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Transatlantique

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Avec le Sommet de l’Otan qui s’est ouvert hier, on assiste, nous dit RFI à des « retrouvailles transatlantiques ». Le sens est clair : cela évoque un partenariat possible, ou en tout cas une certaine entente, entre les États-Unis et quelques pays d’Europe de l’Ouest, alors les que les relations étaient bien plus tendues lors du mandat de Donald Trump. Mais cet adjectif transatlantique n’est pas là par hasard. Ces retrouvailles se font à l’occasion du sommet de l’Otan, c’est-à-dire de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord, qu’on appelle également Alliance atlantique ou parfois Alliance transatlantique. Une alliance politico-militaire, née en 1949, et qui a accompagné tout ce qu’on a appelé la guerre froide. Le symétrique de l’Otan était donc à peu près le pacte de Varsovie, qui rassemblait autour de l’URSS les pays sous influence soviétique. L’idée de l’Otan était donc essentiellement de prémunir les États d’Europe de l’Ouest de possibles visées expansionnistes de l’Union soviétique. Ces États qui se sentaient potentiellement menacés se liaient donc au puissants États-Unis. Et c’est bien ce qui explique cette dénomination : alliance transatlantique, une alliance qui se noue des deux côtés de l’océan, en traversant l’océan. La logique géographique est si forte qu’on a même parlé d’atlantisme à propos d’une politique européenne qui regardait vers l’Amérique du Nord, et le mot est encore relativement usuel.

L’adjectif transatlantique existait déjà évidemment, en référence à ce qui traverse cet imposante étendue d’eau. Et il s’était depuis longtemps appliqués aux bateaux capables de faire ce trajet. On le trouve dès le milieu du 19e siècle, à propos non seulement de bateaux qui pouvaient relier les deux continents, mais surtout de navires embarquant des passagers, soit dans des conditions luxueuses, (on a des cabines de première classe), soit de manière bien plus modeste : toute l’immigration pauvre qui a peuplé les États-Unis s’est faite grâce à ces bateaux. Mais les embarcations sont grosses : des paquebots transatlantiques et bientôt des transatlantiques tout court.

Les traversées durent plusieurs jours, et les passagers n’ont pas grand-chose à faire. Bien souvent ils se reposent sur des chaises longues, dépliantes, qu’on installe sur les ponts, et qui vont finir par prendre le nom du bateau. Des transatlantiques ? Ou et plus souvent encore des transats ! L’abréviation est courante, et elle existe encore pour désigner ce genre de chaise, mais qu’on peut trouver dans n’importe quel endroit : on peut installer un transat dans son jardin s’il fait beau : pas besoin d’être sur l’eau !

Mais on voit que ce préfixe trans-, qui signifie au-delà, ou à travers, a souvent été utilisé pour des moyens de transports au long cours et notamment des lignes de train mythiques. Trans-Europe-Express par exemple, mais surtout Transsibérien, à propos du train qui relie Moscou à Vladivostok, face au Japon : il traverse la Sibérie, permet d’aller au-delà. Et il a été rendu très célèbre par la Prose du Transsibérien, poème en vers libre de Blaise Cendrars, qui date de 1913, et qui constitue un genre de révolution poétique.

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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