#Français de l’actualité

Journal en français facile 11/04/2022 20h00 GMT

Studio RFI
GUERRE EN UKRAINE : Kiev se prépare à la chute de Marioupol ; et autres nouvelles.

Johanne Burgell : À l'écoute de Radio France internationale, il est 22h à Paris, 20h en temps universel. Bonsoir et bienvenue à tous dans cette nouvelle édition de votre Journal en français facile. Avec moi, ce soir, pour le présenter Sylvie Berruet, bonsoir. 

Sylvie Berruet : Bonsoir Johanne, bonsoir à tous. 

JB : En Ukraine, la ville de Marioupol est sur le point de tomber entre les mains des séparatistes pro-russes. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, continue de chercher des soutiens notamment auprès de la communauté internationale.  

SB : Le nouveau Premier ministre du Pakistan s'appelle Shehbaz Sharif. C'est un homme politique d'expérience. Il a été élu pendant une séance agitée à l'Assemblée nationale.  

JB : Emmanuel Macron et Marine Le Pen s'affronteront au second tour de la présidentielle française. Pour le moment, les pays européens préfèrent ne pas soutenir ouvertement l'un des candidats.   

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SB : Les autorités ukrainiennes s'attendent à voir tomber Marioupol dans les mains des troupes russes. 

JB : La résistance ne va pas tenir longtemps dans la ville stratégique du sud-est de l'Ukraine. Les séparatistes pro-russes assurent déjà avoir pris le contrôle de la zone portuaire. Ce port de la mer d'Azov est bombardé par l'armée russe depuis, maintenant, plus de 40 jours. Les derniers défenseurs de Marioupol assurent ne plus avoir assez de munitions pour défendre leur ville. Les précisions de Franck Alexandre

Alors que la ville est sur le point de tomber, les derniers fantassins de la 36e brigade de la marine nationale ukrainienne communiquent sur leurs compte Facebook : « Ce sera la mort pour certains d'entre nous et la captivité pour les autres, écrivent-ils, ajoutant, nous sommes en train de disparaitre lentement », plus de la moitié d'entre eux seraient blessés. Ces soldats sont retranchés dans l'immense complexe sidérurgique Azovstal, situé à proximité du port. Au cœur de cette usine, des souterrains très profonds leur ont permis de résister jusque-là aux bombardements. « Pendant plus d'un mois, disent-ils, nous avons combattu sans réapprovisionnement en munitions, sans nourriture, sans eau, faisant le possible et l'impossible ». L'issue est désormais inéluctable et les combattants le savent et le disent : « L'ennemi nous a progressivement repoussé, encerclé, et tente maintenant de nous détruire. » Après plus de quarante jours d'une lutte féroce, et avec le peu de munition qu'il reste, les derniers défenseurs de Marioupol s'apprête à livrer une ultime bataille dans le port dévasté de la mer d'Azov. 

JB : Les précisions de Franck Alexandre.

SB : De son côté, le président ukrainien continue à chercher des soutiens à l'international. 

JB : Volodymyr Zelensky s’est adressé, ce lundi, à l'Assemblée nationale de Corée du Sud par visioconférence. Il a encore une fois réclamé une aide militaire pour faire face à l’armée russe. Le président ukrainien qui a parlé de la ville de Marioupol, où des milliers d'habitants se trouvent toujours, sans pouvoir fuir leur ville.  

« Marioupol est détruite. Il y a des dizaines de milliers de morts. Mais malgré ça, les Russes n'arrêtent pas l'offensive. Ils veulent faire de Marioupol un exemple. Fournir les armes nécessaires à l'Ukraine, c'est non seulement sauver la vie de notre peuple, non seulement nous donner la possibilité de libérer nos villes, en particulier Marioupol, qui souffre depuis si longtemps, mais aussi sauver d'autres États et d'autres régions face à un nouveau déploiement de l'agression russe. Il n'y a aucune chance que la Russie s'arrête d'elle-même. Il n'y a aucune chance que la raison l'emporte et que les dirigeants russes refusent tout simplement de poursuivre cette guerre. La Russie ne peut qu'être forcée à le faire. » 

JB : Volodymyr Zelensky devant l'Assemblée nationale sud-coréenne.  

SB : La France annonce qu'elle expulse six espions russes. 

Ces espions menaient, au sein de l'ambassade russe à Paris, des activités contraires aux intérêts français. C'est ce qu'indique le ministère des Affaires étrangères. Une longue enquête a permis de mettre au jour cette opération. Les agents russes se faisaient passer pour des diplomates. De nombreux autres pays européens comme l'Allemagne, l'Italie, ou encore l'Espagne ont déjà expulsé des diplomates russes depuis le début de l'invasion de l'Ukraine. 

SB : Dans l'actualité encore, le Pakistan a un nouveau Premier ministre. 

