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Journal en français facile 18/04/2020 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Johanne Burgell : Vous écoutez RFI, il est 22h à Paris, 20h en temps universel. Bonsoir et bienvenue à tous. C'est l'heure de votre Journal en français facile, au sommaire :

- un concert géant et confiné. Des stars participent en ce moment à un évènement inédit en pleine pandémie. Organisé par la chanteuse Lady Gaga, le concert est retransmis en direct dans le monde entier. Une initiative pour soutenir les soignants et l'OMS.
- l'arrivée dans dix pays européens de 1 500 migrants mineurs en provenance des îles grecques. La propagation du coronavirus dans des camps saturés aurait des conséquences désastreuses.
- et puis au Chili, difficile de se protéger du coronavirus alors que la population manque d'eau. Le pays fait face à une sécheresse historique.

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JB : Le DJ sud-africain Black Coffee et la chanteuse Delilah Montagu, des artistes parmi tant d'autres, qui se sont produits il y a quelques minutes lors du méga-concert pour soutenir la lutte contre le coronavirus, qui doit durer jusqu'au bout de la nuit. Depuis deux heures, des stars du monde entier sont réunies grâce à la technologie numérique et participent à « Un monde : ensemble chez soi ». Le nom de l'événement organisé par la chanteuse américaine Lady Gaga et l'association Global Citizen. Les Rolling Stones, Elton John, Taylor Swift, Stevie Wonder ou encore Céline Dion, tous ont accepté de participer à ce concert virtuel, alors que plus de la moitié de la population mondiale est confinée. Sébastien Jédor, vous suivez aussi cet évènement hors norme organisé en soutien aux soignants du monde entier.

« Nous sommes peut-être séparés mais nous ne sommes pas seuls » : c'est par ces mots qu'a débuté ce concert en ligne à l'envergure inédite. Juste après : des images des quatre coins du monde, de populations entières qui applaudissent les médecins, les infirmiers, les aides-soignants mobilisés contre le coronavirus. « Ce sont nos héros en première ligne », c'est une phrase que répètent beaucoup d'artistes qui ont enregistré une chanson depuis chez eux. La première à ouvrir le bal a été la chanteuse soul américaine Andra Day, peu après le chanteur indien Vishal Mishra, le rockeur irlandais Hozier, le pianiste chinois Lang Lang, le violoniste Renaud Capucon, associé à d'autres musiciens français pour interpréter « Le Carnaval des Animaux ». On a pu aussi apercevoir l'acteur et chanteur américain Jack Black s'essayer au fitness au bord de sa piscine. Les prestations sont entrecoupées de témoignages de médecins ou de travailleurs humanitaires qui rappellent l'importance de rester chez soi, l'importance des gestes barrières, des appels aussi à faire pression sur les gouvernements pour qu'ils multiplient les tests : tous les messages que martèle l'OMS. C'est pour soutenir l'Organisation mondiale de la Santé que ce concert événement est organisé. On attend encore Paul MC Cartney, Les Rolling Stones et des dizaines d'autres. En ce moment plus de 700 000 internautes regardent ce concert rien que sur Youtube. Et vous le disiez il y a des dizaines d'autres canaux de diffusion dans le monde entier. Sébastien Jédor.

JB : Et si vous voulez regarder la suite du concert, votre trouverez sur notre site rfi.fr, le lien qui vous permet de le suivre en direct. Même si le monde est en quelque sorte à l'arrêt, en raison du nombre de personnes confinées, des commerces et des entreprises fermées.

D'autres crises perdurent, notamment celle des réfugiés.Sur les îles grecques 36 000 migrants tentent de survivre dans des conditions d'hébergement particulièrement difficiles. Dix pays européens volontaires se sont engagés à prendre en charge environ 1 500 migrants mineurs. Après le Luxembourg où douze d'entre eux sont arrivés mercredi, 47 mineurs non accompagnés, sont arrivés ce samedi matin en Allemagne. À Berlin, la correspondance de Pascal Thibaut.

« L’Allemagne tient ses promesses. Nous faisons un geste en faveur d’une plus grande solidarité en Europe. Je suppose que nos partenaires vont également tenir leurs engagements aussi vite que possible ». Le ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer, s’est félicité de l’arrivée ce matin en Basse-Saxe de 47 réfugiés mineurs non accompagnés. Originaires de Syrie, d’Afghanistan et d’Érythrée, ils se trouvaient dans des camps sur les îles grecques de Samos, Lesbos et Chios. Après un examen médical avant leur départ, ils vont être placés en quarantaine durant deux semaines. Une vingtaine d’entre eux ont des parents qui vivent en Allemagne et pourraient ensuite les rejoindre si cela est possible. Les autres seront pris en charge dans la région de Basse-Saxe. Le ministre de l’Intérieur avait visité des camps de réfugiés en Grèce il y a six mois et s’était engagé pour l’accueil de réfugiés mineurs non accompagnés. L’Allemagne veut en accueillir jusqu’à 500. Au total, dix pays européens se sont engagés à prendre en charge environ 1 500 enfants. Les ONG qui se battent pour l’accueil des migrants dénoncent des transferts bien trop faibles à leurs yeux.

