#Français de l’actualité

Journal en français facile 15/06/2020 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Jérôme Bastion : Bienvenue sur Radio France internationale, il est 22 h à Paris, 20h en temps universel, et c’est l’heure de votre Journal en français facile ! Et à la Une de l’actualité de ce lundi 15 juin :
- les frontières européennes ont commencé à rouvrir, notamment entre Allemagne, Belgique, France et Grèce, grâce au recul de la pandémie de Covid-19, ouvrant la voie à la reprise du tourisme, ou simplement du commerce frontalier, comme en Alsace où nous irons dans un instant. 
- la Justice russe condamne pour espionnage un citoyen américain qui avait été arrêté à Moscou avec des informations classées secret défense et l’envoie en prison pour 16 ans, malgré ses démentis. Il pourra faire appel.
- l’ONG Médecins sans frontière contrainte de mettre fin aux activités de sa maternité à Kaboul, ciblée le mois dernier par une attaque meurtrière attribuée au groupe État islamique qui n’a pas revendiqué. Fermeture qui affecte plus d’un million de personnes.

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JB : La France et l’Allemagne ont rouvert leurs frontières de concert dans la nuit de dimanche et lundi. Pendant la crise du coronavirus, les deux pays avaient fermé leurs frontières et restauré des contrôles qui avaient disparu depuis bien longtemps. Seuls les travailleurs frontaliers et les marchandises pouvaient jusque-là passer. Cette nouvelle a été célébrée des deux côtés de la frontière en Alsace et dans le Bade-Wurtemberg. Reportage Angélique Férat. 

Dès dimanche soir, des élus français et allemands ont organisé des rassemblements le long de la frontière du nord au sud de l’Alsace. Les deux régions sont économiquement très liées et les élus ont salué une réouverture indispensable pour relancer l’économie. À Strasbourg, les citoyens ont fêté cette réouverture à leur manière en allant faire leurs courses. Jean-Claude retraité est venu avec sa voiture : « … tabac, c’est fait ! Maintenant on va se coltiner un demi-poulet rôti ». Et bien sûr au tabac de la gare les clients sont principalement français ce lundi matin. Florence a même fait 5 km en vélo : « alors, euh, figurez-vous que même quand j’ai traversé le pont, là, j’ai eu un petit doute sur le fait que j’allais pouvoir passer ou pas. Ça fait vraiment quelque chose de voir le panneau Deutschland, quand on arrive, moi ça m’a fait un petit truc ». Mathieu la trentaine sort avec plusieurs paquets de cigarettes. Il vient à Kehl depuis qu’il est enfant : « j’en profite à chaque fois pour faire le plein d’essence, pour acheter des produits allemands aussi. Ça m’avait manqué. Les frontières fermées, c’est des choses qu’on n’a pas connues. C’est un petit peu frustrant de ce côté-là, oui, de ne pas pouvoir circuler librement ». Les clients allemands eux sont attendus avec impatience à Strasbourg. Ils représentent jusqu’à 25 % de la clientèle dans certains commerces. Angelique Ferat Strasbourg RFI.

JB : En France, un jugement rendu 25 ans après les faits : le volet financier de la tentaculaire affaire Karachi était examiné par le Tribunal correctionnel de Paris ce lundi, et c’est une première dans ce genre d’affaires. La Cour a prononcé la condamnation de 6 prévenus à des peines entre 2 et 5 ans de prison ferme. Ils ont été reconnus coupables pour leur rôle dans un système de commissions occultes sur des contrats d’armement avec l’Arabie Saoudite et le Pakistan. Et selon le tribunal une partie de ces commissions a contribué à financer la campagne présidentielle de l’ancien Premier ministre Édouard Balladur en 1995. L’ancien chef du gouvernement, âgé de 91 ans, a du souci à se faire, car les 6 personnes condamnées sont d’anciens proches et lui-même sera jugé en même temps que François Léotard, son ancien ministre de la Défense ces prochains mois, devant la Cour de Justice de la République, seule juridiction habilitée en France à juger les ministres pour des infractions commises au cours de leur mandat.

16 ans de prison, c’est la peine très sévère qui a été infligée à l’ancien militaire américain Paul Whelan, condamné pour espionnage par la justice russe. Une décision « politique » et une « parodie de justice » a déclaré ce matin le ressortissant américain. Paul Whelan, qui n’a cessé de clamer son innocence, et qui affirme n’être qu’un simple touriste, piégé par les services de renseignements russes. Correspondance à Moscou signée Daniel Vallot.

L’affaire Paul Whelan débute en décembre 2018, lorsque l’ancien militaire américain est arrêté dans sa chambre d’hôtel à Moscou. En sa possession, une clé USB que lui a remise l’une de ses connaissances russes. L’ancien militaire explique que la clé contient des photos de vacances, les services de contre-espionnage en Russie affirment que s’y trouvent au contraire, des informations hautement confidentielles. Une mise en scène et une « parodie de justice » aux yeux de l’ambassadeur américain en Russie John Sullivan interrogé par la presse russe, juste après l’énoncé du verdict. « Je suis déçu et profondément outré. Un citoyen américain a été condamné à 16 ans de prison, sans aucune preuve. Et j’espère que toute personne sensée en Russie et ailleurs dans le monde aura la même réaction. Car, s’ils peuvent infliger cela à Paul, ils peuvent le faire à n’importe qui ». Ce matin Paul Whelan a annoncé qu’il ferait appel de sa condamnation. Mais le scénario le plus souvent évoqué à Moscou est celui d’un échange de prisonniers, entre la Russie et les États-Unis. Deux noms ont été cités par la presse russe, ceux du trafiquant d’armes Viktor Bout, et du pilote Konstantin Yarochenko détenu aux États-Unis pour trafic de drogue. Un tel échange est-il possible ? Ni les autorités américaines ni les autorités russes ne l’ont confirmé à ce stade. Daniel Vallot, Moscou, RFI.

