#El francés en la actualidad

Remaniement

mots-actu_r.png
RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Voici les remaniements à l’ordre du jour : En Argentine ou en France, ils font l’actualité. Et on parle bien sûr des remaniements ministériels. Qu’est-ce qu’on entend par là ? S’agit-il d’un nouveau gouvernement du remplacement d’un gouvernement par un autre ? Non justement.  Lorsque l’on parle de remaniement, c’est bien qu’on décide de garder à peu près le même gouvernement. Mais pas tout à fait : on le modifie, on le transforme… On remplace un, deux trois ministres… On supprime ou on créée un nouveau ministère éventuellement. Il peut y avoir des remaniements légers, et d’autres plus profonds. Mais a priori le chef du gouvernement ne change pas (en France c’est le Premier ministre) et le cap général n’est pas vraiment transformé !

Ce mot est le plus souvent aujourd’hui employé lorsqu’il s’agit d’une équipe gouvernementale, mais le terme peut se trouver pour indiquer une nouvelle donne qui concerne n’importe quelle équipe. Néanmoins son usage politique lui a donné une certaine envergure : donc on le rencontrera lorsqu’il s’agit de groupes dont les responsabilités sont importantes.

Le nom remaniement, comme le verbe remanier s’utilisent dans une toute autre situation, qui concerne les productions de l’esprit : On remanie surtout un texte : souvent littéraire, mais pas exclusivement : on peut remanier un rapport, une lettre… Et il s’agit toujours d’un travail second : on a une première version, d’un poème, d’un roman, d’une pièce de théâtre. Et on retravaille dessus, pour le changer en espérant bien sûr l’améliorer, en modifiant soit l’apparence – les phrases, les mots, les dialogues – soit l’architecture elle-même : on inverse des chapitres, on met la fin au début…

Que l’on remanie un gouvernement ou un roman, il s’agit bien d’une opération intellectuelle. Et pourtant, rien de plus contraire à l’origine de « remanier » : on devrait faire ça avec ses mains. Le terme même de main est encore perceptible dans remanier. Et plus encore dans manier, ce verbe qui en est à l’origine : manier n’est pas loin de manipuler, avec un sens plus concert peut-être : un cuisinier manie une pâte, il la pétrit, la malaxe de ses doigts, de ses paumes. Et cela indique aussi une aisance, un savoir-faire avec ce qu’on a dans la main : on manie les armes, plus ou moins bien par exemple. Et le mot a probablement subi l’influence d’un autre qui n’est pas si lointain : manœuvre n’est pas si loin de maniement. Manœuvrer est proche de manier. Et, en se souvenant de l’un des sens du mot manœuvre, le verbe manier s’utilise souvent à propos d’un véhicule que l’on conduit ou que l’on pilote : on sait manier une voiture, une moto, ou un avion.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

Canopé

Coproduction du réseau CANOPÉ.
http://www.reseau-canope.fr/

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJDOJD Dénombrement des médias