#Français de l’actualité

Journal en français facile 03/06/2020 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Merci d’écouter RFI, il est 22h à Paris, 20h en temps universel.

Julien Coquelle-Roëhm : L’heure de retrouver comme tous les soirs votre Journal en français facile avec à la Une : 
- la revue scientifique The Lancet qui fait marche arrière deux semaines après la publication d’une étude qui déconseille l’usage de l’hydroxy-chloroquine face au coronavirus. 
- aux États-Unis, le policier qui avait posé son genou sur le cou de George Floyd sera finalement jugé pour meurtre. Ses trois collègues seront finalement inculpés.
- et puis à Hong Kong, les milieux d’affaires s’inquiètent alors que la Chine veut toujours imposer une loi sur la sécurité nationale dans la province.
 
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JCR : Neuf jours après avoir suspendu ses essais cliniques sur l’hydroxy-chloroquine comme possible remède au coronavirus, l’Organisation mondiale de la Santé les a repris aujourd’hui. Il y a deux semaines, une étude publiée dans la prestigieuse revue médicale The Lancet concluait que le remède n’était pas efficace et pouvait même être dangereux pour les malades du Covid-19. L’étude a suscité de nombreuses réactions, mais en fait elle ne semble pas répondre aux standards d’exigence de la communauté scientifique. Le journal a donc décidé d’alerter ses lecteurs
et c’est une chose très rare. Simon Rozé.
 
The Lancet a donc publié une "expression of concern" selon l’expression consacrée, un article dans lequel il prévient ses lecteurs qu’une étude publiée dans ses pages pose potentiellement problème. En l’occurrence, cette étude. C’est celle qui a fait beaucoup parler d’elle il y a deux semaines. Une vaste enquête observationnelle réalisée avec les données de près de 100 000 patients, elle concluait que la chloroquine n’était pas bénéfique pour les malades du Covid-19. Son retentissement a été mondial puisqu’à la suite de cette publication, l’OMS a décidé de suspendre cette molécule des essais cliniques en cours. Mais voilà, de nombreux scientifiques ont aussitôt émis des réserves sur ce travail qu’ils considèrent ou non la chloroquine et ses dérivés comme un traitement valable face à cette épidémie. Au centre des interrogations, l’énorme base de données nécessaire à l’étude et l’entreprise qui l’a constituée, Surgisphere. La direction de The Lancet a déclaré avoir lancé un audit indépendant pour attester de la qualité ou non de ces données. L’article n’a donc pas encore été rétracté, mais cela serait terrible pour l’image de la revue qui fait partie des 4 grandes publications de référence. Le mal est de toute façon peut-être déjà fait puisque visiblement son processus de validation et de vérification de la qualité de cette étude n’a pas été à la hauteur.
 
JCR : Simon Rozé. 16h03 à Washington. Désormais on manifeste dans les 50 États des États-Unis. Une semaine après la mort de George Floyd, cet Afro-Américain asphyxié par un policier blanc qui s’est agenouillé sur son cou pendant près de neuf minutes. Le policier comparaitra la semaine prochaine devant la justice. La mort de George Floyd vient d’être requalifiée comme « un meurtre » et les trois autres agents présents sur place vont être inculpés annonce la sénatrice Amy Klobuchar. C’est ce que demandait l’avocat de la famille de George Floyd ce matin sur les lieux du drame. Écoutez.
 
L’autopsie menée de manière indépendante à la demande des familles conclut que Georges Floyd avait désespérément besoin d’air, il avait besoin de respirer. Et l’ambulance qui est venue le chercher ici même a été un corbillard pour Georges Floyd. La raison médicale de sa mort est une asphyxie mécanique par la pression des genoux sur son cou et des genoux sur son dos. Ils ont compressé ses poumons et empêché la circulation d’air et de sang vers son cerveau. Il est mort, car il avait désespérément besoin d’air. Il avait besoin de respirer. Et donc nous demandons la justice. Nous espérons que tous les policiers impliqués seront arrêtés avant la cérémonie du souvenir qui se tiendra ici à Minneapolis, Minnesota, demain.
 
