Un modèle de Victor 6000 au 1/10, Musée national de la marine, Paris.
Un modèle de Victor 6000 au 1/10, Musée national de la marine, Paris.
Fanny Schertzer/CC BY-SA 3.0
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Victor est descendu à 4000 mètres sous la mer

Le robot Victor 6 000, de la mission franco-russe Serpentine, a visité des oasis de vie dans les grands fonds sous-marins, au large des Antilles, à bord d’un navire océanographique de l’Ifremer, le Pourquoi pas ? Il a rapporté, de sa plongée sur le site hydrothermal le plus profond du monde, des cartes et des films, des échantillons biologiques et des roches.
Por Dominique Raizon -
Mise à l'eau du Victor 6 000.
Mise à l'eau du Victor 6 000. | Ifremer/Serpentine 2007/Daniel Desbruyères

 

Explorer les grands fonds était-il une mission impossible ?… Pourquoi pas : le nom du sous-marin porte en lui-même la réponse des scientifiques de l'expédition franco-russe qui ont relevé le défi en équipant le bâtiment avec des robots et des caméras. La technologie a cette fois pris le pas sur la science fiction : l’expédition Serpentine a eu lieu sur la dorsale atlantique. La mission a atteint 95% de ses objectifs. Au cours de ses neuf plongées, télé-opérées sur un parcours de quelque 144 kilomètres, là où la croûte terrestre recrache des eaux bouillantes, Victor 6 000 a vu de ses propres antennes ce que Jules Vernes, visionnaire, imaginait en 1869, dans son plus célèbre roman Vingt-mille lieues sous les mers.

L’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) a déclaré que dans la malle aux trésors, rapportée par le robot, se trouvaient «vingt-deux fluides hydrothermaux, cinquante échantillons d’eau, deux cent cinquante-cinq échantillons biologiques et cent vingt-huit roches», prélevés entre deux plaques tectoniques sous-marines. Victor 6 000 a également rapporté des films qui témoignent de l’existence d’une faune sous-marine très riche, «un paradis pour les biologistes», s’est réjoui le biologiste Daniel Desbruyères, responsable du Laboratoire environnement profond à l’Ifremer. Ces animaux évoluent dans un milieu hostile.

 

 

 

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 Daniel Desbruyères, responsable du département Etude des écosystèmes profonds de l'Ifremer (04:07).

 

Premières impressions sur le site Ashadze, deux fumeurs actifs colonisés par un champ d'anémones.
Premières impressions sur le site Ashadze, deux fumeurs actifs colonisés par un champ d'anémones. | Ifremer/Serpentine 2007

 

La mission est en soi une belle performance technologique : neuf plongées en treize jours à peine (sur une durée totale de six semaines d'expédition) auront suffi pour que le robot identifie trois oasis de vie. En trente ans, plus de cent zones situées aux confins de plaques tectoniques ont déjà été repérées. Avec l'expédition Serpentine, deux nouveaux sites ont été identifiés : Ashadze et Krasnov se situent à 4 000 mètres de profondeur et, Logatchev 2, à près de 3 000 mètres. «Le nombre de sites actifs connus dans la région» est multiplié par deux, a précisé l’Ifremer. Sur les zones dernièrement explorées (entre mars et avril 2007), les scientifiques ont pu observer de très près des cheminées de sources hydrothermales en activité, crachant des panaches de fumée noire à Ashadze, et de «l’eau pratiquement douce» à Logatchev.

 

 

 

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 Suite de l'interview de Daniel Desbruyères sur le paysage exubérant des grands fonds et sur les premières briques qui ont constitué la vie il y a 4 milliards d'années... (03:34).

 

Essaim de crevettes Rimicaris sur le site hydrothermal Logatchev.
Essaim de crevettes Rimicaris sur le site hydrothermal Logatchev. | Ifremer/Serpentine 2007

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ces zones découvertes par les scientifiques franco-russes ont fait l’objet de relevés topographiques très précis laissant apparaître «des structures circulaires», selon les précisions d’Yves Fouquet, chef de la mission. L’Ifremer affirme que ces nouvelles données sont de nature à «révolutionner la compréhension des processus tectoniques et hydrothermaux» sur les dorsales océaniques. Tous les secrets ne sont pas encore livrés…

 

 

 

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 Suite de l'interview de Daniel Desbruyères sur la précision des données cartographiques qui réjouit le chef de mission Yves Fouquet (00:50).

 

La mission franco-russe a été baptisée Serpentine. La serpentine est un minéral vert sombre résultant de l’altération d'une roche sous l'effet combiné de l'hydratation et de la chaleur.

Publicado el 27/11/2015 - Modificado el 27/11/2015

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