JB : Et à partir de demain, dimanche, la Grèce va commencer le transfert vers sa partie continentale de centaines de migrants âgés ou malades qui vivent dans les camps des îles de la Mer Égée. Environ 2 400 personnes vulnérables seront évacuées en deux semaines.

L'épidémie de coronavirus a fait désormais plus de 100 000 morts en Europe. L'Espagne, deuxième pays le plus touché du continent après l'Italie, a décidé de prolonger le confinement jusqu'au 9 mai. De son côté, la France, où le confinement durera jusqu'au 11 mai, plus de 19 300 décès ont été enregistrés au total avec 642 morts supplémentaires en 24 heures. Une éclaircie tout de même, le nombre de personnes en réanimation dans les hôpitaux est passé sous la barre des 6 000 pour la première fois depuis le 31 mars. Il n'y aura pas de confinement prolongé après le 11 mai pour les personnes de plus de 65 ans. Emmanuel Macron a tranché hier, alors que c'est ce que proposait le chef du conseil scientifique.

En Inde, un confinement national est en vigueur jusqu'au 3 mai. Un milliard 300 millions d'Indiens sont concernés et pour ceux qui ne respectent pas ce confinement, le gouvernement a mis en place une mesure qui peut sembler originale. Une centaine de citoyens ont ainsi été contraints par la police à une séance de yoga, dans une ville de l'ouest du pays, dans l'État du Maharashtra. Depuis le début de l’épidémie de coronavirus, les autorités défendent les bienfaits des médecines traditionnelles. Les précisions de Côme Bastin à Bangalore.

La vidéo montre une centaine de personnes s’étirer en cadence, aux ordres de mégaphones. Leur faute ? Avoir bravé le confinement. Leur punition ? Une séance de Yoga dans la rue - en respectant, bien sûr, la distanciation sociale. Voilà la méthode choisie dans la ville de Pune ce jeudi, pour lutter contre ceux qui enfreignent les consignes. Une centaine de citoyens ont été contraints à cet exercice, qui ne leur évitera néanmoins pas d’être inculpés par la police. Derrière le fait divers, une réalité en l’Inde : la mise en avant du yoga et des médecines alternatives pour se prémunir du coronavirus. Sur Twitter, le Premier ministre Narendra Modi a posté plusieurs cours de yoga avec sa propre effigie en 3D. De son côté, le ministère Ayush, spécialisé dans les médecines traditionnelles, publie régulièrement des conseils alimentaires. Par exemple : une tasse de lait au curcuma pour renforcer le système immunitaire. Si ces pratiques peuvent améliorer le bien-être mental et physique, leur efficacité contre le virus n’est pas prouvée. Suite à l’extension du confinement, le gouvernement a lancé une mission scientifique pour tenter d'accréditer leur potentiel. » Côme Bastin, Bangalore, RFI.

JB : Direction le Chili à présent, le pays traverse une sécheresse historique, jamais vue depuis près de 60 ans, particulièrement dans le centre du pays. Dans les régions les plus touchées par la sécheresse, les habitants disent n'avoir pas assez d'eau pour respecter les recommandations sanitaires contre le coronavirus. La correspondance de Justine Fontaine.

Nelly Diaz, 41 ans, vit depuis toujours dans le hameau de Palquico, à 3h au nord de Santiago. Depuis octobre, à cause de la sécheresse, elle dépend de camions citernes pour s'approvisionner en eau. Mais elle n'en reçoit pas assez, alors toute la famille doit se laver au gant de toilette. « Avec 50 litres d'eau par jour et par personne, ça ne suffit même pas pour qu'on puisse se doucher ». Si les propriétaires des champs d'avocats juste à côté de chez elles ont leurs propres puits, Nelly, elle, peine à se laver régulièrement les mains, comme recommandé pour se protéger du coronavirus. Alors pour aider les familles qui le demandent, l'association environnementale chilienne Modatima a fait appel à la solidarité pour distribuer de l'eau. Rodrigo Mundaca est son porte-parole : « Nous avons distribué à ces familles environ 15 litres supplémentaires d'eau potable par personne. Ici, dans la province de Petorca, près de 70 % de la population dépend de camions citernes pour s'approvisionner en eau. » Au niveau national, d'après l'ONG Greenpeace, plus de 350 000 personnes se trouvent dans la même situation que Nelly, sans eau courante. Et faute de toujours pouvoir appliquer les gestes barrière au quotidien, elle et sa famille limitent au maximum leurs déplacements. Justine Fontaine, Santiago, RFI.

JB : C’est la fin de votre Journal en français facile. Merci de votre fidélité à la radio du monde.

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