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Des bancs de drones sous-marins (remontant la rivière)

Un essaim de robots du projet CoCoRo
Un essaim de robots du projet CoCoRo.
Karl-Franzens-Universität Graz
Cocoro est le nom d’un essaim de robots aquatiques qui se déplace sous l’eau, à la manière des bancs de poissons. Mis au point par des chercheurs européens, ces drones sous-marins interagissent entre eux pour échanger des informations, maintenir la cohésion du groupe et garder le cap. Dotés d’une intelligence artificielle collective, ils seront affectés à des missions d’exploration et à la surveillance environnementale du milieu marin.

Première diffusion le 6/06/2015

L’union fait la force, c’est bien connu ! Une vérité première que nombre de poissons ont adopté comme stratégie de survie pour échapper à leurs prédateurs. Cette navigation collective très « collé serré », qui s’exécute entre les membres d’une même espèce, semble désorganisée au niveau individuel, mais ne rompt jamais la cohésion du groupe.

Un comportement instinctif et grégaire des bancs de poissons, dont s’était gentiment moqué Léo Missir et l’orchestre Jacques Hélian en 1957, en interprétant le Cha cha cha des thons, avec un T comme dans Crocodile, convient-il de préciser. Une chanson culte ! Dans laquelle « la ri lon lère, un banc’ de thons, remontant la rivière, s’en allait gaiement, vers Val d’Isère ».
 
Mais là n’est pas la question ! « Quand on est thon c'est pour la vie entière », a d’abord observé judicieusement une équipe de chercheurs composée de biologistes et de roboticiens. Ils ont ensuite développé des drones aquatiques dans le cadre d’un projet européen intitulé Cocoro. Ce nom est la contraction de Cognition collective des robots, un programme scientifique qui a été initié par l’Europe et coordonné par le département de zoologie de l’université de Graz en Autriche.
 
Les groupes constitués par ces engins sous-mariniers adoptent le comportement des bancs de poissons lors de leurs déplacements. Chaque appareil autonome échange des informations avec son voisin et profite de l’expérience de l’ensemble de la communauté. L’intelligence collective de ces machines a comme modèle la formation des essaims chez les abeilles. Les chercheurs ont mis au point un programme informatique dénommé Beeclust qui permet à des robots de différent type de se rejoindre et de se rassembler en un lieu spécifique, puis d’adapter leur comportement selon leur nouvel environnement.
 
« La façon dont certains membres d’un essaim influencent les autres ressemble à celle utilisée par les leaders d’opinion dans notre société », indiquent les chercheurs. Groupons les et demain en mer, sur terre ou dans les airs, une multitude de ces « camarades » robots ou drones à tendance « cryptocommuniste » seront bientôt capables de réaliser toutes sortes d’opérations de sauvetage ou de participer activement à la lutte finale contre la pollution de l’environnement, concluent les scientifiques du projet Cocoro.
 

 
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Publicado el 05/10/2015 - Modificado el 08/01/2016 - Por autor

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