#Français de l’actualité

Journal en français facile 12/06/2020 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Merci d’écouter RFI, il est 22h à Paris, 20h en temps universel.

Julien Coquelle-Roëhm : L’heure de retrouver comme tous les soirs votre Journal en français facile avec à la Une :
- la justice italienne qui se penche sur la gestion de la crise du coronavirus par les autorités. Le chef du gouvernement et deux de ses ministres ont été entendus aujourd’hui par la procureure du Parquet de Bergame pour évaluer leur réponse à l’arrivée du virus en Lombardie.
- l’épidémie de coronavirus qui se calme en Europe, mais qui se poursuit aux États-Unis. Ça n’empêchera pas Donald Trump de repartir en campagne dans plusieurs États pour des meetings électoraux. 
- à la une également, le gouvernement libanais qui va tenter de mettre fin à la dépréciation de la monnaie nationale après une nouvelle nuit de colère dans le pays.
- et puis les demandes d’aides alimentaires qui explosent en Irlande. Nous irons à Dublin pour finir ce journal.

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JCR : C’est une première en Italie, Giuseppe Conte et ses ministres de l’Intérieur et de la Santé ont été longuement entendus dans le cadre d’une enquête sur la gestion de la crise du coronavirus dans la région la plus meurtrie du pays, la Lombardie, dans la province de Bergame. Des auditions séparées par la procureure du Parquet de Bergame au Palais Chigi, le siège du gouvernement. Récit de notre correspondante à Rome, Anne le Nir.

Selon la brève déclaration de la procureure, Maria Cristina Rota, le président du Conseil et les ministres de l’Intérieur et de la Santé se sont rendus très disponibles. Pour sa part, Giuseppe Conte a expliqué dans une note qu’il a clarifié toutes les questions. Rappelons que celles-ci portent sur l’absence d’instauration d’une zone rouge comprenant les communes de Nembro et d’Alzano Lombardo situées aux portes de Bergame et qui font partie d’un district industriel de 376 entreprises. Comme les dix communes de la province de Lodi, isolées le 23 février sur décision du gouvernement, Nembro et Alzano Lombardo ont enregistré des taux exponentiels de contamination au Covid-19 dès la fin février. Et elles sont devenues le symbole des ravages du virus en Italie. Le but de l’enquête est de comprendre pourquoi elles n’ont pas été isolées avant le confinement général décrété le 8 mars et qui en avait la responsabilité. Pour le président de la Lombardie, Atilio Fontana, entendu fin mai par la procureure, cette décision revenait au Gouvernement. Pour Giuseppe Conte, une loi l’autorisant, le gouverneur de la Lombardie aurait pu lui-même imposer cette zone rouge.

JCR : La correspondance de Anne le Nir à Rome.
Chez le voisin français, les chiffres de l’épidémie de coronavirus sont toujours encourageants, le nombre d’hospitalisations et de cas grave continue de baisser et les chiffres de la mortalité sont revenus au niveau habituel en mai. « Il n’y a toujours pas de signal d’une reprise de l’épidémie », dit l’agence Santé Publique France. Elle note que la circulation du virus diminue depuis maintenant neuf semaines. 

Emmanuel Macron a réuni ce matin le Conseil Scientifique qui le conseille dans la crise, puis un Conseil de Défense. Le gouvernement pourrait annoncer des mesures d’assouplissement du déconfinement dans les prochains jours et le président de la République doit lui-même s’exprimer dimanche soir. Emmanuel Macron qui devra sans doute aussi évoquer les tensions autour des violences policières qui sont revenues au centre du débat ces dernières semaines. Des policiers en colère ont manifesté aujourd’hui à Paris, mécontents des annonces du ministre de l’Intérieur qui avait prôné lundi dernier la « tolérance zéro » contre le racisme dans la police. Christophe Castaner doit leur répondre dans une lettre ce soir. Les syndicats de police veulent rencontrer le président de la République, ils veulent notamment que la « prise de l’étranglement » soit toujours autorisée pendant les arrestations tant qu’une méthode de remplacement ne sera pas trouvée. 

Aux États-Unis, Donald Trump défend lui aussi la technique de l’étranglement c’est pourtant à cause d’elle que George Floyd est mort asphyxié sous le genou d’un policier blanc. Mais le président estime qu’elle devrait être interdite « en règle générale », mais qu’elle pourrait être nécessaire dans certaines situations. Donald Trump qui va par ailleurs reprendre la route pour faire campagne à quelques mois de la présidentielle de novembre. Les chiffres des décès liés au coronavirus restent pourtant très élevés avec environ 1 000 morts par jour. Face aux craintes que des participants aux meetings ne soient contaminés, l’équipe de campagne du président a décidé de faire signer des décharges pour éviter d’éventuelles poursuites. Romain Lemaresquier.

