#Français de l’actualité

Journal en français facile 21/06/2021 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Vous écoutez RFI, il est 22h à Paris, 20h en TU.

Romain Auzouy : Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile. Présenté ce soir en compagnie de Zéphyrin Kouadio, bonsoir Zéphyrin.

Zéphyrin Kouadio : Bonsoir Romain, bonsoir à toutes et à tous.

RA : À la Une ce soir, l'entre-deux-tours en France. C'est cette période entre le premier et le deuxième tour des élections régionales au cours desquelles des alliances sont nouées. Ainsi ce lundi, l'union de trois listes de gauche a été annoncé en Ile-de-France pour tenter de battre dimanche la sortant Valérie Pécresse.

ZK : Il est l'un des rares journaux d'opposition à Hong Kong et il pourrait bientôt devoir fermer : l'Apple Daily n'a plus les moyens de payer ses salariés, suite à la répression menée par les autorités.

RA : Dans cette édition également, un procès pour trancher sur la question de l'interdiction du HDP en Turquie. Ce parti pro-kurdes qui se trouve dans l'œil du président Recep Tayyip Erdogan.

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ZK : Au lendemain du premier tour des élections régionales en France, c'est l'heure des tractations.

RA : Les traditionnelles négociations pour sceller des alliances en vue du second tour dimanche. Les deux accords les plus importants annoncés aujourd'hui concernent la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, dans le sud-est de la France, et l'Île-de-France, la région parisienne. En Paca, l'écologiste Jean-Laurent Félizia, arrivé en troisième position, se retire et appelle à voter pour le candidat du parti Les Républicains Renaud Muselier, qui affrontera dimanche le candidat du Rassemblement national Thierry Mariani. Et puis en Île-de-France, une union entre trois listes de gauche annoncée, portée par l'écologiste Julien Bayou qui va tenter de battre dimanche la sortant Valérie Pécresse, ancienne du parti Les Républicains. Dans tout cela, qu'en est-il du parti présidentiel ? C'est l'un des enseignements du premier tour, La République en marche enregistre un nouvel échec. Le détail avec Valérie Gas.

C'est dans les Hauts-de-France que le mauvais score de la liste de la majorité présidentielle est le plus symbolique. Cinq ministres avaient été envoyés au front électoral, dont le médiatique Éric Dupond-Moretti, pour tenter de marquer des points face au Rassemblement national et à Xavier Bertrand. Peine perdue, la liste fait moins de 10%, ne peut même pas figurer au second tour et laisse à Xavier Bertrand le titre de champion de la lutte contre le RN. Quatre ans après l'élection d'Emmanuel Macron, le parti présidentiel n'arrive toujours pas à exister localement. Sans ancrage territorial, les candidats se cassent les dents face aux sortants de droite et de gauche. Même le ministre Modem Marc Fesneau, candidat en Centre-Val de Loire pourtant déjà élu dans la région, doit se contenter de la quatrième place. Tant et si bien qu'au second tour, la majorité présidentielle sera quasiment inexistante et ne grappillera que quelques miettes électorales. Pas de quoi améliorer son implantation locale ou concrétiser la recomposition politique promise en 2017. Même si tout est fait pour minimiser l'impact de cet échec et pour dissocier le sort d'Emmanuel Macron de celui de son parti, ce revers va laisser un goût amer avant l'ouverture de la campagne présidentielle.

RA : Et on rappelle un autre enseignement majeur de ce premier tour des élections régionales en France : le taux record d'abstention, supérieur à 65%, cela veut dire que ce sont près de sept personnes sur dix qui ne sont pas allées voter. Cela a amené le Premier ministre Jean Castex à lancer un appel solennel à se rendre aux urnes dimanche, se rendre aux urnes signifie aller voter.

ZK : À Hong Kong, l'Apple Daily va-t-il devoir fermer ?

RA : L'Apple Daily, c'est un journal soutien du mouvement pro-démocratie. En fin de semaine dernière, plusieurs responsables du quotidien ont été inculpées au nom de la loi sur la sécurité nationale, qui signifie davantage de fermeté de la part de la Chine. Et la situation du journal est telle qu'il pourrait bientôt être dans l'obligation de fermer. Une décision dans ce sens doit être prise vendredi. Car ce que l'on a appris aujourd'hui, Christophe Paget, c'est que le pouvoir de Hong Kong a aussi gelé les actifs du journal.

