Dimanche 28 juillet, des manifestants pro-démocratie ont pour la deuxième journée consécutive affronté la police à Hong Kong.
Dimanche 28 juillet 2019, des manifestants pro-démocratie ont pour la deuxième journée consécutive affronté la police à Hong Kong.
REUTERS/Tyrone Siu
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Hong Kong se révolte, Pékin tient bon : la fin de semaine s'annonce difficile

À Hong Kong, alors que la police annonce qu'elle va inculper une quarantaine de manifestants pour participation à des «émeutes», la détermination de ces derniers ne se dément pas. Toutes les semaines, ils sont au rendez-vous au départ pour contester la loi sur les extraditions et aujourd'hui pour contester la main mise de Pékin sur le territoire.
Por Zhifan Liu -

De notre envoyé spécial à Hong Kong,

Plus de 50 arrestations ont été effectuées par les forces de l’ordre lors de ce week-end sous haute tension. La police avait pourtant interdit tout défilé dans les rues de Hong Kong. Seule une manifestation avait été autorisée dans un parc du quartier central dimanche 28 juillet, rassemblant plusieurs milliers de personnes dans une ambiance relativement calme. Mais très rapidement les manifestants se sont dispersés bravant l’interdiction des forces de l’ordre.

La police a rapidement chargé en fin de journée causant la panique dans la foule, et les équipes médicales n'ont pas chômé, comme en témoigne cette bénévole : « Généralement, ce sont des blessures aux yeux, car la police utilise essentiellement des gaz lacrymogènes, donc les yeux sont très irrités comme la peau, le corps entier peut-être rouge, donc on les traite avec des solutions salines. Parfois, il peut y avoir des blessures plus graves aux yeux, causées directement par les gaz lacrymogènes ou des tirs de balles en caoutchouc. Il y a eu des fractures et des traumas ; les blessures sont de plus en plus sérieuses et je suis inquiète par le fait que les victimes ne vont pas à l’hôpital, c’est un vrai problème ».

Une violence de plus en plus grande

Des blessures de plus en plus sérieuses, car les policiers ont tiré des rondes discontinues de gaz lacrymogène durant tout le week-end. Samedi, les manifestants se sont réunis à Yeun Long, théâtre de violences de la part des triades pro-Pékin sur des protestataires, mais aussi des citoyens lambda : « Avant la semaine dernière, la cible des policiers et des gangsters était les manifestants, maintenant même une femme enceinte se fait frapper par des voyous. Chacun d’entre nous est en danger, chacun d’entre nous ».

Ils tenaient également à dénoncer la collusion entre les triades et les policiers qui avaient mis 40 minutes à intervenir. Cet épisode a choqué l’opinion hongkongaise. Vendredi, pour la première fois, les personnels navigants ont rejoint le mouvement avec un sit-in dans l’aéroport international de Hong Kong. C’est le cas de cette hôtesse de l’air, tout juste arrivée de Vancouver : « Nous devons nous battre, nous soulever ; les Hongkongais sont très unis, si rien ne se passe vous ne pouvez pas deviner notre force, mais face à l’adversité vous pouvoir observer la puissance hongkongais. C’est la beauté de ce mouvement, nous devons nous battre pour maintenant et pour notre futur ».

De nouveaux manifestants se rallient au mouvement

Si les jeunes, moteur de ce mouvement, sont toujours aussi motivés et présents lors des manifestations, c’est désormais toute une société qui est unie contre ses propres autorités : « Ce ne sont pas seulement des personnes de 50-60 ans qui viennent nous supporter, des personnes âgées ou d’âge moyen nous avaient déjà rejoints lors des manifestations précédentes. Mais nous avons vu beaucoup d’employés gouvernementaux montrer leur soutien en prenant leur carte d’identité en photo. S’il n’y a pas de réponse de la part du gouvernement, ils pourraient considérer le fait de démissionner et de rejoindre notre mouvement »

Et les fonctionnaires ont mis leur menace à exécution, en appelant à manifester vendredi 2 août. Un ralliement de poids pour Bonne Leung, vice-présidente du Front civil des droits humains de Hong Kong : « Si les fonctionnaires ressentent le besoin de manifester, ça veut dire que leur source de revenus est en danger. Je suis triste que l’on soit arrivé à ce stade où les gens doivent risquer leur sécurité, mais aussi leurs salaires pour être entendus. Mais je pense que le fait que les fonctionnaires se manifestent aussi devrait porter un gros coup au gouvernement hongkongais ».

Pékin a réitéré lundi 29 juillet sa confiance à Carrie Lam, et a enjoint la police hongkongaise à rétablir l’ordre au plus vite, promesse d’une nouvelle fin de semaine explosive.

Publicado el 25/09/2019 - Modificado el 30/09/2019

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