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Journal en français facile 19/04/2022 20h00 GMT

Studio RFI
GUERRE EN UKRAINE : Une nouvelle phase de la guerre en Ukraine a commencé ; et autres nouvelles.

Anne Corpet : RFI, il est 22h à Paris, 20h en temps universel. Bienvenue dans le Journal en français facile, présenté ce soir avec Sylvie Berruet. Bonsoir Sylvie. 

Sylvie Berruet : Bonsoir Anne, bonsoir à tout le monde. 

AC : « C'est une nouvelle phase de la guerre en Ukraine ». Déclaration faite par le ministre russe des Affaires étrangères. L'offensive vise principalement l'est du pays, mais les villes du sud sont aussi frappées.  

SB : Des violences aussi en Afghanistan : deux écoles ont été la cible d'explosions à Kaboul la capitale. Des établissements fréquentés par les garçons de la minorité chiite hazara. Il y a eu au moins six morts.  

AC : 40 000 étrangers sont entrés illégalement en Europe depuis le début de l'année. Un chiffre en nette hausse par rapport à l'année dernière, selon le rapport de Frontex, l'agence des gardes-frontières de l'Union européenne.  

SB : Les États-Unis vont arrêter de tirer des missiles sur leurs satellites pour les détruire. Une pratique qui était contestée car elle occasionne de nombreux débris dans l'espace. Ils peuvent être dangereux. 

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SB : Une nouvelle phase de la guerre en Ukraine a commencé. 

AC : C'est qu'a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères aujourd'hui pour évoquer les frappes menées sur l'est du pays. Le ministre russe de la Défense dit suivre le « plan de libération » des « républiques » séparatistes pro-russes de Donetsk et de Lougansk. Cette nouvelle phase de la guerre se veut cependant plus prudente qu'au début de l'invasion, quand Moscou espérait avancer rapidement en Ukraine. Cette fois, Martin Chabal, les hommes de Vladimir Poutine se concentrent sur un objectif moins large, mais ils multiplient les frappes d'artillerie. 

Ces frappes auraient déjà touché 1 260 cibles rien que pour cette nuit, selon le ministère de la Défense russe. Des tirs qui ont visé principalement des installations militaires et des soldats ukrainiens dans le Donbass et sur Kharkiv, à l'est. Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, l'a dit : c'est le début d'une « nouvelle phase ». Fini les attaques éclair du début de l'invasion, lorsque Moscou pensait encore pouvoir prendre Kiev en quelques semaines. Les forces du Kremlin sont maintenant positionnées aux abords de Lougansk et Donetsk et semblent s'engager dans ce qui pourrait être une guerre d'usure. Et pour asseoir ses forces dans la région, les soldats russes se sont emparés de la ville de Kreminna à 130 kilomètres de Lougansk et se rapprochent de plus en plus des grandes villes. Plus au sud, Marioupol pourrait être la première grande ville prise par les Russes. Dans la matinée, Moscou avait ordonné aux soldats ennemis encore sur place de déposer les armes. Ils ne l'ont pas fait et, cet après-midi, la Russie a bombardé l'usine métallurgique depuis laquelle les Ukrainiens résistent. Selon Kiev, environ 1 000 civils seraient dans les sous-sols de ce bâtiment.  

SB : Cette nouvelle offensive russe a été dénoncée, depuis New York, par le secrétaire général de l'ONU. 

AC : Antonio Guterres a demandé aux deux parties de stopper les combats pour une « pause humanitaire » de quatre jours à l'occasion de la Pâques orthodoxe. 

Le président américain Joe Biden a de son côté tenu une réunion virtuelle consacrée à l'Ukraine avec ses principaux alliés. Ils ont dit qu'ils étaient prêts à prendre de nouvelles sanctions contre la Russie. Les alliés se sont aussi engagés à réduire leur dépendance énergétique vis-à-vis de Moscou, c'est-à-dire à acheter moins de gaz et de pétrole russes.  

SB : Les violences se poursuivent aussi en Afghanistan. Deux explosions ont eu lieu ce mardi à Kaboul, la capitale. 

AC : Elles ont visé une école et un centre de préparation aux concours au moment où les élèves sortaient de classe. Le dernier bilan s’élève à six morts selon les autorités. Ces attaques n'ont pas encore été revendiquées, on ignore qui en sont les auteurs. Les précisions de Sonia Ghezali

Les images qui circulent sur les réseaux sociaux sont insoutenables. Il y a ces photos de livres scolaires et de cahiers couverts de sang. Celles de corps d’enfants démembrés, dans la ruelle dans laquelle se trouve l’école Abdul Rahim Shaheed. Des vidéos postées par des témoins sur place montrent les élèves blessés transportés dans des civières. Les explosions sont survenues au moment où les garçons sortaient de l’établissement. Cette attaque rappelle celle qui a eu lieu en mai 2021 contre une école de filles dans le même quartier de Dasht-e-Barchi. Au moins 85 personnes avaient été tuées, essentiellement des lycéennes, plus de 300 élèves avaient été blessés. L’attaque avait été attribuée au groupe État islamique qui s’en prend régulièrement à la minorité chiite hazara. Il y avait eu aussi l’attaque en mai 2020 d’une maternité soutenue par Médecins sans frontières, 25 personnes avaient été tuées, dont 16 mères. Le quartier de Dasht-e-Barchi situé dans l’ouest de Kaboul est une zone habitée en majorité par la communauté hazara. L’ancien gouvernement avait échoué à assurer une protection à cette minorité qui avait d’ailleurs dû mettre en place son propre système de sécurité à l’entrée des écoles, des centres sportifs et des mosquées tant les attaques étaient nombreuses. Les talibans n’ont pas réussi non plus à mettre un terme à la menace que représente l’EI en Afghanistan. Et d’ailleurs, ils minimisent la force de frappe du groupe terroriste en affirmant que ses combattants ne sont pas nombreux. Sonia Ghezali, Islamabad, RFI. 

