Le président américain Barack Obama et la chancelière allemande Angela Merkel tiennent une conférence de presse à l'hôtel de ville de Baden-Baden, le 3 avril 2009, le premier jour du sommet de l'OTAN.
Le président américain Barack Obama et la chancelière allemande Angela Merkel tiennent une conférence de presse à l'hôtel de ville de Baden-Baden, le 3 avril 2009, le premier jour du sommet de l'OTAN.
Saul Loeb / AFP
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Une organisation à rénover

En 2009, l’Alliance atlantique fête ses 60 ans et à cette occasion trois villes accueillent les réunions autour du sommet : Strasbourg en Alsace et de l’autre côté du Rhin, Baden-Baden puis Kehl. C’est à Baden-Baden que s’ouvre officiellement, le sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord. Les dirigeants des 28 États membres vont se retrouver autour d’un dîner. Au menu : l’envoi de renforts en Afghanistan, le choix d’un nouveau secrétaire général et l’accueil de deux nouveaux membres : la Croatie et l’Albanie. Avant l’ouverture du sommet, Nicolas Sarkozy et Barack Obama ont pu avoir un tête-à-tête pendant lequel la question afghane a bien sûr été évoquée.
Por Olivier Fourt -

Avec notre envoyé spécial à StrasbourgOlivier Fourt

Quel avenir pour l’OTAN ? La question peut se poser, car l’organisation a besoin de se rénover. C’est une structure lourde héritée de la guerre froide qui doit s’adapter aux défis du XXIe siècle. Alors, dès vendredi soir, à Baden-Baden, les chefs d’État membres de l’Alliance vont discuter du nouveau concept stratégique de l’OTAN. L’idée, c’est de faire de l’Alliance atlantique une organisation globale opérant bien au-delà des frontières de la vieille Europe. Une organisation qui doit lutter contre de nouvelles menaces, le terrorisme, les cyber-attaques, l’insécurité énergétique ; un vaste débat qui devrait s’étaler sur plusieurs mois.

Ce vendredi, on devrait aussi discuter du nom du futur secrétaire général de l’organisation, celui qui va succéder au Néerlandais Jaap de Hoop Scheffer, dont le mandat s’achève le 31 juillet. Le Danois Anders Fogh Rasmussen a les faveurs des États-Unis, mais pas de la Turquie qui lui reproche ses prises de position lors de l’affaire des caricatures de Mahomet et la présence au Danemark d’une télévision kurde.

Autre grand dossier, l’Afghanistan bien sûr ainsi que la relation OTAN-Russie, mise à mal par la crise géorgienne de l’été 2008, sujet important pour les Européens. Et puis, il y a le retour de la France au sein du commandement intégré de l’OTAN. Cependant, les grands commandements promis à la France par les États-Unis ne seront pas dévoilés pendant ce sommet, il faudra attendre quelques semaines pour ménager, dit-on, la susceptibilité des autres partenaires de l’Alliance. 

On a besoin que la Russie prenne ses responsabilités parce que c'est un grand pays, pour nous aider à trouver une solution à la crise iranienne. »

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 La place de la Russie dans l'OTAN pour la France et les États-Unis. (00'45")

 

La question cruciale de l'Afghanistan

Ce sommet sera dominé par la question afghane, car l'Alliance jour gros en Afghanistan en ce moment. C'est en effet la plus grosse opération sous commandement de l'OTAN depuis le Kosovo et la Bosnie à la fin des années 1990. L'Organisation sera jugée sur ces résultats. Si la force internationale d'assistance parvient à sécuriser l'Afghanistan, à passer le relais à l'armée afghane et organiser des élections libres au mois d'août, l'OTAN en sortira la tête haute. Mais rien n'est moins sûr, car depuis deux ans les talibans gagnent du terrain et certains partenaires européens s'inquiètent de voir leurs troupes s'enliser dans ce conflit alors que dans le même temps l'administration Obama fait tout mobiliser ses alliés. 

Le président américain veut en effet doubler le nombre de militaires engagés dans le pays. Davantage de troupes aujourd'hui pour mieux préparer le retrait demain, c'est l'idée de la nouvelle administration américaine. Barack Obama l'a clairement dit le 20 mars 2009, les efforts doivent se concentrer sur la lutte contre les sanctuaires d'al-Qaïda. Il faudra aussi administrer certains talibans, faire entrer les modérés dans le jeu politique afghan et s'occuper d'une population ruinée par des années de guerre ; autant de missions pour l'Alliance atlantique.

Contribution de la France et des Européens

On a beaucoup parlé lors de la conférence de La Haye de la contribution de la France et des Européens. La France, comme les autres partenaires européens de l’OTAN, ne souhaite pas vraiment envoyer des soldats supplémentaires en Afghanistan. Le président Nicolas Sarkozy ne cesse de le répéter : « Il n’y aura pas de renforts français », rappelant que Paris a déjà envoyé 700 hommes supplémentaires en 2008. « Nous avons fait un effort avant les autres », disait encore en début de semaine le ministre français de la Défense Hervé Morin.

Alors l’idée de Barack Obama plaît bien aux Européens, car s’ils n’ont ni l’envie ni les moyens d’envoyer des troupes combattantes supplémentaires, ils peuvent s’arranger pour déployer ici ou là quelques dizaines de gendarmes ou de policiers chargés d’épauler et de former une police afghane considérée comme largement corrompue.

Nicolas Sarkozy annoncera demain l’envoi de 150 gendarmes français en Afghanistan sous les couleurs de la Force Européenne de Gendarmerie fondée en 2006 et il compte aussi sur la coopération de l’Italie, de l’Espagne, du Portugal et des Pays-Bas voire de la Pologne et de la Turquie. 

Publicado el 26/03/2019 - Modificado el 18/04/2019

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