Cuivre
Du cuivre brut.
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Les métaux brisés par le krach mondial

La semaine des métaux a débuté le 13 octobre 2008 à Londres. Ce rendez-vous annuel où producteurs et négociants du monde entier se retrouvent pour partager leurs points de vue sur l’évolution des marchés, intervient cette année [2008] en pleine descente aux enfers sur les marchés des non ferreux.
Por Dominique Baillard -

Dans le mouvement général de chute des cours des matières premières provoqué par la débâcle financière, les métaux sont en train de payer le plus lourd tribut à la crise.

La semaine qui s’est achevée sur un véritable vendredi noir restera dans les annales du marché de Londres par l’importance des pertes constatées sur l’ensemble des non ferreux. En une semaine, le zinc a reculé de 9%, le plomb de 14%, l’étain de 18%, le nickel et le cuivre de 20%.

C’est la pire chute jamais enregistrée depuis le début des cotations sur le marché de Londres pour le métal rouge.

Le nickel, qui a été à un moment le métal le plus cher de tous les temps, c’était en mai 2007, quand son cours dépassait les 51 000 dollars la tonne, ne vaut plus que 12 000 dollars la tonne, c’est-à-dire son prix de mai 2004.

La plupart des métaux valent moins aujourd’hui qu’il y a deux ou trois ans. Les marchés du zinc, du nickel et de l’aluminium sont entrés dans la zone rouge avec des cours maintenant inférieurs à leurs coûts de production.

Les métaux étant avec le pétrole les matières premières les plus sensibles à la menace d’une récession, la violence de la correction qu’ils ont subie est en partie justifiée.

Le cuivre, le pilote des non ferreux, par l’importance de la production et des échanges qu’il génère, est maintenant totalement corrélé à la courbe du Dow Jones.

C’est pourquoi, tant que la panique boursière ne sera pas calmée, il parait difficile d’envisager une stabilisation des non ferreux. Pourtant plusieurs éléments plaident en faveur d’une pause.

D’abord pour les métaux cotés maintenant en dessous de leurs coûts de production, la spirale baissière va rapidement se heurter à la réaction des compagnies minières.

À 12 000 dollars la tonne, la moitié des mines de nickel ne sont plus rentables, comment imaginer que l’extraction continue à ce niveau de prix, soit le marché prend en compte cette donnée et remonte, soit la production sera rapidement suspendue. Que les cours continuent à s’effriter est plausible mais qu’ils retombent en dessous des plus bas historiques semble plus improbable. À 1200 dollars la tonne, le plomb reste dans la fourchette des prix les plus élevés de ces 20 dernières années.

Enfin, dernier argument qui plaide plutôt en faveur d’une pause plutôt que d’un effondrement des cours, la confiance des investisseurs. Au troisième trimestre, 500 millions de dollars sont sortis des marchés des non ferreux, tandis que l’ensemble des matières premières perdait en valeur 60 milliards de dollars.

Publicado el 25/02/2016 - Modificado el 25/02/2016

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