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Une vue des champs de pétrole d'Abqaiq appartenant à la société Aramco en Arabie saoudite.
Une vue des champs de pétrole d'Abqaiq appartenant à la société Aramco en Arabie saoudite.
Fayez Nureldine / AFP
Les prix du pétrole ont repris un peu de vigueur, ce mardi 12 mai, après l’annonce d’une nouvelle coupe de production de l’Arabie saoudite. Mais l’épidémie de coronavirus risque de marquer très durablement les industries fossiles du sceau du déclin.

01'59'' - Première diffusion le 13/05/2020

Toute l’industrie pétrolière s’interroge sur l’impact à long terme du coronavirus. Pour le patron de la compagnie britannique BP, dont les rapports sont toujours très scrutés dans le secteur, « Le choc sur la consommation de pétrole va durer au-delà de l’épidémie. » Bernard Looney a, il est vrai, repris les rênes de la major britannique en février, juste avant que le coronavirus ne fasse s’effondrer de 30% la consommation mondiale de pétrole en clouant les avions au sol et en perturbant largement les transports routiers et maritimes sur la planète.

Pic de la demande pétrolière atteint ?

Il juge dans une interview au Financial Times que « le télétravail mis en place pendant le confinement va persister, ce qui va diminuer durablement les besoins de transports… Nous avons peut-être atteint le pic de la demande pétrolière, conclut-il, c’est possible, je ne l’exclue pas. »

Pic atteint ou pas, l’Arabie saoudite va cette année redescendre à son niveau de production de 2002. En juin la compagnie nationale saoudienne Aramco ne produira plus que 7,5 millions de barils par jour, 40% de moins qu’au mois d’avril qui certes était record (12,3 millions de barils jour).

Le Koweït et les Émirats arabes unis ont aussi annoncé des coupes de production additionnelles, en plus du volume consenti par les membres de l’alliance OPEP+, qui associe la Russie.

Fermer davantage les vannes, c’est ce que l’Agence internationale de l’énergie avait appelé les pays producteurs à faire. L’AIE, qui encourage les États à soutenir plus que jamais l’essor des énergies renouvelables, table dans son dernier rapport sur un déclin d’au moins 9% de la demande pétrolière en 2020. Ce devrait être l’énergie fossile la plus touchée par le coronavirus si l’on considère l’année entière.

La demande de charbon résiste mieux

En revanche la consommation de charbon chutera moins d’après l’AIE, de seulement 8%. Et toute la baisse a déjà eu lieu au premier trimestre. Cette relative résilience du charbon s’explique par l’inertie des politiques publiques en faveur de cette énergie. Plus de 600 milliards de dollars sont programmés pour la construction de centrales à charbon dans le monde, dont 80% en Asie, selon Global Energy Monitor.

Même si les banques, y compris asiatiques, tournent les unes après les autres le dos au charbon, jugé incompatible avec les objectifs environnementaux, les projets déjà dans les cartons seront réalisés. La Chine vient d’autoriser de nouvelles provinces à lancer des chantiers, souligne un rapport de Carbon Tracker, et elle a importé 22% de plus de charbon au mois d’avril, par rapport à l’an dernier. En Corée du Sud, au Japon, et dans les pays en développement qu’ils financent, comme le Vietnam ou l’Indonésie, les gouvernements vont orienter des fonds consacrés à la relance post-coronavirus vers des entreprises en difficulté du secteur du charbon.

Publicado el 27/05/2020 - Modificado el 28/07/2020 - Por autor

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