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Journal en français facile 20/10/2020 20h00 GMT

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RFI
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Romain Auzouy : Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile.
À la une ce soir : la mobilisation des autorités françaises contre l'islam radical. Le Président Emmanuel Macron était aujourd'hui à Bobigny près de Paris, il a annoncé la dissolution du collectif pro-palestinien Cheikh Yassine. Demain aura lieu un hommage national à Samuel Paty, l'enseignant assassiné vendredi à Conflans-Sainte-Honorine.

Un nouveau signe des normalisations des relations entre Israël et les Émirats arabes unis. Une délégation émiratie s'est rendue aujourd'hui à Tel Aviv et des accords économiques entre les deux pays ont été annoncés.

Et puis Google attaqué par la justice fédérale américaine. Le géant de l'internet accusé de position dominante. C'est une décision historique et l'aboutissement d'un an d'enquête.

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RA : En France l'émotion reste très vive quatre jours après l'assassinat sauvage d'un enseignant à Conflans-Sainte-Honorine près de Paris. Les hommages se multiplient. En fin de journée des milliers de personnes ont participé à une marche blanche à Conflans-Sainte-Honorine. Demain est prévu l'hommage national en présence du Président Emmanuel Macron, depuis la cour de la Sorbonne à Paris. Et puis l'hommage de la classe politique aujourd’hui à l'Assemblée nationale, mais une classe politique divisée quant à la réponse à apporter après cette attaque. Anthony Lattier.

Chez les politiques, l’heure n’est pas à l’unité nationale. Le silence n’a duré qu’une minute. Rapidement, la politique reprend ces droits, et c’est à droite qu’on est le plus dur avec le gouvernement. Le député Les républicains Damien Abad : « Ne pas oublier c'est surtout monsieur le Premier ministre c'est ne pas oublier d'agir. Et depuis trois ans, votre majorité a refusé systématiquement toutes nos propositions contre l'islamisme radical ». Réplique du Premier ministre Jean Castex : « Toute occasion est saisie pour aligner pour nourrir la polémique et aligner les contre vérité. Ce n'est pas digne. Vous êtes dans l'incantation, nous sommes dans l'action. » Jean Castex chahuté, fait rare, c’est à gauche qu’il reçoit du soutien de l’insoumis Jean-Luc Mélenchon au communiste André Chassaigne : « Le pire ce serait de tomber dans le piège de la division, mais aussi de laisser croire que nos concitoyens de confession musulmane s'accommodent du terrorisme islamiste. Si c'était le cas, celui qui a ôté Samuel Paty à sa famille et à notre pays aurait gagné. » L’ensemble des députés se lèvent, sauf ceux de droite malgré le drame, l’heure n’est décidemment pas à l’unité nationale.

RA : Des critiques, mais les autorités continuent d'annoncer des mesures. Le Président Emmanuel Macron était en déplacement à la Préfecture de Bobigny près de Paris. Il a annoncé la dissolution du collectif pro-palestinien Cheikh Yassine, un collectif fondé par Abdelhakim Sefrioui, militant islamiste radical qui est actuellement en garde à vue dans l'enquête sur l'attentat de vendredi. 9 autres personnes se trouvent en gare à vue, la question est de savoir si le meurtrier, abattu peu après par la police, a pu bénéficier de complicités. Parmi les gardés à vue se trouve un parent d'élève de Samuel Paty qui avait appelé à la mobilisation après un cours sur la liberté d'expression au cours duquel Samuel Paty avait présenté des caricatures de Mahomet. Aujourd'hui on a appris que ce parent d'élève avait échangé avec le meurtrier sur la messagerie instantanée WhatsApp.

Direction maintenant Israël, avec la visite aujourd'hui d'une délégation officielle venue des Émirats arabes unis. Deux ministres et deux ministres adjoint qui se sont déplacés à Tel Aviv, il s'agissait de la première visite officielle depuis l'annonce de la normalisation des relations entre les deux pays, les Émirats arabes unis et Israël. Seuls quelques pays arabes ont « normalisé » leurs relations avec Israël. Pour ce déplacement il s'agissait de parler économie. Le compte-rendu de Guilhem Delteil, à Jérusalem.

Deux mois après l’annonce d’un accord de normalisation entre les deux pays, chaque étape de ce rapprochement reste marquée par une emphase de la part des acteurs. « Nous sommes en train d’écrire l’histoire » a déclaré Benyamin Netanyahu, le Premier ministre israélien, en accueillant l’avion. Alors que les États-Unis, toujours au premier rang de chaque étape de la naissance de cette alliance, ont qualifié le vol de moment « enthousiasmant » par la plume d’Avi Berkowitz, représentant de Donald Trump pour les négociations internationales. La page d’« histoire » écrite ce mardi portait avant tout sur les échanges commerciaux entre les deux pays. Ce sont d’ailleurs les ministres des Finances et de l’Économie des Émirats arabes unis qui menaient leur délégation nationale. Et le secrétaire au Trésor qui était à la tête de l’équipe américaine. Les trois pays ont annoncé la création d’un fonds de 3 milliards de dollars pour financer le développement régional, notamment des projets d’infrastructures au Moyen-Orient. Israël et les Émirats arabes unis ont également signé un accord exemptant les citoyens de chaque pays de visa. Cela devrait faciliter les échanges. Mais ce mardi, la délégation émirienne n’a pas quitté l’aéroport de Tel Aviv. Officiellement en raison de restrictions liées au coronavirus. La partie culturelle de ces visites devra attendre la fin de la pandémie. Guilhem Delteil, Jérusalem, RFI.

