Le cœur artificiel inventé et mis au point par la société Carmat.
Le cœur artificiel inventé et mis au point par la société Carmat.
© Société Carmat
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Un cœur artificiel implanté pour la première fois en France

Jamais encore une telle opération n'avait eu lieu. C'est une première mondiale. Un cœur artificiel a été implanté dans le corps d'un homme. L'opération a eu lieu mercredi 18 décembre 2013 à l'Hôpital Georges-Pompidou, à Paris. Un succès médical qui est encore loin d'être confirmé mais qui ouvre des perspectives pour de nombreux malades.
Por RFI -

La prudence reste de mise. « Il est prématuré d'en tirer des conclusions », souligne le directeur général de Carmat, la société qui a fabriqué le cœur. Prématuré d'une part parce qu'il ne s'agit que d'un seul patient et que ce n'est pas suffisant pour affirmer que tous réagiront de la même manière. Mais prématuré aussi car le délai post-chirurgical n'est actuellement que de deux jours. C'est court, même si le patient se porte bien. Il est capable de discuter avec sa famille. Il faut rester prudent car c’est un premier malade.

« Il faudra attendre la suite pour ce malade, et d’autres malades, pour pouvoir tirer des conclusions », précise le Dr Philippe Pouletty, cofondateur de Carmat.

Une véritable avancée

Reste que si ce succès se confirme, ce sera une véritable avancée pour la science. Car en ce qui concerne le cœur, les greffons sont rares. Et Carmat estime que ce sont chaque année des dizaines de milliers de vies qui pourraient être sauvées par cette avancée.

« C’est un cœur totalement artificiel, détaille Philippe Pouletty, mais qui mime un cœur humain normal : il a deux ventricules, il accélère, il décélère au gré des besoins du malade. Il consomme peu d’énergie ce qui permet d’avoir des batteries portables. »

Sur le plan technique, en effet, ce cœur artificiel fonctionne comme tous les cœurs, avec ces deux ventricules qui font circuler le sang dans le corps. Et surtout, il est équipé de capteurs qui permettent de réguler le débit de la circulation sanguine. En clair, quand le patient dort, le cœur ralentit. Quand le patient monte des marches, le cœur accélère. C'est donc bien plus qu'une pompe et cela permet aux malades de faire certains efforts physiques qui leur étaient interdits jusqu'à présent.

« Horizons nouveaux »

« Bien sûr, précise le cofondateur de Camat, la première mondiale et le premier essai clinique qui concerne quatre patients sont réservés à des malades au pronostic vital engagé à court terme, c’est-à-dire à des malades qui ont une insuffisance cardiaque globale très avancée. »

L'exploit de l'équipe de l'Hôpital Georges-Pompidou réjouit en tout cas aujourd'hui tous les cardiologues français. Le professeur Samuel Lévy de l’Université Aix-Marseille, spécialiste des troubles de rythmes cardiaques, fait part de sa satisfaction au micro de RFI : « D’abord je salue le travail d’un grand chirurgien, et d’un grand chercheur, le professeur Alain Carpentier [porteur du projet, ndlr], connu dans le monde entier pour ses travaux. Et en tant que cardiologue, je suis content parce que ça ouvre une ère nouvelle. Ce qui est ici original, c’est le fait que ce soit un cœur autonome. On n’a pas besoin d’une machine, et de se balader avec. Je pense que ça va ouvrir des horizons nouveaux : cela peut être une alternative à la transplantation. Et ce sera utile pour beaucoup de malades car l’insuffisance cardiaque est une affection très fréquente en cardiologie. »

Publicado el 15/12/2017 - Modificado el 27/12/2017

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