JB : Shehbaz Sharif succède à Imran Khan, qui a dû quitter le pouvoir après une motion de censure. Shehbaz Sharif a 70 ans, il est le chef de la ligue musulmane du Pakistan, qui a mené avec d’autres chefs de l’opposition, la fronde justement qui a renversé, l'ex-Premier ministre Imran Khan. Shehbaz Sharif, lui, a gouverné pendant des années la province du Pendjab et il est le frère de Nawaz Sharif, ex-Premier ministre, qui est désormais à Londres après avoir été condamné pour corruption. Voici le reportage à Islamabad de Sonia Ghezali

Kamel a une trentaine d’année. Il voit l’arrivée au pouvoir de Shehbaz Sharif avec amertume : « Je suis triste. Je pleure sur le sort de mon pays libre. Un pays libre et indépendant ne devrait pas avoir un corrompu comme lui à sa tête. Je ne suis pas content. » Un homme sur sa mobylette nous interpelle : « Imran Khan était un chef courageux et c’est pour ça qu’il a été renversé, c’est pour ça qu’ils l’ont chassé du pouvoir. Les gens corrompus finissent toujours par revenir au pouvoir. » Rezouan Kader est fonctionnaire. Il dit n’avoir plus d’espoir : « Je pense pas qu’aucun Premier ministre ne peut faire quoique soit pour faire baisser les prix à la consommation. Il n’y a que les visages qui changent au pouvoir ici. » Frida Bibi, attend son bus sous la chaleur, chétive, elle explique qu’elle peine chaque mois à joindre les deux bouts : « Tous ceux qui arrivent au pouvoir ne pensent qu’à eux-mêmes, personne ne pense aux pauvres. Imran avait dit qu’il allait donner du travail aux gens, qu’ils allaient faire construire des maisons pour les pauvres. Il n’a rien fait. Et maintenant ces personnes de l’opposition viennent au pouvoir et elles aussi ne feront rien pour les pauvres. »  Certains craignent aussi que le pays ne plonge un peu plus dans l'instabilité. Sonia Ghezali, Islamabad, RFI.

SB : Et vous écoutez RFI, c'est le Journal en fançais facile. Il est 20h07 en temps universel, 22h07 à Paris et à Lille.

À peine qualifiés pour le second tour de la présidentielle en France et déjà sur le terrain. 

JB : Emmanuel Macron arrivé en tête du premier tour hier, il a choisi de passer sa journée dans les Hauts-de-France, région électoralement favorable à sa rivale et autre qualifiée, Marine Le Pen. Emmanuel Macron s'est rendu à Denain, c'est dans le département du Nord. Sa stratégie vise notamment à convaincre les électeurs de gauche, indispensables pour remporter le second tour. De son côté, la candidate du Rassemblement national a choisi de se déplacer dans l'Yonne, cette fois-ci pour parler pouvoir d'achat. 

SB : Pour le moment, les résultats du premier tour n'ont pas fait réagir les pays européens, ils restent prudents en attendant le second tour, le 24 avril. 

JB : Même si certaines capitales de l'Union européenne préféreraient une victoire d'Emmanuel Macron. Peu de pays osent prendre position vraiment et rompre avec la prudence habituelle en Europe. En effet, il ne faudrait pas prendre le risque de se fâcher avec un vainqueur inattendu. À Bruxelles, Pierre Bénazet.  

Le seul pays à avoir osé une réaction quasi-officielle, ce lundi, est le Luxembourg. Le ministre des Affaires étrangères Jean Asselborn s’est dit inquiet de la montée de l’extrême droite. Il a été jusqu’à appeler les électeurs français à empêcher l’arrivée de Marine Le Pen à la présidence de la République. Mais les propos du ministre luxembourgeois font écho à des préoccupations des Européens : même s’ils ne répondent pas de manière aussi directe, son homologue néerlandais souligne que la guerre en Ukraine montre que la démocratie est précieuse, et la ministre allemande souhaite que les Européens restent unis. Il y a en fait d’abord un espoir classique de stabilité politique, l’espoir aussi de voir les Français reconduire Emmanuel Macron, un président vu dans l’Union européenne comme fortement pro-européen. Il y a aussi la crainte, en Europe centrale et orientale, de voir arriver à l’Élysée une Marine Le Pen qui voudrait le retrait de la France du commandement intégré de l’Otan et qui est vue comme favorable à Vladimir Poutine ; comme le souligne aussi en Allemagne l’ancien président de la CDU, Armin Laschet, qui félicite Emmanuel Macron d’avoir remporté le premier tour. Pierre Bénazet, Bruxelles, RFI. 

JB : Et puis, aux Philippines, une tempête a provoqué des inondations et des glissements de terrain, dans le centre et le sud du pays. On compte au moins 24 morts et plus de 13 000 personnes ont fui vers des abris d'urgence. Les maisons, les champs sont sous les eaux et les lignes électriques ont été coupées. 

C'est la fin de ce Journal en français facile. Merci Sylvie Berruet.

SB : Merci à vous Johanne Burgell.

JB : Et merci à vous d'écouter Radio France internationale. 22h10 à Paris.

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