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Journal en français facile 14/05/2022 20h00 GMT

Studio RFI
INDE : le pays veut arrêter d'exporter son blé, le G7 est inquiet ; et autres nouvelles.

Transcription

AL : Bonsoir à toutes, bonsoir à tous. Il est 22 heures à Paris, 20 heures en temps universel. C'est l'heure de votre Journal en français facile. Et avec Zéphyrin Kouadio.

ZK : Bonsoir Alexandra, bonsoir à toutes et à tous. Au sommaire de ce journal, Alexandra.

AL : Les membres du G7, les 7 puissances économiques mondiales, inquiets. L'Inde veut arrêter d'exporter son blé. La crise alimentaire menace de nombreux pays qui comptaient sur le pays exportateur. Les pays du G7 qui sont toujours unanimes pour condamner l'invasion russe en Ukraine.

ZK : En Ukraine justement, les combats se poursuivent, notamment dans l'est du pays, mais les Ukrainiens résistent.

AL : Dans cette édition également, les Libanais qui sont appelés aux urnes demain pour les législatives et c'est une première, des candidats indépendants se présentent. Notre envoyé spécial a suivi l'un d'eux pendant les dernières heures de sa campagne.

ZK : Et puis aux États-Unis, les défenseurs du droit à l'avortement descendent dans la rue pour protester contre la Cour suprême.

AL : Enfin, on parlera politique française alors que le second quinquennat d'Emmanuel Macron a commencé. Voilà pour les titres, soyez les bienvenus !

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ZK : Les membres du G7 font bloc face à la Russie, Alexandra.

AL : Le G7, vous le savez, ce groupe informel de discussion des sept plus grandes puissances mondiales et qui se réunissaient pendant trois jours dans le nord de l'Allemagne. Ce samedi, les ministres des Affaires étrangères du G7 ont clôt le sommet. Unanimes, Vincent Souriau, alors que la guerre se poursuit en Ukraine. Ils ne reconnaîtront jamais les frontières que la Russie a tenté de changer par son intervention militaire, ont-ils.

Nous maintiendrons, affirme le G7, notre engagement à soutenir la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine, y compris la Crimée, et nous soutiendrons les mesures que prendra l'Ukraine afin de garantir la liberté et la paix sur son territoire. Les ministres des Affaires étrangères exigent de la Russie qu'elle mette fin à cette guerre qu'elle a initié, disent-ils, sans provocation de la part de l'Ukraine et ils insistent sur la souffrance tragique et les pertes en vies humaines que continue de provoquer ce conflit. Le G7 s'adresse aussi à la Biélorussie, l'allié traditionnel de Moscou qui héberge plusieurs contingents de soldats et de matériel russe, appelant le régime biélorusse à cesser de faciliter l'intervention de la Russie et à respecter ses engagements internationaux. Enfin, le G7 condamne les menaces irresponsables d'utilisation d'armes chimiques, biologiques et nucléaires proférées par Vladimir Poutine et promet d'élargir les sanctions économiques qui visent le Kremlin à des secteurs dont la Russie est particulièrement dépendante. Nous appelons la Chine, concluent les diplomates, à ne pas aider Moscou et à renoncer à diverses manœuvres de manipulation de l'information et de désinformation pour légitimer la guerre menée contre l'Ukraine.

ZK : Les pays membres du G7 qui s'alarment et qui critiquent aussi la décision de l'Inde.

AL : Les autorités indiennes ont décidé en effet d'imposer un embargo sur les exportations de blé. Plusieurs raisons à cela : la récolte de blé 2022 a été mauvaise à cause de la canicule et l'inflation sur les denrées alimentaires continue de progresser. New Delhi veut contrôler la situation dans son pays, mais cette décision risque d'entraîner une crise alimentaire dans de nombreux autres pays comme l'Égypte par exemple. L'Inde était présentée comme le remplaçant de l’Ukraine dont les récoltes vont être réduites à cause de la guerre là.

ZK : En Ukraine justement, pour le 80e jour consécutif, la guerre se poursuit.

AL : Et c'est à l'est, dans le Donbass plus particulièrement, que les Russes concentrent leurs efforts depuis plusieurs jours, mais ils n'arrivent pas pour le moment à percer la défense ukrainienne. D'après le ministère ukrainien de la Défense, une trentaine de bombardements ont été enregistrés ces 24 dernières heures dans la périphérie de Lougansk qui se trouve dans le Donbass.

ZK : Et puis les Libanais vont voter demain pour les élections législatives, 128 sièges de députés sont à pourvoir.

AL : Et ce scrutin se déroule dans un contexte particulier, le pays traverse une grave crise économique et sociale. Depuis plusieurs mois, le quotidien des Libanais est ponctué par les pénuries d’électricité, l'inflation des denrées alimentaires ou encore l'exil d'une partie de sa population. Autre particularité : les grands partis politiques traditionnels qui se partagent le pouvoir depuis des décennies devront faire face à des candidats indépendants. Ce qui est nouveau... Notre envoyé spécial Nicolas Falez a d’ailleurs suivi les derniers instants de campagne de l’une de ces listes d’opposition. 

