Braña 1, un ancêtre qui nous éclaire sur nos racines
Portrait-robot de Braña 1, qui devait avoir entre 30 et 35 ans au moment de sa mort.
Pelopanton / CSIC
Artículo

Braña 1, un ancêtre qui nous éclaire sur nos racines

Déterminer le profil génétique d’un homme préhistorique à partir d’une dent. C’est la performance réalisée par une équipe de 24 scientifiques. Ils ont donc dressé le portrait de Braña 1, un squelette d’homme préhistorique retrouvé dans une grotte dans le nord de l’Espagne.
Por Léa Ticlette -

Braña 1 devait avoir la peau et les cheveux foncés et les yeux clairs. Des traits génétiques qui n’existent pas dans les populations européennes modernes. Mais ce n’est pas la seule particularité de cet individu retrouvé en 2006 dans la grotte de la Braña-Arintero, dans la province espagnole de León.

Braña 1, ainsi nommé parce que c’est le premier de deux squelettes retrouvés dans cette même grotte, était aussi intolérant au lactose, un des sucres contenus dans le lait, et digérait mal l’amidon, un autre sucre complexe, contenu, lui, dans les céréales. Rien d'étonnant pour ce chasseur-cueilleur qui vivait il y a 7 000 ans, et n'était pas encore sédentarisé. Plus surprenant, la communauté génétique entre cet individu retrouvé dans une grotte au nord de l'Espagne et un autre individu vieux de 23 000 ans découvert en Sibérie. Les scientifiques ne peuvent pourtant déterminer s'il s'agit d'une coïncidence - un seul ascendant commun entre les deux hommes préhistoriques - ou d'une ascendance liée à des migrations de populations.

Analyser l’ADN ancien

Toutes ces informations contenues dans les gènes du chasseur-cueilleur ont pu être décodées grâce à des molécules présentes dans une de ses dents. Malgré l’excellente conservation du squelette, trouver de l’ADN intact n’est pas chose facile après 7 000 ans de décomposition. Une fois trouvé, il faut l’extraire et prévenir toute contamination, puis enfin amplifier les résultats. Explication : pour chaque marqueur, les scientifiques donnent les probabilités qu’il s’exprime – par exemple, le pourcentage de chances que Braña ait eu les yeux bleus. Chaque gène a plusieurs marqueurs, et la conservation de l’ADN de l’individu permet aux scientifiques d’être assez certains de leurs conclusions.

Un chaînon

Braña 1 est donc pour eux un chaînon de connaissance entre les hommes préhistoriques plus anciens et l’homme moderne, mais un cas ne fait pas la règle. Impossible, par exemple, de déterminer si pendant le mésolithique, période de la préhistoire intermédiaire entre le Paléolithique et le Néolithique, soit d'environ -10 000 à -5 000 en Europe, tous les individus de la région étaient intolérants au lactose, ou si leur adaptation à la consommation de lait de vache avait commencé. C’est là tout l’enjeu de l’archéogénétique : découvrir comment l’homme préhistorique a évolué vers l’homme moderne. Un homme, lui aussi, toujours en évolution pour s’adapter notamment à son milieu et son alimentation. 

Publicado el 20/11/2015 - Modificado el 20/11/2015

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJDOJD Dénombrement des médias