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Séparatisme

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

« Offensive des séparatistes dans l’est de l’Ukraine ». « Macron veut lutter contre le séparatisme islamique » ! Ce sont deux titres relevés le même jour, hier, parmi les informations de Rfi. Deux titres utilisant le même mot ou presque – séparatisme et séparatiste, mais on voit bien que les deux termes sont très intimement liés : ils désignent une doctrine ou un but politique d’un côté, et ceux qui militent ou qui luttent pour y parvenir de l’autre. Mais les deux titres de Rfi sont situés dans deux contextes entièrement différents et l’idée de séparatisme y a deux sens absolument distincts, l’un assez ancien et relativement bien connu, l’autre bien plus récent. 

Le séparatisme est en général une tendance politique que le mot explique bien : un groupe, une région, une province veut se séparer de l’état dans lequel elle est incluse : on veut couper le cordon, mettre une distance, établir une frontière. Et selon les périodes, les histoires et les géographies, les séparatistes peuvent être désignés ou se désigner eux-mêmes avec d’autres mots : sécessionnistes par exemple : ils veulent se séparer, donc faire sécession, et ce dernier mot a un sens spécifiquement politique, alors que séparer est un mot aux usages multiples, qui s’éloignent bien souvent de l’histoire et de la politique. Ces sécessionnistes on les a trouvés par exemple an Amérique du Nord, pendant cette guerre terrible qui entre 1861 et 1865 a opposé le nord et le sud. Une guerre qu’on appelle souvent, en français, la guerre de Sécession. Étrange appellation d’ailleurs, plus rarement reprise en anglais (aux États-Unis, on parle en général de la guerre civile). Étrange puisque les sécessionnistes ont perdu. L’issue de la guerre a vu  les États-Unis réunifiés précisément. La Sécession a échoué même si le clivage nord-sud est resté longtemps très fort. Les séparatistes se qualifient souvent eux-mêmes d’indépendantistes : ils veulent fonder une nation indépendante. Autonomiste est-il un synonyme ? Pas exactement : revendiquer l’autonomie est souvent un peu différent : on coupe les ponts moins radicalement, on continue à faire partie d’un ensemble, même si on a une grande liberté de manœuvre par rapport à un pouvoir central. Quant à notre premier mot de séparatiste, il peut brouiller parfois les cartes : on peut vouloir se séparer d’une nation non pour en constituer une nouvelle, mais pour s’agréger à une autre. C’est ce que certains évoquent parfois en Ukraine : on parle souvent de séparatiste prorusse. Certains veulent l’indépendance, d’autres le rattachement à la Russie.

Mais le séparatisme islamique recouvre des notions bien différentes : il ne s’agit pas –ou pas seulement -  d’indiquer un communautarisme qui voudrait séparer les musulmans du reste de la population française. Ce séparatisme interdit les rapports, les relations entre personne, impose une séparation des garçons et des filles, des hommes et des femmes. Le contraire de ce qu’on appelle le « vivre ensemble », une expression souvent un peu cliché, mais qui a au moins le mérite de mettre en garde contre les exclusions et les développements séparés.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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