Soldats de l'armée populaire vietnamienne sur les îles Spratleys en 2009
Soldats de l'armée populaire vietnamienne sur les îles Spratleys le 1er mai 2009
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Vietnam-Chine : des relations en dents-de-scie

Depuis son adhésion à l’ASEAN il y a dix ans, le Vietnam s’est lancé dans une vaste opération d’intégration régionale. Elle s’est faite progressivement et sans difficultés avec la plupart des partenaires du Sud-Est asiatique. Mais, avec la Chine, le puissant voisin avec lequel Hanoï a une série de différends, cette intégration n’est pas si simple.
Por Any Bourrier -

Les conflits entre les deux pays ne manquent pas : frontière terrestre, eaux territoriales dans le golfe du Tonkin, archipels des Spratleys et des Paracels en mer de Chine méridionale, revendiqués par le Vietnam et refusés par la Chine. En décembre 1999, un premier obstacle qui bloquait les relations bilatérales a été levé avec la signature d’un Traité sur le tracé des frontières terrestres. Depuis, à l’exception de l’Accord sur la délimitation des eaux du golfe du Tonkin, les autres négociations piétinent.

La plus grande source de divergence entre les deux pays reste les différends sur les archipels des Spratleys et des Paracels qui mettent en cause la Chine, le Vietnam et d’autres pays de la région. L’enjeu est à la fois stratégique et économique car ces archipels abritent des ressources naturelles importantes, en particulier du pétrole. Ils sont aussi situés sur une route maritime internationale très fréquentée entre l’Asie du Nord-Est et l’Asie du Sud-Est, point de passage entre l’océan Indien et le Pacifique.

Même si la volonté d’apaiser ces conflits territoriaux et maritimes est manifeste, il est certain qu’ils ont ralenti le rythme du rapprochement entre le Vietnam et la Chine. Car ce contentieux est perçu à Hanoi comme une atteinte à la souveraineté du pays. Or, le Vietnam n’a jamais apprécié d’être considéré comme un satellite de la Chine et cherche à établir des relations avec Pékin en dehors d’un rapport de force.

Hanoï a plus que jamais besoin de la Chine pour asseoir le développement du pays. Le volume du commerce bilatéral avec la Chine a atteint 7,2 milliards de dollars et dépassera certainement les 10 milliards dans cinq ans. Pékin est le premier partenaire commercial du Vietnam et y a investi en 2004 environ 662 millions de dollars.

Dans un entretien accordé avant son départ pour la Chine, le président Tran Duc Long a assuré qu’il compte obtenir, entre autres, l’indispensable soutien de ses interlocuteurs chinois à l’adhésion du Vietnam à l’OMC fin 2005. Vingt cinq ans après la sanglante «guerre des frontières» entre les deux pays, le Vietnam cherche à apprivoiser son voisin chinois tout en restant vigilant sur ses prétentions hégémoniques.

 

Publicado el 23/01/2017 - Modificado el 01/02/2017

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