SB : L'armée de l'air israélienne a mené, ce mardi, des frappes contre la bande de Gaza. 

AC : Ce sont les premières depuis trois mois. Elles ont eu lieu en représailles, pour se venger, après un tir de roquette lancé hier depuis le territoire palestinien. L'engin avait été intercepté par la défense israélienne.  

SB : Plus de 40 mille personnes sont entrées clandestinement en Europe depuis le début de l'année. Un chiffre qui est à son plus haut depuis six ans.  

AC : Les arrivées illégales sur le territoire de l'Union européenne ont augmenté de 57% au cours des trois premiers mois de l'année, par rapport à l’année dernière. C’est ce qu’affirme Frontex, l’agence des gardes-côtes et des gardes-frontières de l’Union européenne, dans un rapport publié ce mardi. Une hausse importante donc, même si les points de passage à travers la Méditerranée sont moins utilisés pendant l'hiver.  À Bruxelles, correspondance Pierre Benazet

Il n’y a que vers l’Italie et via Gibraltar que les tentatives de passage vers l’Europe ont baissé. Partout ailleurs l’augmentation est très nette puisque près de 6 000 personnes sont arrivées dans l’archipel espagnol des Canaries au premier trimestre, 70% de plus que l’an dernier à pareille époque. Avec plus de 5 000 arrivées, Chypre connaît une augmentation de plus de 300% des migrations illégales, surtout des Nigérians et des Congolais, plus 130% aussi en mer Égée avec 7 000 clandestins. Mais c’est surtout la route des Balkans qui devient la plus fréquentée, particulièrement par les Syriens et les Afghans, fortement représentés parmi les 18 000 qui ont tenté d’y franchir les frontières. Et il ne s’agit bien sûr que des personnes qui ont été arrêtées ou repérées par les gardes-côtes et les gardes-frontières. Tous ces mouvements sont des mouvements d’entrée vers l’Union européenne sauf ceux sur la Manche en direction de l’Angleterre. Frontex recense 8 900 tentatives de traversée du Pas-de-Calais, et ces migrants-là, 190% de plus que l’an dernier, avaient réussi à parvenir jusqu’aux côtes françaises sans se faire repérer. Pierre Benazet, Bruxelles, RFI. 

SB : En France, les deux candidats à la présidentielle se préparent pour le débat qui doit les opposer demain soir. 

AC : Un rendez-vous télévisé très important à quatre jours du vote. Marine Le Pen avait complètement raté le débat il y a cinq ans.  Dans une vidéo diffusée ce mardi sur les réseaux sociaux, la candidate du RN a commencé à attaquer Emmanuel Macron. « La peur, c'est le seul argument qui reste à l'actuel président de la République pour tenter de se maintenir à tout prix » au pouvoir, a affirmé Marine Le Pen.  

SB : Les États-Unis ne mèneront plus d'essais pour détruire des satellites depuis le sol avec un missile.  

AC : C'est ce qu'a annoncé la vice-présidente Kamala Harris qui invite également les autres pays à faire de même. Ces tests sont en effet très contestés. Ils peuvent être dangereux. Les explications de Simon Rozé

Dans le jargon, on les appelle les tests ASAT. Tirer un missile depuis le sol pour détruire un de ses propre satellite. Un exercice dont l'intérêt militaire est évident : développer une technologie permettant de s'attaquer aux engins d'autres pays en orbite autour de la Terre. Mais ces tests ont une autre conséquence : le satellite ainsi détruit explose en millier de débris qui peuvent continuer de tourner là-haut pendant des années, filant à plusieurs milliers de kilomètres heure, ils peuvent potentiellement causer des dégâts colossaux. Les États-Unis annoncent donc mettre fin à ces tests et appellent les autres pays à faire de même. Il s'agit en l'occurrence de l'Inde, de la Chine et de la Russie, les trois autres à disposer de cette technologie. Moscou avait d'ailleurs procédé au dernier essai en date en novembre dernier, les dizaines de milliers de débris qui en avaient résulté avaient même contraint les astronautes à bord de la Station spatiale internationale à se mettre à l'abri en cas de collision. Reste à savoir désormais si la décision américaine servira d'exemple puisque déjà certains pointent l'hypocrise des États-Unis en la matière. Le pays a en effet mené de nombreux tests ASAT dans le passé, le dernier en 2008, et s'était jusqu'alors toujours vigoureusement prononcé contre leur interdiction. 

AC : 22h10 à Paris, c’est la fin de ce Journal en français facile. Merci de l’avoir écouté. 

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