Des milliers migrants attendent à la frontière grèco-turque au poste de Pazarkule dans le district turc d'Edirne, le 29 février 2020.
Des milliers migrants attendent à la frontière grèco-turque au poste de Pazarkule dans le district turc d'Edirne, le 29 février 2020.
Huseyin Aldemir / REUTERS
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Turquie: nouvel afflux de migrants à la frontière grecque

Une réunion d'urgence des ministres concernés par la crise migratoire a été convoquée ce dimanche 1er mars à Athènes : au moins 2 000 migrants supplémentaires sont arrivés ce jour à la frontière grecque pour tenter de passer en Europe, après que le président Recep Tayyip Erdogan a annoncé l'ouverture des frontières par la Turquie.
Por RFI -

Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a convoqué une réunion d'urgence du conseil gouvernemental des Affaires étrangères et de la Défense, le dimanche 1er mars, en raison de l'afflux de migrants à la frontière Nord. Syriens, Afghans et Irakiens, ils arrivent tous d'Istanbul. Parmi eux, des femmes et des enfants. Les migrants marchent en file indienne à travers des champs en direction du poste frontalier de Pazarkule, Kastanies côté grec. Ce sont 2 000 personnes supplémentaires qui souhaitent quitter la Turquie pour gagner l'Europe ocidentale.

Au total, d'après l'Organisation internationale des migrations (OIM), quelque 15 000 migrants ont afflué au long de la frontière gréco-turque. Selon le gouvernement d'Athènes, la Grèce a bloqué l'entrée de son territoire à 10 000 d'entre eux. Une conséquence des menaces lancées par le président turc Recep Tayyip Erdogan de laisser sortir les réfugiés voulant se rendre en Europe.

Depuis ce samedi, les équipes de l'OIM suivent le mouvement de population depuis Istanbul et fournissent de l'aide aux plus vulnérables d'entre eux.

« Fragiles et exposés »

« Le nombre de migrants venant d'Edirne [nord-ouest de la Turquie, NDLR] pour traverser la frontière grossit au cours de la journée à mesure que les voitures, taxis et les bus arrivent à Istanbul, a expliqué le chef de la mission turque de l'OIM, Lado Gvilava. La plupart sont des hommes, mais on voit également des familles avec de jeunes enfants. »

L'OIM distribue de la nourriture, ainsi que des produits de ravitaillement basiques, mais avec les températures parfois glaciales, le chef de l'agence onusienne s'est dit « préoccupé par ces gens fragiles et exposés. »

Ce dimanche, Frontex, l'agence européenne de contrôle des frontières, a annoncé avoir relevé son niveau d'alerte à « élevé » à la frontière gréco-turque. « Nous avons reçu une demande d'aide supplémentaire de la Grèce, a déclaré une porte-parole de Frontex dans un communiqué diffusé à Bruxelles. Nous avons déjà pris des mesures pour redéployer de l'équipement technique et des agents supplémentaires en Grèce. »

Erdogan : « Nous n'allons pas fermer les portes »

La Turquie a entrouvert vendredi 28 février ses frontières migratoires avec l'Europe. Elle cherche à forcer l'Union européenne à la soutenir dans son bras de fer avec la Russie en Syrie. « Qu'avons-nous fait hier ? Nous avons ouvert les portes. Nous n'allons pas fermer les portes », a déclaré samedi le président turc Recep Tayyip Erdogan.

À la frontière entre la Turquie et la Grèce, la situation était tendue samedi, avec des échauffourées entre policiers grecs tirant des grenades lacrymogènes et migrants jetant des pierres. En 2015, la Grèce était devenue la principale porte d'entrée en Europe pour des centaines milliers de migrants, la plupart fuyant le conflit syrien, jusqu'à l'accord migratoire signé entre l'Union européenne et la Turquie en mai 2016.

(Avec AFP)

À lire aussi : Les manifestations anti-migrants se poursuivent sur les îles grecques

Publicado el 02/03/2020 - Modificado el 02/03/2020

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