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Journal en français facile 20/05/2020 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Bienvenue sur Radio France internationale; il est 22 h à Paris, 20 heures en temps universel, et c'est l'heure de votre Journal en français facile.

Jérôme Bastion : À la Une de l’actualité :

- L'Inde et le Bengladesh voisin ont commencé à être balayés par un très violent cyclone baptisé Amphan. Il a déjà atterri à Calcutta où on déplore une douzaine de victimes et des dégâts matériels. Trois millions de personnes ont été mises à l'abri.

- L'Allemagne interdit les contrats de sous-traitance dans ses abattoirs, après une série de contaminations au coronavirus ces dernières semaines. Ainsi le recours massif aux travailleurs détachés d'Europe de l'Est a été réduit.

- L'élection présidentielle aux États-Unis suscite de plus en plus de tensions, alors que la lutte contre le coronavirus impose des mesures difficilement compatibles avec un scrutin normal, mais le vote par correspondance a le don d'irriter Donald Trump, vous l'entendrez.

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Une partie de l'Inde et du Bengladesh est actuellement balayée par un très violent cyclone. Appelé Amphan, il a atteint il y a quelques heures la côte indienne, où des dégâts et sans doute aussi de premières victimes sont signalés. C'est l'une des tempêtes tropicales les plus puissantes des dernières décennies, avec des rafales à 175km/h. Amphan est arrivée par l'État du Bengale occidental avant de frapper sa capitale, la mégapole Calcutta. Correspondance de Sébastien Farcis.

La nuit vient de tomber sur Calcutta et le tempête entre en ville avec une puissance terrifiante. Les rafales à plus de 110km/h emportent la pluie à l’horizontale. Les cocotiers sont fouettés comme de simples fougères et les 15 millions d’habitants de cette mégalopole sont plongés dans le noir. L’électricité est coupée dans une grande partie de la ville, et à certains endroits, les fils électriques sont balayés par les vents et créent de violentes et dangereuses étincelles.  500 000 personnes ont été évacuées dans cet État du Bengale, principalement près des côtes inondables de ce delta du Gange, où le cyclone soufflait à 140 km/h en moyenne. Les autorités veulent éviter que ces évacuations entrainent une transmission du coronavirus et affirment que les centres d’accueil seront occupés à seulement 50% de leur capacité, ce qui est un vrai défi considérant le nombre de personnes à loger. Le cyclone Amphan va continuer sa route vers le nord-est et passer au Bangladesh pendant la nuit. Sa puissance devrait alors décroitre, pour souffler en son cœur, à 110 km/h. 

JB : Puis nous en revenons maintenant à l’actualité du coronavirus dont les derniers bilans viennent d’être publiés, la pandémie dans le monde a fait 325 232 victimes exactement. Et comme dans d'autres pays européens, l'Allemagne est confrontée depuis quelques semaines à une recrudescence d'infections au coronavirus dans de grands abattoirs industriels. Hormis les mesures sanitaires imposées dans les entreprises comme dans les environs, ces différents cas ont relancé les débats sur les conditions de travail dans ce secteur. Le Conseil des ministres allemand a adopté ce matin des mesures restrictives interdisant à l'avenir la sous-traitance dans cette branche. Pascal Thibaut.

Sans la pandémie de coronavirus, les nouvelles restrictions n’auraient sans doute pas été adoptées. Si les sociaux-démocrates ont souvent critiqué les conditions de travail dans les abattoirs, des règles plus contraignantes se heurtaient aux réticences des conservateurs et au puissant lobby de l’industrie agro-alimentaire. Les foyers de contamination qui se sont déclarés dans plusieurs abattoirs à travers l’Allemagne ont accéléré les choses. Berlin va interdire les contrats de sous-traitance pour les salariés de ces abattoirs. Cette pratique autorisait des conditions de travail plus précaires et un moindre respect des règles d’hygiène. Beaucoup d’entreprises recourt à de la main d’œuvre d’Europe de l’Est détachée en Allemagne. Le ministre du Travail Hubertus Heil : « Il n’est pas acceptable que les règles sanitaires et le droit du travail ne soient pas respectés par certains qui emploient des travailleurs étrangers. Cela conduit dans les zones concernées par des foyers de contamination à un reconfinement. La dignité et la santé des salariés d’où qu’ils viennent ne doivent pas être ignorés dans notre pays. » À partir du 1er janvier prochain, seuls des salariés de l’entreprise finale pourront travailler dans les abattoirs. Les industriels concernés dénoncent des mesures excessives et s’estiment victimes d’une discrimination, d’autres branches recourant elles aussi à la sous-traitance. Les nouvelles mesures pour les abattoirs pourraient conduire pour le consommateur à une augmentation du prix de la viande.

JB : Et puis je vous rappelle qu’en France également, 54 salariés d’un abattoir du Loiret et 69 salariés d’un autre abattoir dans les Côtes-d'Armor avaient été testés positifs au Covid-19, ces dernières semaines.

