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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

La zlec est-elle bien partie ? On peut le souhaiter, tout en remarquant la profonde originalité du mot : la zlec, un acronyme peu banal par son apparence et sa prononciation. La zlec, c’est en effet la zone de libre-échange continentale africain. Et un acronyme c’est une suite d’initiales qui se prononce comme un mot. Mais la plupart du temps, le sigle, le nouveau mot fait de ces lettres successives s’y prête ! Il se prononce facilement. Parfois il est même conçu au départ pour être prononcé, avec même une idée derrière la tête : le Pacs, le pacte civil de solidarité évoque évidemment la paix.

Mais le zlec… voilà qui témoigne d’une intrépidité phonologique qu’on peut saluer. On jurerait une officine d’espions balkaniques datant de l’époque soviétique dans quelque roman dont le héros est un agent secret séducteur…

Et bien le zlec, ce n’est pas ça du tout ! C’est une zone de libre-échange.

Mais les expressions qui évoquent les zones se prêtent aisément à l’acronyme, même si en général, on met une voyelle après le « z » pour accommoder plus facilement la sonorité !

Mais le « z » est incroyablement prolixe, et on se souvient facilement des zup, des zac, des zep, des zad…

La zup est certainement la plus ancienne, née au début des années 60 : zone à urbaniser en priorité. On est dans cette période assez faste de l’après-guerre, connue sous le nom des trente glorieuses : une belle croissance économique et du travail pour presque tout le monde. Ce qui a comme conséquence un gros exode rural : on se masse en ville, ou autour des villes quand il n’y a plus de place à l’intérieur de la cité. L’immigration des travailleurs est importante aussi : des hommes, laissant souvent derrière eux femme et famille, viennent travailler en France. Où vivent-ils ? Souvent entassés dans des logements insalubres, des bidonvilles. Pour les remplacer, pour gagner en confort et en dignité, on envisage des espaces à aménager, et la construction d’habitations aux loyers peu chers. Les zup vont naître : un progrès évident sur les bidonvilles ! Mais à terme des problèmes vont se faire jour, avec des cités sans beauté, et sans mixité sociale. On améliore les zup en créant les zac, les zones d’aménagement concerté. L’habitat devient plus familial, les enfants, puis les adolescents vont à l’école, mais là encore tout n’est pas rose. Et voilà les zep qui entrent en lice, les zones d’éducation prioritaire dont la vocation est de lutter contre l’échec scolaire.

Et puis on a d’autres terrains dont la destination est en train de changer, et qui sont qualifiés administrativement de zad : zone à aménagement différé. On appelle ainsi des espaces qui doivent être rénovés, ou qu’on destine à un usage particulier (un barrage, un aéroport…) Et cette disposition est destinée au départ à empêcher la spéculation sur des sols dont la valeur peut augmenter si l’on sait qu’ils vont être métamorphosés.

Mais ces projets ne plaisent pas à tout le monde, et suscitent des oppositions très fortes et parfois victorieuses. C’est ce qui s’est produit précisément à Notre-Dame-des-Landes, et les militants qui se sont insurgés ont requalifié ces lieux en gardant le sigle, mais en détournant son contenu : zad : zone à défendre. Ainsi sont nés les zadistes qui ont beaucoup fait parler d’eux ces derniers temps, et qui parfois, dans ces lieux qu’ils ont investis, ont tenté un nouvel « aménagement » de l’espace : une agriculture raisonnée, un peu d’artisanat, un habitat léger qui privilégie les matériaux naturels, mais aussi bien d’autres initiatives spontanées, improvisées, souvent éphémères et libertaires dans ce qui s’est parfois appelé « zone d’anarchie démentielle… »

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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