#El francés en la actualidad

Rapatriement

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Le gel de la plupart des voyages, la réduction très importante du trafic aérien rend difficiles les rapatriements même quand ceux-ci sont nécessaires. C’est le cas pour des Français coincés en Australie, pour des Congolais qui sont dans les Émirats, pour ne citer que ces deux exemples récemment rapportés par RFI. Problème donc pour les rapatrier c’est-à-dire les ramener dans leur pays. Et lorsqu’on parle de rapatriement, on parle toujours de ramener quelqu’un. Comme s’il ne pouvait plus le faire tout seul. Ou qu’il ne le voulait pas. Mais en tout cas, il est pris en charge par son pays d’origine (notamment dans le cadre d’un rapatriement sanitaire, pour raisons médicales) pour le ramener au bercail, comme on dit familièrement, comme si c’était une brebis égarée. Et si je prends cet exemple d’une brebis égarée c’est bien parce que le bercail, quand le mot est pris dans son sens d’origine, qui n’a rien de familier, c’est la bergerie ou parfois simplement l’enclos où l’on garde le troupeau.

Mais alors pourquoi rapatrier, et non tout simplement « repayser » ? C’est que ce mot « repayser » n’existe pas. On parle bien d’être dépaysé (avoir un sentiment d’étrange nouveauté quand on est loin de chez soi) mais on n’a pas en français de symétrique de ce mot. Et il est vrai que ce mot rapatrier, qui souligne l’idée de patrie, en rajoute donc un peu sur l’idée d’appartenance, et même d’histoire et d’ancienneté : on revient sur la terre de ses pères. Mais fréquemment, on a cet écho quand il s’agit de revenir de loin, ou après une longue absence : on parle du retour d’Ulysse dans sa patrie, et non dans son pays.

Il faut aussi se souvenir que le rapatriement est le symétrique d’un autre mot et d’un autre déplacement, l’expatriation. La symétrie n’est pas totale : on voit que les terminaisons ne sont pas les mêmes. Et la prise en charge n’est pas la même non plus : les expatriés quittent d’eux-mêmes leur pays. Et pour un temps assez long ; il ne s’agit pas de prendre des vacances ! On s’établit, pour quelques mois, quelques années, ou pour toujours dans un autre pays, en général pour y travailler, en tout cas pour s’installer. Est-ce qu’on se mêle totalement à la vie de ce nouveau pays ? Plus ou moins, puisque justement on parle bien souvent du milieu des « expat ». Et lorsqu’on emploie ce mot, c’est bien souvent de manière un peu péjorative, pour montrer du doigt une population qui vit en circuit fermé. Et fréquemment des gens qui viennent de pays différents, mais ont en commun d’être des étrangers, et souvent des gens d’un certain milieu social, avec une certaine aisance financière dans un pays où ils vivent plutôt luxueusement : l’expat n’est pas le néo-colon, mais il s’en rapproche. En tout cas dans l’esprit de celui qui emploi le mot !

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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