Riz
Des grains de riz.
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L'année folle des matières premières

À l’approche de Noël, les marchés commencent à fonctionner au ralenti.
Por Claire Fages -

Le volume des transactions se réduit considérablement, ce qui peut d'ailleurs réserver des surprises, car dans ces conditions de marché restreint, les cours peuvent être nerveux. Mais cette trêve est idéale pour revenir sur une année extraordinaire. Celle du retournement brutal d’un cycle haussier des matières premières. Un cycle unique par sa durée et son ampleur : la Banque mondiale a calculé qu’en dollars constants, les prix moyens des matières premières avaient augmenté de 109% entre 2003 et 2008. Un cycle unique parce qu’il a pour la première fois touché tout le spectre des matières premières, et pas seulement les métaux et les produits agricoles comme à la fin des deux guerres mondiales ; ou seulement l’énergie et les prix agricoles dans les années 1970.

Stimulée par la croissance chinoise, la demande mondiale d’hydrocarbures, d’acier, et donc de fer et de nickel, mais aussi de cuivre, ou de métaux rares comme le cobalt, semblait impossible à satisfaire. Le lait en poudre a été une denrée rare pendant un temps, tout comme les céréales, dont le riz. Certains États limitèrent même les exportations pour préserver leur marché national, alimentant d’autant la pénurie mondiale… et la flambée des prix, dramatique pour certaines populations d’Afrique ou d’Asie.

Le cycle fut unique enfin par la dégringolade sévère, à l’œuvre depuis l’automne. Le pétrole a perdu les ¾ de sa valeur depuis le déclenchement de la crise financière. Les matières premières s’étaient elles-mêmes financiarisées. Durant le boom, elles avaient attiré les investisseurs et les spéculateurs bien au-delà des opérateurs traditionnels sur ces marchés. De 10 milliards de dollars d’actifs on était passé à 270 milliards de dollars en huit ans !

Aujourd’hui, c’est la récession qui frappe les pays riches, et le ralentissement de la croissance chinoise, à son plus bas niveau depuis dix ans, qui assèchent brusquement les besoins. Témoins, les stocks qui se reconstituent et contraignent les compagnies minières, par exemple, à fermer des sites d'extraction. Les plus optimistes estiment que ce coup de frein n'est qu'une correction sur des marchés promis à une nouvelle expansion. Pour d'autres, c'est la fin d'une époque et il n'y aura pas de retour aux plus hauts de l'été 2008.

La recession dans les pays riches et le ralentissement de la croissance chinoise qui assèche les besoins, oblige les compagnies minières à constituer des stocks et à fermer les sites d'extractions.

Claire Fages, journaliste de RFI (02:02)

Publicado el 24/02/2016 - Modificado el 24/02/2016

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