Trump repart en campagne. Et ce n’est une surprise pour personne. Le président l’a annoncé ce mercredi et il compte bien enchaîner les meetings, malgré les risques liés au Covid-19. Des risques qu’il a d’ailleurs toujours minimisés, malgré le fait que l’épidémie continue son chemin aux États-Unis qui compte désormais plus de 113 000 morts. La Maison Blanche ne tient plus de briefing quotidien sur l’évolution de la pandémie depuis maintenant plusieurs semaines, preuve que l’administration Trump veut passer à autre chose. Surtout que la colère et les manifestations liées à la mort de George Floyd lui ont fait perdre du terrain face à son futur adversaire le démocrate Joe Biden. Donald Trump retrouvera ses partisans la semaine prochaine, vendredi pour être précis, à Tulsa, dans l’Oklahoma. Le premier rassemblement depuis plus de trois mois. Ses partisans devront pour l’occasion signer une décharge attestant qu’ils n’engageront pas de poursuites judiciaires s’ils venaient à contracter le coronavirus lors du rassemblement. Des décharges nécessaires, car les États qu’ils comptent visiter sont très touchés. Surtout la Floride et l’Arizona où le nombre de contaminations enregistrées est même reparti à la hausse.

JCR : Les États-Unis qui ont par ailleurs repris les discussions avec l’Irak, les relations entre les deux pays ont été très tendus ces derniers mois entre les tirs de roquette contre les troupes américaines et l’assassinat en janvier du général iranien Soleimani à Bagdad. Au premier jour de ces nouveaux pourparlers, les États-Unis se sont engagés à réduire leurs troupes présentes en Irak dans les prochains mois. 

Du côté du Liban après une nuit de violences et deux réunions en urgence ce vendredi, les autorités se sont engagées à mettre fin à la dépréciation de la monnaie qui a créé une inflation galopante. La situation économique du pays provoque depuis des mois des mouvements de colère des Libanais. Écoutez à ce sujet les explications de Karim Emile Bitar chercheur à l’IRIS et spécialiste du Moyen-Orient.

[Transcription manquante]

JCR : Propos recueillis par Murielle Paradon. 
Et après des mois de blocage dus au coronavirus, la situation économique est mauvaise aussi en Europe. La production industrielle dans la zone euro a chuté de 17,1 % en avril. La crise financière de 2008 n’avait pas provoqué de baisse aussi forte. Et puis du côté de l’Irlande, voilà un autre signe des dégâts de l’épidémie de coronavirus : de plus en plus de familles font appel aux services des centres de ressources familiales. Deux tiers des centres ont enregistré au moins un quart de demandes en plus, des demandes de soutien psychologique, mais surtout d’aide alimentaire. Emeline Vin, les demandes ont parfois atteint les +600 %.

Fermeture des cantines scolaires ou d’entreprise, revenus réduits : le centre de Quarryvale, à l’ouest de Dublin, n’a jamais aidé autant de familles à se nourrir. Karen Johnson, la directrice : « On s’est associés avec des bénévoles qui aident les sans-abris. De 65, on est passé à 170 foyers bénéficiaires. Toutes les semaines, on leur livre une cagette avec des denrées non périssables. On en profite pour discuter un peu, s’assurer que tous vont bien. » Les zones urbaines sont les plus touchées. Clare Cashman, la présidente du réseau, a surtout remarqué une diversification des profils des demandeurs : « Il y a les familles qui seraient venues, de toutes les façons, les plus vulnérables. Mais il y a aussi les familles qui n’ont jamais eu besoin d’appeler à l’aide ! C’est vraiment la particularité de ce Covid : même les familles de classe moyenne ont dû chercher du soutien. » La crainte du réseau : que les structures d’aide aux plus vulnérables, comme les centres de ressources familiales, voient leurs subventions tronquées, avec la crise économique annoncée. Emeline Vin, Dublin, RFI.

JCR : C’est ainsi que se termine ce Journal en français facile, merci à vous de l’avoir suivi. Vous pouvez le retrouver et le lire sur le site de RFI Savoirs, on s’y retrouve quand vous voulez.

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