#Français de l’actualité

Journal en français facile 15/03/2021 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Vous écoutez RFI il est 21h à Paris, 20h en temps universel.

Romain Auzouy : Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile présenté ce soir en compagnie de Sylvie Berruet, bonsoir Sylvie.

Sylvie Berruet : Bonsoir Romain, bonsoir à toutes et à tous.

RA : À la une ce soir : Paris, Rome, Berlin et Madrid qui annoncent la suspension de la vaccination avec AstraZeneca. Ce vaccin qui ne cesse de faire polémique en raison de craintes d'effets secondaires. L'Organisation mondiale de la Santé va réunir ses experts sur le sujet demain mardi.

SB : Décision surprise en Espagne : le chef de Podemos quitte le gouvernement de coalition. Pablo Iglesias annonce qu'il va se présenter aux élections régionales anticipées à Madrid. Un pari risqué.

RA : Dans ce Journal en français facile également en Birmanie le report de l'audience consacrée à l'ancienne dirigeante Aung San Suu Kyi.

SB : Et en France le Sénat examine un texte pour mieux protéger les mineurs face aux violences sexuelles et notamment face à l'inceste.

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SB : Voilà qui ne va pas arranger les choses dans la lutte contre le coronavirus.

RA : La liste des pays qui décident de suspendre la vaccination avec AstraZeneca en raison des craintes d'effets secondaires ne cesse de s'allonger. La semaine dernière la Norvège, le Danemark, l'Islande, la Bulgarie ou encore l'Indonésie. Et aujourd'hui quatre grands pays d'Europe, la France, l'Allemagne l'Espagne et l'Italie. Avant d'évoquer la situation sur le front de la pandémie, on s'arrête sur la décision de l'Allemagne avec notre correspondant Pascal Thibaut.

« Une pure mesure de précaution qui n’a pas été facile à prendre ». Le ministre de la Santé a voulu rassurer en annonçant que l’Allemagne suspendait l’utilisation du vaccin AstraZeneca. Jens Spahn s’appuie sur les recommandations des scientifiques de l’institut Paul Ehrlich qui ces derniers jours n’avaient pas émis de doute sur les risques liés au vaccin anglo-suédois alors que d’autres pays avaient déjà suspendu son utilisation. Le gouvernement allemand avait également défendu l’emploi d’AstraZeneca. Jens Spahn a souligné que seulement sept cas de thromboses avaient été recensés en Allemagne où 1,7 million injections du vaccin ont été pratiquées. Pour Berlin, cette décision tombe au plus mal. La confiance dans le vaccin AstraZeneca était déjà ébranlée après la décision initiale de ne pas l’utiliser pour les plus de 65 ans. Une restriction levée par la suite. Au-delà, la nouvelle annonce devrait alimenter un peu plus les frustrations des Allemands contre la campagne vaccinale qui expliquent également le reflux des conservateurs dans les sondages et dans les deux élections régionales de dimanche. Pascal Thibaut Berlin RFI.

RA : La sécurité du vaccin AstraZeneca qui sera à l'ordre du jour d'une réunion du groupe d'experts de l'Organisation mondiale de la Santé demain mardi. L'arrivée d'une troisième vague de Covid-19 qui contraint l'Italie à se reconfiner depuis ce lundi. La barre des 100mille morts liés au Covid-19 vient d'être franchie en Italie. A l'inverse au Portugal on allège les mesures de restrictions, notamment les écoles qui étaient fermées depuis presque deux mois rouvrent. Enfin en France, reconfinement ou pas, c'est la grande question, des décisions pourraient être prises d'ici la fin de la semaine alors que notamment en Ile de France les services de réanimation sont sous tension.

SB : En Espagne le chef de Podemos quitte le gouvernement

RA : C'est une annonce surprise, Pablo Iglesias souhaite se présenter aux élections régionales anticipées à Madrid. Podemos parti de gauche radicale, qui appartient à la coalition gouvernementale avec le Parti socialiste du Premier ministre Pedro Sanchez. Mais ces derniers temps les relations étaient de plus en plus tendus entre les deux parties. Cependant, se présenter à Madrid, c'est un risque pour le chef de Podemos qui n'est pas du tout assuré de l'emporter. Il aura face à lui la présidente de la région, Isabel Diaz Ayuso du Parti Populaire qui a provoqué cette élection afin d'éviter une motion de censure. Faire barrage à la droite c'est leitmotiv de la candidature de Pablo Iglesias (la raison d'être de cette candidature).  On écoute l'appel au rassemblement à gauche qui a été lancé ce lundi par Pablo Iglesias.

« Madrid fait face à un très grand risque. Un risque non seulement pour Madrid, mais pour toute l'Espagne qu'il y ait un gouvernement d'ultra droite avec Ayuso et avec Vox. Et puis l'Histoire nous offre ici une opportunité : une opportunité que nous ne pouvons pas laisser passer, pour avoir enfin un gouvernement de gauche dans la communauté de Madrid : qui reconstruise les services publics, qui travaille pour la justice fiscale, pour le respect de l'environnement, pour l'égalité hommes-femmes, qui gouverne pour les travailleurs, et qui extirpe le parasite de la corruption des institutions de Madrid. C'est pour cela que je vais proposer aux camarades de "Mas Madrid" que, bien que nous continuions à être des organisations différentes, nous proposions une candidature unique pour remporter les élections de Madrid le 4 mai. ».

