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Réseaux sociaux et jihad médiatique
Le Premier ministre, Manuel Valls a invité les géants du Web à discuter sur les façons de faire coopérer les plateformes à la lutte contre le terrorisme.
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Nous parlons des réseaux sociaux qui peuvent être des outils de lutte contre le terrorisme comme des instruments de diffusion de l’idéologie jihadiste. Un sujet au cœur d’une rencontre à Matignon.

Première diffusion le 5/12/2015

Google, Apple, Facebook, Twitter… Il ne manquait plus qu’Amazon pour que les géants du Web soient au complet jeudi devant le Premier ministre, Manuel Valls, pour une réunion qui fut « l'occasion d'un retour d'expérience », comme dit son cabinet, après les attentats du 13 novembre. Comment faire coopérer ces plateformes à la lutte contre le terrorisme ? Il ne suffit pas de le décréter pour que les vidéos de massacre ou les appels au jihad soient expurgés des moteurs de recherche et des réseaux sociaux.

Ce ne sont pas non plus les directeurs des filiales françaises de ces géants américains qui peuvent vraiment influer pour que les règles de diffusion soient modifiées. Il en va de la liberté d’expression protégée par le premier amendement aux États-Unis. Damien Viel, le directeur de Twitter France, le reconnaît : son réseau, qui a été mis en cause pour ses liens vers des contenus proches de l’organisation Etat islamique, doit naviguer entre le respect de la liberté d’expression et la coopération qui s’impose après le signalement de tout contenu enfreignant ses règles. Après le 13 novembre, les équipes chargées de la prévention contre la pédopornographie ont basculé sur la surveillance du réseau pour tenter d’empêcher la circulation des vidéos jihadistes. « En mars-avril dernier, c’est plusieurs milliers de comptes qui ont été fermés suite à des signalements », dit-il. 

Bien sûr, il n’y a pas de solution parfaite : un compte peut aussi être un moyen pour la police de suivre un informateur. Et comme l’a dit le 1er février le sous-directeur à la lutte anti-terroriste, Philippe Chadrys, il est très difficile d’arrêter une vidéo mise en ligne. Même retirée d’une plateforme, elle est tout de suite copiée et rebondit de site en site. Reste que Facebook est, selon lui, un « canal majeur » : il facilite conversions et radicalisations, diffuse des conseils pour se rendre auprès des jihadistes en Syrie, permet à des jeunes filles de se faire « harponner » par des combattants. Le gouvernement estime qu’il y a désormais une meilleure coopération des plateformes. Mais il est parfois difficile de dire si une image fait l’apologie du terrorisme, si elle contrevient aux règles.
 
Finalement, c’est sans doute moins dans la prévention que dans la réaction que les géants du Web font la preuve de leur efficacité : on le voit avec l’opération Safety check de Facebook ou quand Twitter renvoie sur le compte de la Préfecture de police et invite à la solidarité avec son mot dièse « portes ouvertes » le 13 novembre. Et on se met à rêver d’un algorithme qui repèrerait aussi bien les vidéos de propagande de l’EI que la nudité…

Publicado el 06/04/2016 - Modificado el 19/04/2018 - Por autor

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