#Français de l’actualité

Journal en français facile 02/12/2019 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Andréane Meslard : Vous écoutez RFI, il est 21 heures à Paris, 20 heures en temps universel. Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue dans votre journal en français facile. Avec moi ce soir pour le présenter : Hugo Lanoë, bonsoir Hugo.

HL : Bonsoir Andréane, bonsoir à tous.

AM :
- Au sommaire de cette édition : l'émotion et les mots forts employés par Emmanuel Macron cet après-midi dans la Cour des Invalides à Paris. C'était lors de la cérémonie d'hommages aux treize soldats français de l'opération Barkhane morts la semaine dernière au Mali. Le président français a salué le travail des militaires français engagés dans le Sahel et appelé à l'unité de la nation.
- À la une également une mobilisation féministe au Chili, avec danse et chants, qui se reproduit un peu partout dans le monde.
- Puis une enquête préliminaire ouverte, par la nouvelle commission européenne, sur Google et sa gestion des données. On en parle à la fin de ce journal.

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HL : Une cérémonie a donc eu lieu ce lundi après-midi, dans la Cour des Invalides à Paris. Des centaines de personnes se sont réunies pour rendre hommage aux treize soldats français morts au Mali la semaine dernière.

AM : Face à une foule d'anonymes, de familles, mais aussi du président malien Ibrahim Boubacar Keïta qui avait fait le déplacement, Emmanuel Macron a tenu un discours. Des mots de respect et d'admiration pour les 13 soldats de l'opération Barkhane, décédés lundi soir dernier, dans la collision entre deux hélicoptères en pleine opération contre les djihadistes dans le nord du Mali. L'opération Barkhane, c'est le nom donné à l'opération française menée dans le Sahel et lancée en 2015. Dans tout son discours, c'est à dire sa prise de parole publique, Emmanuel Macron a salué ce qu'il a appelé un sacrifice.

[discours d'Emmanuel Macron]

AM : Emmanuel Macron, le président français, aux Invalides à Paris cet après-midi. Le chef de l'État qui demain se rendra à Londres. Il doit assister au sommet de l'OTAN.

HL : Donald Trump lui est déjà parti pour Londres. Il a décollé aujourd'hui. Mais avant, il a annoncé la mise en place prochaine, de taxes sur l'acier et l'aluminium en provenance du Brésil et de l'Argentine.

AM : Et pour se justifier, le président américain a évoqué : "la dévaluation massive des monnaies" des deux pays. La dévaluation de la monnaie, c'est réduire volontairement la valeur d'une monnaie et diminuer ainsi le taux de change de cette monnaie. Ainsi, le président américain a prévu le rétablissement, c'est à dire la remise en place, des droits de douane sur tout l'acier et tout l'aluminium qui sont expédiés d'Argentine et du Brésil, aux États-Unis. Le président brésilien a répondu ce soir - Jaïr Bolsonaro a dit "espérer que Donald Trump comprendra la position brésilienne et ne le pénalisera pas".

HL : 43 milliards d’euros, c'est le coût estimé de l'argent qu'il manque à l'Autorité Palestinienne sur ce qu'elle aurait normalement dû gagner entre 2010 et 2017.

AM : Ce chiffre c'est la première fois qu'il est calculé. C'est la CNUCED, la Conférence des Nations Unies sur le Commerce Et le Développement qui s'en est chargé. Cet organe de l'ONU s'est donc penché sur l'aspect fiscal du conflit entre Israéliens et Palestiniens. Des rentrées d'argent côté Palestiniens qui subissent de plein fouet l'occupation israélienne : les restrictions de circulation, les arrestations ou encore l'accaparement des terres. Notre correspondante à Ramallah, Marine Vlahovic nous en dit un peu plus.

Chaque année, l’Autorité Palestinienne qui n’a pas le contrôle de ses frontières et donc de son économie perd 1,5 milliard d’euros de recettes fiscales… Mais en additionnant tous les facteurs ce coût de l’occupation israélienne est estimé à un peu plus de 43 milliards d’euros, sur près de 20 ans selon la CNUCED…C’est à dire 30% du PIB palestinien… Misyef Misyef, de l’Institut de recherches sur les politiques économiques palestiniennes, pointe du doigt le non-respect du Protocole de Paris, le volet économique des accords d’Oslo.  « C’est le premier rapport qui fait état de toutes les pertes de revenus en raison des relations établies par le protocole de Paris… Et il y a de nombreux problèmes liés au commerce, aux taxes, aux revenus en général donc le Trésor Public palestinien a subit beaucoup de pertes… Il faut négocier l’application de ce protocole de Paris, car beaucoup d’aspects ne sont pas en vigueur à l'heure actuelle. » Ce manque à gagner perpétue la fragilité de l’Autorité Palestinienne selon l’organe de l’ONU qui juge qu’avec ces 43 milliards d’euros, plus de 2 millions d’emplois auraient pu être créés…. Alors que près de 5 millions de palestiniens vivent dans les Territoires Occupés. Marine Vlahovic Ramallah RFI.