JB : Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a dénoncé la façon dont Moscou a traité l’ancien soldat des Marines. « Les États-Unis sont scandalisés par la décision prise aujourd’hui par le tribunal russe de condamner le citoyen américain Paul Whelan à l’issue d’un procès secret, pendant lequel ont été présentées des preuves secrètes et les témoins de la défense n’ont pas disposé d’un temps de parole approprié », a déclaré le secrétaire d’État américain dans un communiqué. « La Russie n’a pas réussi à accorder à M. Whelan un procès équitable devant un tribunal indépendant et impartial ; et pendant sa détention, elle a mis sa vie en danger en ignorant sa maladie de longue date et l’a maintenu de manière déraisonnable isolé de sa famille et de ses amis », a-t-il dit.

Les autorités sanitaires américaines ont retiré ce lundi 15 juin l’autorisation d’utiliser en urgence deux traitements contre le Covid-19, la chloroquine et l’hydroxychloroquine, un temps défendus par le président Donald Trump. « Il n’est plus raisonnable de croire que l’administration par voie orale d’hydroxychloroquine et de chloroquine soit efficace dans le traitement du Covid-19 », a déclaré dans un courrier la responsable scientifique de l’Agence américaine du médicament (FDA) Denise Hinton. « Il n’est pas non plus raisonnable de croire que les bénéfices connus et potentiels de ces produits dépassent leur risque connu et potentiel », a-t-elle précisé en annonçant la fin de leur utilisation d’urgence.

Une nouvelle étape pour l’après-Brexit, ce lundi s’est tenu une réunion par visioconférence entre les dirigeants de l’Union européenne et le Premier ministre britannique Boris Johnson. C’est la première fois depuis la sortie du Royaume-Uni de l’UE que Boris Johnson s’impliquait personnellement dans les discussions et il a estimé possible le fait que Londres et Bruxelles puissent parvenir dès le mois de juillet à s’entendre sur la future relation entre les deux parties. Le temps commence à presser, car la période de transition se termine le 31 décembre.

En Afghanistan, Médecins sans Frontières annonce la fermeture de la maternité qu’elle gérait dans un quartier chiite de Kaboul, une unité qui avait subi le 12 mai dernier une attaque au cours de laquelle 25 personnes avaient été tuées dont 16 mères, deux enfants et une sage-femme. L’attaque perpétrée par un commando d’hommes armés et qui n’a toujours pas été revendiquée a soulevé une onde de choc dans le pays. Les précisions de notre correspondante régionale, Sonia Ghezali.

« Une décision nécessaire, mais douloureuse ». Ce sont les mots de la direction de MSF. L’ONG explique ne pas souhaiter, par sa présence, faire prendre de risques aux patientes, et à la communauté hazara. Celle-ci est largement présente dans le quartier de Dasth-e-Bartchi, dans l’ouest de Kaboul où se trouve la maternité attaquée par des hommes armés il y a un mois. La minorité chiite est régulièrement prise pour cible par la branche afghane du groupe État islamique. Le groupe terroriste est soupçonné d’en être l’instigateur après que les talibans ont nié toute implication. La maternité de MSF à Kaboul prenait en charge les femmes dont les grossesses étaient à risque. Elle était une institution dans le pays qui connait un taux de mortalité maternelle très élevé. Plus de 16 000 bébés y sont nés en 2019. Sa fermeture est un nouveau coup dur pour la population et pour l’ONG. 70 de ses employés et patients ont été tués depuis 2004 en Afghanistan. En 2015, l’hôpital MSF de Kunduz avait été détruit par l’armée de l’air américaine faisant 42 morts.

JB : C’est ce lundi que Carmen Reinhart prend ses fonctions à Washington. Carmen Reinhart est la nouvelle économiste en chef de la Banque Mondiale. Sa mission : gérer le redressement des économies émergentes et en développement en pleine récession. Son portrait par Myriam Berber.

Carmen Reinhart n’a pas le profil type de la Banque mondiale. Celui d’une économiste de développement qui travaille sur la pauvreté et les inégalités. Son domaine d’expertise, c’est plutôt les crises mondiales. Née à Cuba, cette Américaine a été professeur à l’Université de Harvard, avant d’occuper le poste de conseiller et directrice adjointe au fond monétaire internationale, après un passage dans le monde de la banque. Elle s’est surtout fait connaître par un livre devenu un best-seller : cette fois, c’est différent : huit siècles de folies financières. Un ouvrage qui revient sur la crise de 2008 et celle de la dette en 2009. Cette expertise lui servira pour affronter la récession actuelle liée au coronavirus. Et qui porte un coup très dur à la mondialisation. Carmen Reinhart prend ses fonctions, alors que les pays pauvres et émergents sont, particulièrement, fragilisés par cette pandémie, qui entraîne une chute du commerce mondial, une baisse du prix des matières premières et la fuite des capitaux étrangers.

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