Donal Tusk en 2010.
Donald Tusk en 2010.
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L'euro en 2012

Une nouvelle fois, ce sont les sujets européens qui divisent le pouvoir polonais. Alors que le Premier ministre Donald Tusk adopte une feuille de route pour adhérer à l’euro début 2012, les conservateurs s’y opposent. Mais pour la première fois, le président ne se prononce plus contre la monnaie unique.
Por Patrick Adam -

Cap sur l’intégration monétaire ! Le gouvernement polonais a adopté une feuille de route et une nouvelle échéance pour l’adhésion à la zone euro. Sans révéler les détails de son plan, le Premier ministre Donald Tusk évoque « un calendrier ambitieux pour l’entrée dans la zone euro d’ici la fin de 2011 »,  une manière de ne pas se dédire après avoir un peu rapidement annoncé que septembre 2011 serait la date fatidique. Dans les faits, l’objectif est donc le 1er janvier 2012, après plusieurs reports.

L’ancien gouvernement, eurosceptique, prévoyait de remplir les critères de Maastricht en 2009 et d’organiser un référendum sur la question en 2010.

Parmi les dix nouveaux adhérents à l’Union européenne en mai 2004, la Pologne fait figure de mauvais élève. Entre les déficits qui se creusent et le chômage qui grimpe, la Pologne voit au même titre que les autres grands pays issus de l’ex-bloc soviétique les difficultés s’accumuler. Alors que la Roumanie et la Bulgarie, qui n’ont adhéré à l’UE qu’au début 2007, prévoient de souscrire à l’euro au plus vite, Varsovie comme Prague et Budapest restent en dehors des « mécanismes de taux de change ERM-2 » qui imposent une transition de deux années avant d’accéder à l’Union économique et monétaire. Mais Varsovie annonce que des négociations débuteront au cours du premier semestre 2009 afin d’intégrer cette première étape.

Parmi les pays qui sont devenus membres de l’Union européenne en 2004, la Slovénie a devancé les autres et la petite Slovaquie, quant à elle, deviendra au 1er janvier le seizième Etat à adopter la monnaie unique.

La surprise du président

Mais en Pologne, comme souvent dès lors qu’il s’agit de questions européennes, l’euro oppose le gouvernement dirigé par le libéral Donald Tusk aux conservateurs conduits par Jaroslaw Kaczynski. Ces derniers jugent ces échéances trop proches et insistent pour l’organisation au préalable d’un référendum. Or, l’entrée dans la zone euro passe par un changement de la Constitution, impossible sans le soutien du parti Droit et Justice (PiS) de Jaroslaw Kaczynski, frère jumeau du président. Le Premier ministre devra donc composer.

Mais à la surprise générale, Donald Tusk a reçu mardi le soutien inattendu de Lech Kaczynski. Pour la première fois, le chef de l’Etat se désolidarise de son frère. « Je ne me passionne pas pour l’euro… mais je suis prêt à en discuter », a-t-il affirmé, ajoutant qu’il était « bon qu’une telle perspective existe et que nos partenaires le sachent. Cela stabilise notre situation ». Autre signe de changement de la ligne présidentielle, le chef de l’Etat n’a pas prononcé le mot « référendum », pourtant indissociable à ses yeux de la question de l’euro.

Après ces propos apaisants, Donald Tusk s’est réjoui de ce que « pour la première fois, le président a tenu des propos qui permettent de croire que ce projet sera accepté ou au moins considéré avec tout le sérieux ».

Publicado el 29/12/2015 - Modificado el 29/12/2015

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