Khaleda Zia et Sheikh Hasina Wajed.
Khaleda Zia et Sheikh Hasina Wajed.
Jayanta Dey/Reuters et Munir Uz Zaman/AFP
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Des législatives pour fermer la parenthèse militaire

81 millions d’électeurs choisissent ce lundi leurs leaders politiques issus essentiellement des deux grands partis dirigés par deux femmes rivales. Après 7 ans de régime militaire, elles ont fait la paix au nom de cette échéance démocratique, s’engageant à améliorer la vie quotidienne et à lutter contre la corruption.
Por Mousshine Ennaimi -

Les Bangladais connaissent bien les deux prétendantes au poste de Premier ministre.

Khaleda Zia qu’on appelle souvent « la veuve », leader du BNP (le Parti national bangladais) a déjà été deux fois Premier ministre, et Sheikh Hasina, surnommée « l’orpheline », leader de l’Awami League, a été une fois aux commandes du gouvernement.

La première a perdu son mari au cours d’un putsch, la seconde, son père, durant le sanglant coup d’État de 1975. Toutes les deux ont été accusées de corruption durant leur mandat et toutes les deux ont été emprisonnées par le gouvernement intérimaire mis en place par l’armée depuis janvier 2007.

Les deux rivales se détestent cordialement et chacune accuse l’autre de ruiner le pays. Au cours de la campagne de ces législatives, Zia dit vouloir sauver le Bangladesh alors que Hasina souhaite, elle, « numériser » le pays et le rendre plus moderne.

Mais pour les Bangladais, dont plus de la moitié vit avec moins de un dollar par jour, la différence se fera essentiellement sur le prix des denrées alimentaires, l’amélioration des conditions de vie rurales, et bien entendu la lutte contre la corruption.

Une mouvance islamiste peu présente

Pour le BNP, le Parti national bangladais de Khaleda Zia, les quelque 300 mille mosquées réparties à travers tout le Bangladesh sont un formidable relais d’influences. Et pour la Jamaat-e-Islamia, il est difficile historiquement de se rattacher à l’Awami League, parti à l’origine de la séparation du Bangladesh des mains du Pakistan, en 1971.

En toute logique donc, les mouvements islamiques font partie de la coalition du BNP. On pourrait croire que dans un pays peuplé de 160 millions de musulmans, les partis islamiques représentent un poids considérable. Il n’en est rien, surtout si l’on regarde les résultats obtenus au Parlement : une vingtaine de sièges à peine sur trois cents.

Quant aux mouvements islamistes violents, les experts parlent d’une poignée de terroristes éparpillés, mal organisés, et quasiment non équipés en armes. La police dit avoir découvert une quarantaine de bombes artisanales et arrêté une dizaine de personnes ces derniers jours, tout en estimant qu’il n’existait pas de menaces sérieuses contre ces élections.

Publicado el 28/06/2017 - Modificado el 03/07/2017

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