Akoura, sur les hauteurs du Mont-Liban, paysage à couper le souffle, à 1600 mètres d’altitudes, c’est dans la salle paroissiale que Ghassan Germanos a réuni quelques dizaines d’habitants du village pour sa dernière réunion de campagne. Ancien dentiste reconverti dans l’agriculture et récemment dans la politique, Ghassan Germanos est très actif sur les réseaux sociaux. Sa liste s’appelle « nous sommes le changement » et se revendique de la Thawra. Littéralement la « Révolution », le mouvement de contestation qui a éclaté en 2019. Dans sa circonscription du Mont-Liban, Ghassan Germanos a fait campagne avec peu de moyens contre les puissants partis traditionnels. « On a des listes qui dépensent des millions de dollars, on voit tous ces panneaux publicitaires, tous ces gens qu’on voit sur les plateaux de télé, tout est payant. Pour moi, avec quelques milliers de dollars, des donations qu’on a eues surtout d’expatriés, avec des volontaires de la région, on a fait lentement campagne. En gros, je n’ai jamais été invité sur un plateau de télé, toute notre campagne a été faite sur les réseaux sociaux. » Ghassan Germanos et ses proches sont aussi en concurrence avec une autre liste se réclamant du changement. Même si certains de ses candidats sont d’anciens élus ou des notables issus de partis traditionnels. Ici comme d’autres circonscriptions, l’opposition risque de pâtir de ses divisions. Nicolas Falez, Akoura dans le Mont-Liban, RFI.

ZK : Alexandra, on part maintenant à Cuba où un nouveau code pénal doit être approuvé ce samedi par le parlement.

AL : Le nouveau texte prévoit de criminaliser certaines activités et de renforcer le contrôle des réseaux sociaux. D'après les auteurs ce code, il doit permettre de « protéger le système socialiste », mais de nombreux observateurs y voient au contraire un moyen de renforcer la répression, un an après les manifestations qui ont secoué l'île en juillet 2021. C'est ce que pense en tout cas cet avocat et militant politique cubain Eloy Viera.

Ce nouveau code pénal est un mécanisme que le gouvernement cubain utilisera pour légaliser et légitimer un ensemble de pratiques auxquelles il avait déjà recours, en marge de la loi. Il prévoit par exemple l’introduction d’un délit pour ce que le régime appelle le mercenariat, qui n’est rien d’autre que le financement d’organisations et d’acteurs indépendants. Le projet de loi vise aussi à criminaliser ce que le gouvernement cubain appelle « le désordre public », qui est tout simplement l’exercice du droit à manifester. Ce nouveau code pénal établit par ailleurs des sanctions contre tous ceux qui ont recours à la provocation, ce qui passe par un contrôle de l’environnement numérique. Ainsi, il comprend la mise en place de sanctions aggravées pour ceux qui utilisent les réseaux sociaux pour faire passer leur message. Il prévoit aussi de punir l’expression de revendications citoyennes sur les réseaux sociaux. C’est donc tout un arsenal juridique qui sera mis en place pour museler toute opposition politique à Cuba.

ZK : Vous venez d'entendre Eloy Viera, un avocat et militant politique cubain.

En France, le second quinquennat d'Emmanuel Macron a officiellement commencé à zéro heure samedi.

AL : Mais il faudra sans doute encore attendre quelques heures, le début de semaine prochaine à priori, pour connaître le nom du futur Premier ministre. Emmanuel Macron a promis aussi une « méthode nouvelle » pour gouverner ce nouveau quinquennat. Mais qu'est-ce que ça veut dire exactement ? On tente d'y voir un peu plus clair avec Anthony Lattier.

Une méthode « refondée », « nouvelle », « différente » … Quel que soit le qualificatif qu'il emploie, Emmanuel Macron affiche sa volonté de changer sa façon de gouverner. Le président de 2017 assumait un pouvoir vertical qui court-circuitait les syndicats et les élus locaux et restait sourd aux contestations. Le président de 2022 a promis il y a une semaine d’« associer partout à travers le pays l'ensemble des forces vives » et d'enclencher ainsi une « renaissance démocratique » du pays. Associer, mais comment ? En consultant davantage les syndicats pour réformer les retraites notamment, en associant les partis politiques pour changer les institutions. Des méthodes, peut-être, nouvelles pour Emmanuel Macron, mais pas très innovantes en soi. La mise en place de nouvelles Conventions citoyennes comme celle sur le climat est aussi envisagée, pour se pencher par exemple sur l'enjeu de la fin de vie. Ce qui reste encore flou, c'est la manière dont Emmanuel Macron veut faire participer les citoyens pour qu'ils se sentent associer aux réformes sur la santé et l'école. Il veut que cela se passe « au niveau local » mais n'a pas encore précisé sous quelle forme.

ZK : Et puis un peu plus d'une heure maintenant, la célèbre émission musicale de l'eurovision a commencé.

AL : Une édition qui s'annonce très politique. La guerre en Ukraine s'exporte en effet jusque sur la scène de Turin en Italie où se déroule la finale de l'Eurovision. Les Ukrainiens sont donnés favoris de la compétition même si rien n'est joué d'avance. Réponse dans un peu plus de 2 heures

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