L'assainissement, une nécessité pour lutter contre le paludisme
L'assainissement, une nécessité pour lutter contre le paludisme
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L'assainissement, une nécessité pour lutter contre le paludisme

Concernant l’assainissement des eaux dans les quartiers périphériques de Moundou, les programmes réalisés par l’ONG Initiative Développement ont essentiellement consisté à curer les canaux.
Por Colette Thomas -

L’organisation non gouvernementale française a fourni brouettes, pelles et pioches aux habitants pour effectuer ce nettoyage et pour agrandir le réseau de canaux. Les habitants ont également été sensibilisés à la nécessité d’évacuer ces eaux stagnantes, propices à la prolifération des moustiques. Dans le même temps l’ONG a amélioré l’approvisionnement en eau potable de cette banlieue de Moundou. Si le succès est au rendez-vous pour l’eau potable, bien qu’elle soit payante, les résultats sont plus mitigés pour l’évacuation des eaux stagnantes. 
 
Pendant la saison des pluies, essentiellement d’août à septembre, Moundou est inondée. La deuxième ville du Tchad et sa banlieue sont dans une cuvette et pendant cette saison humide, 10 centimètres d’eau restent pendant plusieurs mois dans cette cuvette.
 
En principe cette eau en trop est évacuée vers l’un des lacs ou cours d’eau entourant cette ville de 250 000 habitants. Mais les canaux n’étaient plus entretenus. Initiative Développement a donc réactivé les comités d’assainissement dans deux quartiers périphériques de Moundou, Doumbeur 1 et Doumbeur 2.
 
Ces comités fonctionnent sur le mode du bénévolat, celui de Doumbeur 1 étant plus actif que celui de Doumbeur 2. Car l’équipe de Doumbeur 1 est rémunérée par les marchandes pour le nettoyage de la place du marché. Mais globalement, explique Initiative Développement, les habitants ne voient pas vraiment l’intérêt de curer les canaux. Il faudrait le faire en juin, avant l’arrivée des pluies. Mais dans ces quartiers périurbains, il n’y a pas de logique communautaire. Les gens viennent de la campagne, ont une mentalité plus individualiste et sont loin d’avoir une démarche de quartier.
 
Pourtant, le risque de paludisme est important dans cette région du Tchad. Mais lorsqu’un habitant a la fièvre, le lien est plutôt fait entre fièvre et sorcellerie qu’entre fièvre et maladie. « Ce n’est pas évident, pour les gens, de faire le lien avec le moustique », explique Nicolas Moreau, du pôle eau et assainissement à Initiative Développement.
 

EM photo paludisme réunion d'information Tanzanie
Bonnie Gillespie/Johns Hopkins University

Le personnel de l’ONG a tout de même informé la population sur le risque de paludisme par l’intermédiaire de « femmes leaders ». Chaque représentante d’un « carré », d’un quartier expliquait ensuite l’utilité pour la santé de vivre à proximité d’une eau de surface propre.
 
Malgré ces efforts, il n’est pas sûr que dans ces quartiers périphériques de Moundou où vivent 20 000 personnes, on voit l’intérêt de nettoyer chaque année les canaux.

Chiffres 2009 de l'OMS sur la mortalité due au paludisme notamment au Tchad:

http://www.who.int/whosis/whostat/FR_WHS09_Full.pdf

Le projet initial mené par l'agence de l'eau Loire-Bretagne:

http://www.pseau.org/outils/actions/action_resultat.php?ac[]=315&tout=1

Publicado el 02/10/2015 - Modificado el 28/10/2015

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