RA : En Bolivie les futurs chantiers du nouveau Président Luis Arce. Vainqueur de la présidentielle dès le premier tour avec plus de 52% des voix selon plusieurs sondages de sortie des bureaux de vote, les résultats officiels ne sont pas encore parvenus mais dès hier son rival Carlos Mesa a reconnu la large victoire de Luis Arce. Qui va donc devoir faire face à une crise économique très importante qui touche la Bolivie. Crise qui s'est aggravée avec la pandémie de coronavirus. Les plus touchés sont les travailleurs de l'économie informelle (leurs revenus ne sont donc pas déclarés). Écoutez ce reportage à La Paz de l'envoyée spéciale de RFI Oriane Verdier.

Dans une rue de La Paz plusieurs hommes attendent sur le trottoir à leur pied un insigne « Peintre et Maçon ». Daniel gagne sa vie au jour le jour, depuis la pandémie les chantiers se sont réduits et il ne croit pas que le MAS lui apporte un grand réconfort. « Ca va être très compliqué de reprendre les choses en mains. Peut-être que dans un an on sera au moins un peu stable, mais ça va être un vrai défi pour le gouvernement qui vient. Pour moi le coupable c’est le gouvernement de transition qui a beaucoup dépensé, ils ont prêté de l’argent aux entreprises publiques uniquement. Mais pour les gens de notre classe, il n’y a rien. Ici jamais personne ne pense à nous. Aucun gouvernement ne vient nous voir. C’est ça la réalité ». Sur le trottoir d’en face Virginia a le regarde résigné. Depuis la pandémie les gens n’achètent plus ses produits cosmétiques, ils gardent leur argent pour se nourrir. Elle pense même à arrêter de travailler. « Plus on vit plus les choses empirent. D’où est ce que le gouvernement va sortir plus d’argent ? Ils sont surtout en train de s’endetter de plus en plus. Avec les années qui passent je pense que ça va empirer. Il n’y aura même plus de travail ». La baisse du pouvoir d’achat n’est pas le seul problème auquel doit faire face Virginia. La concurrence a fortement augmenté avec la pandémie. Privé d’un emploi fixe les vendeurs ambulants se multiplient. Oriane Verdier, La Paz, RFI.

RA : La Bolivie qui est fortement touchée par la pandémie, c'est l'un des pays où le nombre de morts par habitants est le plus important avec 73 morts pour 100 000 habitants.

Une décision historique : les autorités américaines attaquent Google en justice. Le géant de l'internet accusé de position dominante. C'est l'aboutissement de plus d'un an d'enquête qui visait également d'autres géants comme Facebook et Apple. L'action est menée par le ministère de la Justice et 11 États américains. Washington estime maintenant avoir recueilli suffisamment d'éléments qui peuvent prouver que Google multiplie les pratiques anticoncurrentielles pour conforter sa position sur le marché des moteurs de recherche. Effectivement c'est historique car il s'agit là de la plus importante action judiciaire en plus de 20 ans menée par le gouvernement fédéral américain à l'encontre de l'un de ses géants des nouvelles technologies. Aabla Jounaidi.

La dernière action de cette nature c'était il y a 22 ans, contre Microsoft et cela s'était soldé par un règlement à l'amiable. Désormais, c'est au moteur de recherche utilisé par défaut par des milliards de smartphones que le gouvernement américain s'attaque. L'administration américaine en a fait un cheval de bataille en lançant il y a plus d'un an une série d'enquêtes visant les pratiques de Google, Amazon, Apple et Facebook. Ses dirigeants avaient été auditionnés cet été par les membres du Congrès. D'après le département de la justice, Google monnayerait la domination de son moteur de recherche, notamment sur les téléphones mobiles en excluant par ses pratiques de potentiels concurrents. La filiale alphabet a réagi sur Twitter en dénonçant de graves insuffisances dans la plainte. Si le client choisit Google, c'est par choix et non par manque d'alternative se défend la société. Les autorités européennes avaient déjà tranché l'an dernier en infligeant une amende de 4,3 milliards d'euros au groupe Alphabet pour pratiques déloyales. Pas de quoi faire frémir le géant capitalisé à 800 milliards de dollars. L'action lancée par le gouvernement américain pourrait prendre des années. Mais sa force, c'est qu'elle jouit d'un vaste soutien. 11 procureurs d'États se sont joints à la plainte et demandent des réformes structurelles à Google, déjà poursuivis dans plusieurs États américains.

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