HL : La scène est étonnante et depuis quelques jours elle se propage à vitesse grand V, c'est à dire très rapidement, sur les réseaux sociaux.

AM : Elle se tient sur les places de grandes villes chiliennes, latino-américaines, et même françaises. Des dizaines de femmes dansent, les yeux bandés, en criant haut et fort leur colère contre les violences faites aux femmes. Reportage à Santiago, Justine Fontaine.

« Le violeur, c'est toi » voici ce que crient les féministes chiliennes depuis une semaine. Une performance lancée par des militantes de Valparaiso, l'une des plus grandes villes du pays, et reproduite des dizaines de fois depuis : devant un commissariat, devant le palais présidentiel de La Moneda, à Santiago, ou encore sur la place principale où ont lieu tous les jours des rassemblements contre le gouvernement pour demander de profondes réformes sociales au Chili. « et ce n'était pas de ma faute, ni à cause des vêtements que je portais ou de l'endroit où je me trouvais », dit le refrain de la chanson, qui a été écrite en s'inspirant de théories féministes. Les militantes à l'origine de cette performance ont voulu dénoncer les violences de la police chilienne contre les femmes depuis le début du mouvement social dans leur pays. Mais l'initiative se veut aussi universelle, et des féministes du monde entier n'ont pas tardé à s'en emparer, en chantant elles aussi, à Bogota, New York, Madrid, à Mexico ou encore à Paris, que les femmes ne sont pas coupables des violences sexuelles qu'elles subissent. Un message qui pousse depuis ce week-end des dizaines de femmes à témoigner sur les réseaux sociaux des viols dont elles ont été victimes dans le passé. Justine Fontaine, Santiago, RFI.

HL : « La France ne renoncera jamais à sa taxe sur le numérique », c'est ce qu'a annoncé ce matin Bruno Le Maire, chez nos confrères de France Inter.

AM : Le ministre français de l'économie qui a également laissé entendre ce lundi que les États-Unis ne voulaient plus d'un accord international sur la taxation des géants du numérique. Une taxe française qui vise donc notamment ceux que l'on appelle les GAFA : Google, Amazon, Facebook et Apple. Les GAFA qui sont aussi la cible de la commission européenne. Google, le principal moteur de recherches mondial et filiale d'Alphabet, fait en ce moment l'objet d'une enquête préliminaire. L'enquête porte sur la manière dont Google collecte et revend les données des utilisateurs européens, notamment Aabla Jounaïdi, pour des services publicitaires.

Depuis 2017, la société-mère de Google a déjà dû verser 8.2 milliards d'euros à Bruxelles. D'une part, pour abus de position d'ANDROID, son système d’exploitation pour smartphones et d'autre part, pour avoir violé les lois antitrust avec sa régie publicitaire Adsense. Est-ce à dire que Google n'a rien entrepris depuis 2 ans pour réformer son fonctionnement ? La semaine dernière, une quarantaine d'entreprises se sont plaintes auprès de Bruxelles au sujet des services publicitaires de Google dont l'algorithme serait loin d'être neutre selon ces entreprises. D'après Reuters qui a révélé cette nouvelle enquête, la commission s'intéresserait à la manière dont Google collecte et utilise les données des utilisateurs qui viennent ensuite alimenter le fameux algorithme. La Commission a adressé des questionnaires à Alphabet concernant les données issues des navigateurs, des publicités en ligne, des publicités ciblées, ou encore les services d'authentification. La même suspicion prévaut aux Etats Unis ou des enquêtes anti-trust visent Google dans quasiment tous les états mais aussi au niveau fédéral. Dans un communiqué le groupe se défend: il utilise les données seulement pour améliorer ses services et les utilisateurs gardent toujours la main sur leurs données.

AM : Les explications d’Aabla Jounaïdi. C’est ainsi que se termine ce journal en français facile, merci à vous de l’avoir suivi, merci à Hugo Lanoë de l’avoir présenté à mes côtés. N’oubliez pas que vous pouvez le retrouver sur notre site www.rfi.fr à la rubrique Savoirs.

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