JCR : L’avocat de la famille de George Floyd. À Minneapolis ce matin, du côté de Washington, voilà ce qu’on appelle un « revers » pour Donald Trump. Le président menaçait lundi de déployer l’armée, là où ce serait nécessaire, pour faire cesser les violences dans les manifestations. Aujourd’hui c’est son ministre de la Défense
qui s’est opposé à cette idée. Mark Esper n’est pas favorable au décret de l’état d’insurrection qui permettrait de mobiliser des soldats actifs. Hier c’était le rival de Donald Trump à la prochaine présidentielle qui s’en prenait au président. Joe Biden, le candidat démocrate, était à Philadelphie, la ville d’où il a lancé sa campagne il y a plus d’un an. Loin des propos de Donald Trump qui parlait lundi de terrorisme intérieur pour qualifier les émeutes, Joe Biden a choisi l’empathie. Anne Corpet.

Je ne peux pas respirer… entame Joe Biden, qui reprend les derniers mots de Georges Floyd agonisant sous les genoux d’un policier, et il poursuit : ces mots ne se sont pas morts avec lui, ils parlent à une nation où trop souvent la couleur de la peau met la vie en danger. Joe Biden sait parfaitement manier l’empathie, mais il sait aussi aiguiser ses piques à l’adresse du président. « Le président des États-Unis doit apporter des solutions, pas poser des problèmes. Mais ce président aujourd’hui fait partie du problème et l’amplifie. » Joe Biden cite quelques tweets incendiaires de Donald Trump et lance « Donald Trump a fait de ce pays un champ de bataille où s’affrontent de vieux ressentiments et des peurs nouvelles. Il pense que les divisions l’aident. Son narcissisme est devenu plus important que le bien-être de la nation où il vit. » Le candidat démocrate insiste sur les responsabilités qui incombent à l’occupant de la Maison Blanche, évoque un racisme institutionnel et promet de chercher à panser les plaies de ce pays meurtri. Joe Biden donne le ton de sa campagne : il se présente en candidat lucide sur les difficultés du pays, soucieux de forger son unité. Anne Corpet Washington RFI.
 
JCR : Et du côté de la France, ils étaient plus de 20 000 hier soir à manifester à Paris pour demander justice pour Adama Traoré, lui est mort il y a quatre ans juste après son arrestation par des gendarmes. Une nouvelle expertise demandée par sa famille les met en cause. Le ministre français de l’Intérieur, Christophe Castaner, promet aujourd’hui une sanction pour chaque faute dans la police.
 
Au Royaume-Uni, le Premier ministre Boris Johnson proposera des passeports britanniques à des millions d’habitants de Hong Kong si la Chine impose comme elle le veut une loi de sécurité nationale sur la province. Un projet qui a poussé les États-Unis à menacer Pékin la semaine dernière de révoquer le statut commercial spécial de Hong Kong. Résultat, les entreprises sur place s’inquiètent pour leur avenir. Aabla Jounaïdi.
 
[Transcription manquante] 
 
JCR : Et puis pour finir ce journal, voilà un nouveau signe que l’Europe retrouve un peu la vie d’avant après des mois de blocage dû au coronavirus. On recommence à penser aux voyages sur le continent. L’Allemagne a ainsi décidé aujourd’hui que le 15 juin, elle lèverait les restrictions valant pour une trentaine de pays européens. Pascal Thibault.
 
Les Allemands, grands amateurs de voyages, comme le secteur du tourisme attendaient cette mesure avec impatience. Encore deux petites semaines et les préparatifs de vacances pour une trentaine de pays européens pourront se concrétiser. Les restrictions de déplacement vers les États de l’Union européenne et quelques autres seront levées le 15 juin. À condition que ces pays n’interdisent pas eux-mêmes les entrées sur leur territoire ou n’imposent pas de confinement à la population en raison de la pandémie de coronavirus. Cela explique la mesure annoncée par le ministre des Affaires étrangères, Heiko Maas, ne vaut pas pour la Norvège qui interdit les entrées de touristes et pour l’Espagne où une telle interdiction pourrait être prolongée. Les Allemands devront donc encore attendre pour savoir si peuvent profiter de leur destination préférée. Ils seront invités à ne se rendre qu’en cas de nécessité en Grande-Bretagne, Londres imposant une mise à l’isolement de deux semaines aux personnes arrivant sur le territoire britannique. Les restrictions pour les pays non européens restent elles valables. Le gouvernement veut rester vigilant et revenir sur cette décision pour un pays précis si le nombre des infections y devient trop important. Cela vaut aussi pour les destinations qui ne prendraient pas suffisamment de précautions pour protéger les touristes. Pascal Thibault, Berlin RFI.
 
JCR : Et c’est la fin de ce Journal en français facile. Merci à vous de l’avoir suivi, vous pouvez le réécouter et le lire sur le site de RFI Savoirs. On s’y retrouve quand vous voulez.

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