« Notre problème, c’est que le secrétaire en charge de la Sécurité et la police ne nous laissent pas payer nos journalistes, notre personnel et nos fournisseurs. », c’est ce qu’indiquait ce matin Mark Simon sur la chaîne américaine CNN. Mark Simon, réfugié aux États-Unis, et conseiller de Jimmy Laï, le magnat propriétaire d’Apple Daily, en prison pour avoir participé aux manifestations de 2019 et qui risque la prison à vie. Le pouvoir hongkongais emploie aujourd’hui les grands moyens pour se débarrasser de son journal, qui a toujours été une épine pro-démocratie dans le pied de Pékin, mobilisant jeudi dernier 500 policiers pour perquisitionner Apple Daily, arrêter ses dirigeants et s’emparer d’une quarantaine d’ordinateurs de ses journalistes. Malgré tout, Apple Daily était dans les kiosques vendredi, acheté en masse par les Hongkongais. Mais cela sera-t-il suffisant ? Les employés pourraient rapidement ne plus être payés, « c'est une question de jours » selon Mark Simon, et puis « l’impact psychologique a été grand », expliquait ce lundi le journal dans un éditorial : les journalistes s’inquiètent maintenant de dépasser des « lignes rouges » dans leur travail, et le fait que la police ait pu prendre leurs ordinateurs montre qu’ils ne peuvent plus protéger leurs sources. Un message « envoyé aussi à tous les autres médias hongkongais », estime Apple Daily.

RA : Christophe Paget.

ZK : Et puis en Turquie, cette question : faut-il interdire le HDP ?

RA : Le HDP qui est le principal parti pro-kurde d'opposition au président Recep Tayyip Erdogan. Aujourd’hui, la plus haute cour de justice de Turquie a donné son feu vert pour un procès afin de trancher sur la question de l'interdiction du parti. C'est une nouvelle décision visant le HDP, qui constitue la troisième force politique au Parlement turc. À Istanbul pour RFI, la correspondance de Cerise Sudry-Le Dû.

En quelques années, c’est peu dire que le HDP s’est pris des coups. Les manifestations de ses militants sont très souvent interdites, ses membres sont presque systématiquement assimilés à des terroristes, son chef de file a été emprisonné et, la semaine dernière, une jeune femme, Deniz Poyraz, a été tuée par un ultra nationaliste dans la permanence du parti à Izmir. Dernier épisode en date : ce lundi, la Cour constitutionnelle turque a accepté de poursuivre une action en justice demandant l’interdiction pure et simple du parti, ainsi que l'inéligibilité de 450 de ses membres. Un procureur avait en effet demandé sa fermeture, arguant de liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan, le PKK, groupe armé qualifié de « terroriste ». Le HDP a immédiatement dénoncé un « procès politique » mené en sous-marin par le MHP, un parti nationaliste, allié d’Erdogan et a déploré que la Cour ait raté une occasion unique de se prononcer « pour la paix ». Si la date du procès n’a pas été précisée, la décision intervient alors que des élections présidentielles doivent avoir lieu dans deux ans en Turquie. Déjà, certains sondages donnent Recep Tayyip Erdogan en difficulté. Cerise Sudry-Le Dû, Istanbul, RFI.

ZK : Dans l'actualité économique, une nouvelle confirmation que la reprise est bien là.

RA : La reprise après la pandémie de Covid-19 qui a durement touché les économies. Les taux de croissance repartent à nouveau à la hausse. Et voilà un rapport qui concerne les investissements directs étrangers, ceux que l'on appelle les IDE : il s'agit des investissements effectués à l'étranger à la fois par des multinationales et par des États. Ces IDE vont progresser de 10 à 15% cette année après une chute de 35% en 2020. Qui va bénéficier de cette croissance ? Détail de ce rapport de la CNUCED, la Conférence des nations-unies pour le commerce et le développement : Olivier Rogez.

La pandémie avait provoqué un tarissement important des flux d'investissements mondiaux, notamment dans les secteurs stratégiques pour l'emploi et la croissance comme l'électricité, l'alimentation, l'agriculture et la santé. Mais pour la CNUCED, le plus dur est passé et les IDE, les investissements directs étrangers, vont remonter cette année. Alexandre Dabbou économiste à la CNUCED : « Les IDE devraient se relever de dix à quinze pourcent en 2021. Et dans la fourchette la plus optimiste, on prévoit qu'ils pourraient revenir en 2022 au niveau de 2019. Soit 1 500 milliards de dollars. » Toutes les régions du monde ne sont pas logées à la même enseigne. Si l'Europe et les États-Unis bénéficieront des plans de relance gouvernementaux, il n'en va pas de même pour l'Afrique et l'Amérique latine. Cependant, la reprise asiatique va tirer à la hausse les prix des matières premières, ce qui favorisera les pays africains. Ils bénéficieront aussi, selon la CNUCED, d'un changement de stratégie des multinationales, soucieuses de délocaliser ou relocaliser leurs chaines de production. À terme, la pandémie pourrait donc redistribuer les cartes de l'investissement mondial.

RA : Olivier Rogez du service économie de RFI.

ZK : Enfin en football, une nouvelle équipe qualifiée pour les 1/8e de finale de l'Euro.

RA : Il s'agit de l'Autriche qui a battu l'Ukraine 1-0. Également dans le groupe C, troisième victoire en autant de matchs pour les Pays-Bas vainqueurs de la Macédoine du Nord, 3-0. Deux rencontres ont lieu actuellement, comptant pour le groupe B : la Russie affronte le Danemark. Et puis Finlande/Belgique. La France peut assurer sa qualification dès ce soir en cas de défaite de la Finlande ou de la Russie.

Fin du journal en français facile.

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