RA : Le chef de Podemos Pablo Iglesias candidat donc aux élections régionales anticipées à Madrid.

SB : L'inquiétude toujours plus forte en Birmanie.

RA : Au lendemain de la journée de répression la plus meurtrière depuis le coup d'État du 1er février, hier dimanche au moins 44 manifestants ont été tués par les forces de sécurité, portant le bilan total à 138 morts, « au moins 138 manifestants pacifiques tués » écrivent les Nations Unies ce soir. Malgré cela, des contestataires sont à nouveau descendus dans la rue ce lundi, et 11 manifestants ont été tués. Ce lundi était également prévue une audience de l'ancienne cheffe du gouvernement Aung San Suu Kyi en vidéoconférence, mais celle-ci a été reportée en raison du blocage d'internet qui se poursuit. Les précisions d'Achim Lippold.

La prix Nobel de la paix est poursuivie pour au moins quatre chefs d'accusation, dont importation illégale de talkies walkies, violation des restrictions liées au coronavirus et incitation aux troubles publics. L'armée l'accuse aussi de corruption. Faute de connexion internet, l’audience d’Aung San Suu Kyi a été reportée au 24 mars. Son avocat s’est plaint de ne pas pouvoir rendre visite à sa cliente toujours tenue au secret. C’est pour demander sa libération et la restauration de la démocratie que des Birmans continuent de descendre dans la rue ce lundi, à Rangoun mais aussi dans d’autres villes comme Mandalay par exemple, où des ingénieurs ont défilé contre la junte. L’armée qui a décrété la loi martiale dans six cantons de la grande banlieue de Rangoun. Toute personne arrêtée dans ces quartiers sera jugée par un tribunal militaire. Les peines peuvent aller de trois ans de prison jusqu’à l’exécution. La répression de plus en plus sanglante du régime est vivement condamnée par plusieurs pays occidentaux et par l’ONU qui fait état d’éventuels crimes contre l’humanité commis par l’armée. Mais jusqu’à présent, ce concert de protestation ne semple avoir aucun effet sur la junte militaire.

RA : Et les regards sont notamment tournés vers la Chine, accusée de manquer de fermeté vis à vis des généraux birmans. Mais Pékin a réagi ce lundi, « exhortant » (c'est-à-dire demandant fortement) les autorités à prendre des mesures pour éviter que de tels incidents ne se reproduisent. Et la Chine qui s'est dite « très préoccupé » par la sécurité des ressortissants chinois en Birmanie.

SB : En France c'est au tour de l'Assemblée nationale d'examiner la proposition de loi pour mieux protéger les mineurs des violences sexuelles.

RA : Il s'agit d'une proposition de loi du Sénat qui a été profondément remaniée à l'initiative du gouvernement. La voilà donc devant l'Assemblée nationale pour un examen qui devrait durer jusqu'à mercredi. Comment renforcer la protection des mineurs face aux violences sexuelles dont l’inceste, que plusieurs affaires ont remis sur le devant de l’actualité. Les débats devraient porter sur plusieurs points de désaccords, Pierre Olivier.

Mesure phare de ce texte : la fixation d'un âge de non consentement à 15 ans. Autrement dit, si cette proposition de loi entre en vigueur, tout acte de pénétration sur un mineur de moins de 15 ans sera de facto considéré comme un viol, qu'il y ait eu ou non consentement. Un crime puni de 20 ans de prison ! Mais pour ne pas incriminer les liaisons entre adolescents et jeunes adultes, une clause dite « Roméo et Juliette » prévoit que les sanctions ne s'appliquent que si la différence d'âge entre le majeur et le mineur de moins de 15 ans est supérieure à 5 ans. Ainsi par exemple, un adulte de 18 ans pourra avoir des rapports sexuels avec un adolescent de 13 ans sans être accusé de viol sauf bien sûr si une agression sexuelle est effectivement commise ! C'est d'ailleurs sur cette différence d'âge que demeure l'un des principaux points de discordes entre les députés. Certains voudraient une période plus courte quand d'autres estiment que ces 5 ans d'écart vont créer de la confusion. Une fois le processus parlementaire terminé, le texte, soutenu pourrait déboucher sur une nouvelle législation, dès le printemps prochain.

SB : Enfin en tennis c'est une mini révolution : le Russe Daniil Medvedev numéro 2 mondial depuis aujourd’hui.

RA : Oui car depuis juillet 2005 (plus de 15 ans) les deux premières places mondiales étaient toujours occupées par deux de ces quatre joueurs : Roger Federer Rafael Nadal Novak Djokovic ou Andy Murray. Novak Djokovic reste le numéro 1 mondial, loin devant Medvedev mais le Russe ne cesse de progresser, son dernier titre hier dimanche à Marseille.

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