Appareil de forage pétrolier Deepsea Delta en mer du Nord.
Appareil de forage pétrolier Deepsea Delta en mer du Nord.
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La guerre des fonds marins

Les fonds marins recèlent de nombreuses ressources minières et énergétiques encore intactes. Devant ce potentiel, de nombreux États cherchent à étendre leur souveraineté en mer. Les États côtiers de la planète ont jusqu’à mercredi 13 mai 2009 pour déposer devant les Nations Unies leur demande d’extension des eaux territoriales.
Por Myriam Berber -

Au  moins 48 États ont déjà formulé des demandes d’extension maritime devant une commission de l’ONU composée d’une trentaine de scientifiques. En vertu de la convention de Montego Bay (Jamaïque) sur le droit de la mer adoptée en 1982, les États côtiers peuvent revendiquer des droits sur les ressources du sol et du sous-sol de la haute mer. Mais ils doivent au préalable prouver, par la géologie, l’existence d’une continuité territoriale entre leur part de continent et les fonds de l’océan, au-delà des 200 milles marins (370 kilomètres) de la zone économique exclusive (ZEE) où leurs droits souverains sont automatiquement reconnus. Dans tous les cas, cette extension ne peut excéder 350 milles marins (648 kilomètres).

Au-delà des recherches scientifiques, l’enjeu est économique. Les fonds marins recèlent d’énormes ressources minières et énergétiques. Outre le gaz naturel et le pétrole, ces fonds disposent de nombreuses ressources, encore intactes : manganèse, cuivre, nickel, cobalt, zinc, fer et plomb.

Conflits sur les zones maritimes

Jusqu’à présent, l’exploration et l’exploitation de ces fonds marins présentaient peu d’intérêt commercial, car elles étaient très difficiles et extrêmement coûteuses à réaliser. L’amélioration des techniques de forage a changé la donne. Les plateformes d’extraction de gaz naturel et de pétrole off-shore se sont beaucoup développées depuis les années 1970. Une nouvelle génération de plateformes devrait permettre des forages à 12 000 pieds.

Face à cet énorme potentiel, de nombreux États cherchent à étendre leur souveraineté en mer. À titre d’exemple, la France qui dispose d’une ZEE de 10 millions de kilomètres en raison de sa présence outre-mer, a déposé une dizaine de demandes. Elle réclame un million de kilomètres supplémentaires. Ces demandes nationales ont mis en lumière des contentieux territoriaux entre la Russie et le Japon dans le Pacifique, entre la Chine et ses voisins en mer de Chine entre la Grande-Bretagne et l’Argentine autour des îles Malouines. Le conflit est particulièrement sévère dans l’Arctique, où la Russie, le Canada, le Danemark, la Norvège et les États-Unis se disputent l’accès aux ressources rendues accessibles par la régression de la banquise.

Publicado el 27/06/2019 - Modificado el 13/09/2019

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