonces ne devraient pas intervenir avant le milieu de la semaine. Avant cela, Emmanuel Macron, qui a annulé un déplacement au Creusot mardi après-midi, présidera non un mais 2 conseils de défense dédié à la crise sanitaire : un mardi matin pour faire le diagnostic de la situation, analyser les projections et un mercredi matin pour prendre les décisions. Entre-temps, le Premier ministre Jean Castex mènera des consultations demain soir avec les forces politiques puis avec les syndicats. Ce qui justifie ce changement de braquet de l’exécutif, c’est l’explosion du nombre de cas positifs, plus de 50 000 par jour désormais. Les services de réanimation s’alarment alors que le Président du Conseil scientifique prévient que « la deuxième vague sera sans doute plus forte que la première.

AD : Anthony Lattier. La deuxième vague qui est en train de submerger toute l'Europe. Le Royaume-Uni a enregistré près de 21 000 nouveaux cas ce lundi, alors que l'Espagne a en dénombré 50 000 durant le week-end écoulé. La Norvège, pourtant peu touchée, a présenté aujourd'hui une nouvelle série de mesures, notamment le port du masque obligatoire dans tous les espaces publics.
 
Et c'est ainsi que se termine ce Journal en français facile. Merci à vous Sylvie Berruet de m'avoir accompagné et à vous tous et toutes de votre fidélité. Excellente soirée à l'écoute de RFI.

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