#El francés en la actualidad

Sauvage

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Le monde sauvage menacé ! C’est ce qu’indique un rapport du Fonds mondial pour la nature, dont la presse vient largement de parler. Le nombre d’animaux sauvages diminue singulièrement : 60 % de moins en un peu plus de quarante ans, un dépeuplement qui a de quoi inquiéter. Mais qu’appelle-t-on exactement des animaux sauvages ? En fait, presque tous les animaux. Tous ceux qui vivent sans que les humains s’occupent de leur survie, bref tous ceux qui ne sont pas dans un rapport d’appartenance, qui ne sont pas la propriété des hommes. Alors bien sûr, on exclut de ce monde sauvage les animaux de compagnie, le chien, le chat, le canari en cage et le poisson rouge en bocal. On en exclut aussi tous ceux que les humains élèvent pour en profiter, les animaux de la basse-cour, les troupeaux. On voit bien que les animaux qui ne sont pas sauvages sont ceux qui ont un espace de vie délimité : souvent parqués, et, d’une certaine façon, assignés à résidence. On peut même penser à quelques cas limites : les huitres, ou les saumons.

Mais dit-on la même chose lorsqu’on parle d’animaux sauvages et de bêtes sauvages ? Cette dernière expression a un caractère particulier et témoigne d’une certaine crainte, d’une certaine appréhension : la bête sauvage n’est pas si éloignée de la bête féroce : c’est celle qui peut menacer l’homme, lors d’une rencontre inopinée. Et, elle appartient à un espace qui n’a pas été domestiqué ou altéré par l’activité humaine. Du moins, c’est l’écho qu’on entend dans l’usage ancien du mot : sauvage est de la même famille que le mot latin qui signifie forêt, silva, d’où nous vient en français l’adjectif sylvestre. Et la forêt, anciennement, correspond à ce lieu que l’homme n’a pas modelé ou soumis. Ni ville, ni campagne cultivée, ni pâture, la forêt se tient en marge de la civilisation, et en cela, elle inquiète : l’homme ne s’y sent pas chez lui. Et, c’est dans cette nature sauvage par excellence qu’on peut se sentir menacé par des bêtes qui ne le sont pas moins.

Le mot sauvage ne s’applique pas uniquement aux animaux, mais la sauvagerie garde souvent un lien avec l’idée de férocité, c’est ce qui échappe au poli de la civilisation. Le mot a souvent été péjoratif. Pour les gens qui se considéraient comme civilisés, le sauvage était celui qui vivait encore à l’état de nature, ou ce qui pouvait passer pour tel aux yeux par exemple des peuples colonisateurs qui rencontraient des populations vivant de manière très éloignée de la leur, et n’ayant pas accès aux mêmes réalisations techniques.

Mais au sein d’une même culture, on verra encore ce terme prendre un sens particulier. Il est presque synonyme de timide, isolé, qui ne se mêle pas volontiers aux autres, qui se tient en retrait des codes sociaux.

Avertissement !

Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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