La prix Nobel de littérature 2015, l'écrivaine bielorusse Svetlana Alexievitch, ici en 2013.
La prix Nobel de littérature 2015, l'écrivaine bielorusse Svetlana Alexievitch, ici en 2013.
AFP PHOTO / DANIEL ROLAND
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Biélorussie: Svetlana Alexievitch, prix Nobel de littérature et figure de la contestation

Symbole de la pression qui s'accroît sur le mouvement de contestation en Biélorussie, la lauréate du prix Nobel de littérature, Svetlana Alexievitch, a été convoquée mercredi 26 août 2020 par les enquêteurs, car membre du « Conseil de coordination » formé par l'opposition pour organiser la transition du pouvoir. Le message du clan d'Alexandre Loukachenko est clair : personne ne sera épargné, y compris la plus célèbre des Biélorusses.
Por RFI -

« Maintenant, le régime va être obligé de m’écouter. » C'est ce qu’avait dit en Suède la romancière Svetlana Alexievitch lors de la remise de son Nobel de littérature, en 2015. Cinq ans plus tard, elle accuse le pouvoir biélorusse d'avoir amorcé « une guerre contre son peuple ». C’était quelques jours avant de rejoindre le Comité de coordination de l'opposition.

Entre documentaire et littérature

Celle qui est devenue la quatorzième femme, en plus d'un siècle, à recevoir le prix Nobel de littérature, est une ancienne journaliste. Son œuvre est souvent perçue comme étant à la frontière entre le documentaire et la littérature. Ses livres, Svetlana Alexievitch les écrit pendant plusieurs années, à partir de témoignages. Le tout premier, La guerre n'a pas un visage de femme, est basé sur des entretiens avec des centaines de femmes plongées dans la Seconde guerre mondiale. Il lui a valu d’être accusée de « briser l'image héroïque de la femme soviétique », même si Mikhaeil Gorbatchev l'a défendue.

Le livre n'est édité qu'en 1985 et la rend immédiatement célèbre en Union soviétique et à l'étranger. Svetlana Alexievitch s'intéresse aussi à la guerre menée en Afghanistan. Son ouvrage le plus remarqué, La supplication, est le fruit de 10 ans de travail sur la catastrophe de Tchernobyl et ses conséquences. Un livre interdit en Biélorussie, où le sujet est tabou.

Elle est arrivée pour sa convocation à 14h, heure de Minsk. Elle n’est restée que 45 minutes avec les enquêteurs. Et en gros, elle leur a dit qu’elle ne voulait pas s’exprimer. Elle a dit qu’elle avait eu recours à son droit à ne pas témoigner contre elle-même, qu’elle ne se sentait coupable de rien. Que tout était public et que le comité de coordination, qui est dans le viseur de Loukachenko, n’avait rien à cacher. »

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 Justine Salvestroni, journaliste indépendante à Minsk (00'53")

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Publicado el 07/09/2020 - Modificado el 07/09/2020

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