Jakarta, capitale de l'Indonésie
Jakarta, capitale de l'Indonésie, surnommée « ville de la pollution ».
Jewel Samad / AFP
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Les métropoles mondiales passent à l'action

Les maires et les responsables municipaux de quarante-six villes les plus polluées, de Paris à Pékin et de Tokyo à Los Angeles se concertent à New York pour agir contre le réchauffement climatique. Cette deuxième édition, la première avait eu lieu en 2005, a trouvé son nom de baptême : C40 Large cities climate summit (« C40, Sommet des grandes métropoles sur le climat »). Cette rencontre des maires et des responsables de milieux d’affaires du monde entier, prévue jusqu'au 17 mai 2007, devrait donner lieu à des initiatives conjointes et concrètes.
Por Dominique Raizon -

C’est à l’initiative de la fondation créée par l’ancien président Bill Clinton que s’était déjà tenue à Londres, en 2005, la première rencontre des représentants des grandes métropoles les plus polluées de la planète. Le premier sommet avait surtout permis aux responsables environnementaux d’échanger des idées. Deux ans après, pour la deuxième conférence, le nombre de participants a plus que doublé. Quarante-six villes s’impliquent, désormais, dans la lutte contre le réchauffement climatique planétaire (en anglais) et étudient la manière de réduire les émissions de gaz à effet de serre, comme le dioxyde de carbone (CO2).

Cette fois-ci, aux côtés de Bill Clinton, l’entrepreneur milliardaire et maire républicain de New York, Michael Bloomberg, préside aussi la conférence à Manhattan. Une façon de se démarquer de la politique du président George W. Bush, lequel persiste à refuser les réductions contraignantes des émissions de gaz à effet de serre prévues par le protocole de Kyoto. Michael Bloomberg a lui-même convié un certain nombre de leaders industriels. L’objectif ? Convaincre ces derniers que des mesures de lutte contre le réchauffement climatique peuvent également constituer des opportunités économiques et financières intéressantes pour eux. L’administration Bloomberg s’est engagée à tenter de réduire de 30% les émissions de gaz à effet de serre de New York dans les vingt-cinq années à venir.

L’ancien économiste en chef de la Banque mondiale, Nicholas Stern, avait estimé en 2006, que l’impact économique catastrophique du réchauffement climatique pourrait être comparable à celui des deux Guerres mondiales et de la grande dépression des années 30 si aucune mesure urgente n’était prise. « En rassemblant les autorités des grandes municipalités et les représentants d’entreprises internationales pouvant apporter des solutions techniques et des institutions financières pour financer de nouvelles initiatives, cette réunion devrait être plus qu’un simple lieu de discussions abstraites », espère Kathryn Wylde, présidente du partenariat privé de New York City.

Elles s’appellent, entre autres, Londres, Berlin, Bangkok, Le Caire, New Delhi, Jakarta, Johannesburg, Karachi, Lagos, Melbourne, Rio de Janeiro, Séoul, Shanghaï, Singapour, et Sydney. À la fois génératrices et victimes du réchauffement planétaire, « les villes font partie du problème du réchauffement climatique mais aussi de sa solution », a déclaré Anna Tibaijuka, secrétaire générale adjointe des Nations unies et directrice du programme Habitat de l’ONU, basé à Nairobi.

L’imagination au service de l’écologie et de l’économie

En effet, plus de 50% de l’humanité vit aujourd’hui dans les grandes villes et, moyennant une urbanisation galopante dans les pays en développement, cette concentration devrait passer à 75% d’ici à 2030. Il est donc urgent de « s’intéresser de près à la question du développement urbain durable », a souligné Anna Tibaijuka. D’autant plus que ces mégalopoles « dont beaucoup sont situées au bord de la mer, risquent de devenir des pièges mortels, en particulier pour les pauvres bidonvilles », a-t-elle  poursuivi. Les quartiers pauvres en périphérie des grandes métropoles abritent pas moins d’un milliard de personnes dans le monde et le nombre devrait doubler en 25 ans.

« Nous avons pensé qu’il était important, pour ce sommet, de se concentrer sur les avantages économiques potentiels que cette lutte pourrait représenter pour les municipalités », a souligné Kathryn Wylde. L’accent doit être mis sur « l’adoption de critères d’efficacité énergétique plus sévères pour les transports ainsi que dans la construction et la vie dans les immeubles », a insisté Anna Tibaijuka.

Comment ? Les solutions dépendent, en fait, des spécificités de chacune de ces villes (en anglais). New York, par exemple, est moins polluée par les gaz automobiles et les fumées d’usines que par les installations électriques des anciens gratte-ciels qu’il s’agirait donc, ce faisant, de revoir. À Rio de Janeiro, en revanche, ou à New Delhi, Le Caire, et Bangkok : il s’agirait plutôt de fournir rapidement de l’électricité aux populations des bidonvilles, faute de quoi, s’inquiète Anna Tibaijuka, « cela se traduira par une déforestation massive, une détérioration accrue de l’environnement, avec des conséquences aggravantes pour le réchauffement climatique ».

Et, dans les deux cas, qu’il s’agisse ici de rénover d’anciens gratte-ciels ou, là, d’installer de petites usines hydro-électriques ou des usines fonctionnant aux bioénergies, ce sont autant de nouveaux marchés à prendre.

Publicado el 02/11/2015 - Modificado el 09/06/2017

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