Aux États-Unis, la tenue des primaires et des autres élections posent un défi aux États qui tentent de trouver des solutions alternatives dans un contexte de lutte contre le coronavirus. Certains ont choisi le vote par courrier. Mais l’option est dénoncée par Donald Trump qui parle de méthode peu fiable. Le président a menacé aujourd'hui deux de ces Etats, le Michigan et le Nevada, de les priver de fonds fédéraux. Les précisions sur place de Loubna Anaki.

Dans une série de messages matinaux sur Tweeter, Donald Trump s’en prend à nouveau au vote par courrier. « Le Michigan a envoyé des bulletins de vote aux 7 millions et demi d’habitants, écrit le président avant d’ajouter, cela a été fait illégalement par un secrétaire d’État voyou ». Dans les faits, pour le moment, le Michigan a juste envoyé des formulaires pour ceux qui souhaitent recevoir les bulletins de vote par courrier. Demandes qui seront ensuite vérifiées et authentifiées avant l’envoi de bulletins de vote. Une méthode adoptée par plusieurs États pour la tenue des primaires démocrates et républicaines, mais aussi envisagée pour la tenue de l’élection présidentielle de novembre. Une façon d’éviter des bureaux de vote bondés vue la crise sanitaire liée au Coronavirus. Les électeurs qui souhaitent se déplacer pourront toujours le faire. Mais Donald Trump, depuis plusieurs semaines, menace à chaque fois qu’un État annonce faire le choix du vote par courrier. Le président et ses alliés républicains estiment, sans avancer de preuves, que cette méthode peut facilement donner lieu à des fraudes. Pourtant, Donald Trump lui-même a voté par courrier lors de la primaire en Floride, en mars dernier. Il ne critique pas non plus les États qui utilisent cette méthode depuis longtemps et où les Républicains obtiennent à chaque fois de bons résultats. Dans ces messages ce matin, il menace même de suspendre les aides fédérales au Michigan et au Nevada s’ils maintiennent l’option de vote par courrier.

JB : Donald Trump ne décolère pas avec la Chine. « L'incompétence de Pékin, selon lui, a provoqué une tuerie de masse mondiale », a-t-il écrit dans un tweet rageur. Le président américain affirme depuis longtemps que le bilan du Covid-19 aurait pu être évité si la Chine avait agi de façon responsable dès l'apparition du virus à Wuhan. Donald Trump qui a affublé son homologue Xi Jinping de qualificatifs de cinglé et d'abruti, et indiqué qu'il ne souhaitait plus lui adresser la parole pour l'instant.

L'OMS qui a fait état mercredi du plus grand nombre de nouveaux cas de Covid-19 dans le monde en une seule journée, 106 000 cas exactement, près des deux tiers de ces cas ont été déclarés aux États-Unis, en Russie, au Brésil et en Arabie saoudite.

Au Brésil où la progression de la maladie accélère, le gouvernement a recommandé mercredi l'usage de la chloroquine, une substance controversée également prônée par le président américain Donald Trump. Le bilan quotidien au Brésil, des victimes mortelles, est de 1 179. Au Venezuela, le principal service de télévision par satellite DirecTV a été suspendu ce mardi. Son propriétaire, l’entreprise américaine AT&T, a décidé de couper le service sous la pression conjuguée des sanctions américaines et du gouvernement vénézuélien. Pour les Vénézuéliens, dont un tiers avait l’accès à DirecTV, c’est un coup dur, surtout en pleine pandémie alors que la télévision représentait l’un des derniers luxes qu’ils pouvaient s’offrir. Benjamin Delille.

Les concerts de casseroles se sont fait entendre partout au Venezuela ce mardi soir avec une rare intensité. De quoi mesurer l’ampleur du mécontentement après la fermeture de DirecTV selon Hilda, en particulier dans les quartiers populaires comme le sien où les antennes de télévision sont légion : « Imaginez-vous une quarantaine sans télévision, sans accès à l’information. Et puis les enfants, qui sont stressés, qui pleurent, n’ont même plus accès à leurs programmes. Car ce qu’il reste avec la télévision nationale, ça ne parle que de la politique du gouvernement, ce n’est pas pour les enfants... » Malgré les sanctions de Washington, AT&T avait toujours le droit d’assurer son service au Venezuela. La seule restriction était de supprimer de sa grille les chaînes pro-gouvernementales Globovision et PDVSA TV, elles-mêmes visées par le département d’État américain. Et c’est justement ce qui a posé problème selon Alberto Ravell, ancien PDG de Globovision, aujourd’hui exilé. « La dictature a prévenu que si le signal de Globovision et de PDVSA TV était coupé, DirecTV serait interdit au Venezuela et ses directeurs arrêtés. C’est pour ça qu’AT&T a dû se retirer, parce qu’une entreprise nord-américaine ne peut pas négocier avec le régime. » À l’inverse, le gouvernement assure être dans son bon droit et accuse les États-Unis de vouloir censurer les chaînes qui ne lui sont pas favorables. En attendant, ce sont une fois de plus les Vénézuéliens qui paient le prix fort.

JB : C’est la fin de ce journal. Il est 22h10 à Paris. L'info revient dans 50 mn sur RFI.

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