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Obsolescence programmée

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

C’est en Italie que ça se passe, et à nouveau deux firmes industrielles de première importance, Samsung et Apple sont condamnées pour des pratiques d’obsolescence programmée. Cela concerne des téléphones qui ont été conçus pour ne pas pouvoir accepter des mises à jour qui leur permettraient d’utiliser de nouveaux logiciels. Or, l’arrivée de ces nouveaux logiciels était envisagée de longue date. Les utilisateurs de ces téléphones ont donc été contraints de changer d’appareil, d’en racheter de nouveaux bien plus tôt que si les machines avaient été prévues pour accepter ces innovations prévisibles. C’est donc ça l’obsolescence programmée. On programme, c’est-à-dire qu’on conçoit délibérément, des instruments qui vont vieillir vite. On utilise donc la rapidité des progrès pour s’enrichir d’une façon qui est considérée comme malhonnête. On vend des téléphones dont on sait qu’ils ont une durée de vie et d’efficacité limitée. Pourquoi le procédé est-il si pervers ? Parce que l’objet ne vieillit pas en fonction de son usure, mais de son incapacité à s’adapter à l’évolution technologique : il marche encore très bien, mais il n’est plus d’actualité ! Pourtant cette idée d’obsolescence programmée s’applique parfois à des produits qui ne sont pas construits pour durer : on sait qu’ils tomberont en panne au bout d’un certain temps, qui correspond souvent à la durée de la garantie proposée. Dès que ce temps est dépassé, et donc qu’on n’est plus couvert par cette assurance.

Et pour exprimer cela, on se sert d’un mot ancien, obsolète, et de son dérivé moderne, obsolescence. Paradoxe : cette notion d’obsolescence n’est particulièrement pas obsolète.

Obsolète en effet signifie sorti d’usage, qui ne correspond plus aux besoins et aux pratiques d’aujourd’hui : ce qui est obsolète appartient au passé. Ce n’est pas un synonyme exact de désuet : ce qui est désuet fait intervenir une idée de plus subjective : c’est passé de mode, suranné. Que ce soit une élégance, une manière de parler ou une façon d’être, ça a été décoloré par le temps. Et si l’on parle d’un mot tombé en désuétude, il s’agit de celui que plus personne n’emploie : il existe encore dans les vieux dictionnaires, mais la langue d’aujourd’hui l’a oublié.

Avertissement !

Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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