#El francés en la actualidad

Journal en français facile 19/10/2020 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Vous écoutez RFI il est 22h à Paris, 20h en temps universel.

Romain Auzouy : Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile présenté ce soir en compagnie de Mehdi Meddeb, bonsoir Mehdi.

Mehdi Meddeb : Bonsoir Romain, bonsoir à tous.

RA : À la une ce soir : en France des mesures contre le djihadisme. Trois jours après l'assassinat d'un enseignant à Conflans-Sainte-Honorine près de Paris, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin annonce son souhait de dissoudre plusieurs dizaines d'associations. Et ce soir le Sénat a voté en faveur d'une proposition de loi portée par la droite pour lutter contre l’islamisme radical.

MM : Le retour de la gauche en Bolivie. Le socialiste Luis Arce a été élu dès le premier tour. Il était le candidat du parti d'Evo Morales. L'ex-président qui vit en exil en Argentine et qui a annoncé qu'il rentrait au pays « tôt ou tard ».

RA : Dans ce Journal en français facile également les révélations de l'ONG Human Rights Watch sur les conditions de détention en Corée du Nord.

MM : Et puis le point sur la pandémie de coronavirus, avec de nouvelles mesures restrictives annoncées aujourd'hui.

-----

MM : Trois jours après l'assassinat d'un enseignant près de Paris, l'heure est à la réponse des autorités.

RA : Plusieurs décisions ont été prises aujourd'hui. D'abord des opérations menées ce matin contre des individus et associations proches des milieux jihadistes. C'est le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin qui dirige ce dossier. Il annonce son intention de dissoudre plusieurs dizaines d'associations (c'est-à-dire de supprimer leur existence). Et dernière décision prise ce soir, le ministre de l'Intérieur annonce avoir demandé la fermeture de la mosquée de Pantin, qui avait notamment fait suivre sur les réseaux sociaux une vidéo dénonçant le cours sur la liberté d'expression présenté par l'enseignant assassiné et au cours duquel avaient été présentées des caricatures de Mahomet. Et puis ce soir le Sénat a voté en première lecture une proposition de loi contre l'islamisme radical. C'est la droite qui portait ce texte, et qui entend là montrer sa détermination sur le sujet. Anne Soetemondt.

229 voix pour, 23 abstentions. Le Sénat a voté ce lundi soir une proposition de loi de sa majorité de droite contre l’islamisme radical. Objectif : inscrire dans la Constitution la prééminence des règles de la République. Un vote contre l’avis du gouvernement mais qui a toutefois peu de chances de poursuivre son parcours parlementaire compte-tenu de la majorité marcheuse à l’Assemblée. Activisme de la droite sénatoriale donc, mais aussi du groupe LR à l‘Assemblée nationale. Chef de file des députés de droite, Damien Abad y est allé lui aussi de ses propositions. Ce matin dans le parisien il se prononce pour la création d’une épreuve sur la laïcité au brevet, d’un service national pour les jeunes de 4 à 6 mois ou encore d’un numéro vert pour que les enseignants signalent toutes les atteintes à la laïcité. Dernier outil de pression de la droite sur le gouvernement dégainé cette fois par le patron du parti. Un projet de referendum d’initiative partagé pour lutter contre l’islamisme. Le texte sera déposé devant le parlement si les mesures prises par le gouvernement sont insuffisantes prévient Christian Jacob.

MM : Et puis dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat de l'enseignant Samuel Paty, 15 personnes sont ce soir en garde à vue.

RA : Les enquêteurs cherchent à savoir si le meurtrier a pu bénéficier de complicités. Rappelons que le meurtrier a été abattu par la police peu de temps après les faits. Enfin un hommage national sera rendu mercredi à Samuel Paty dans la Cour de la Sorbonne en présence du chef de l'État Emmanuel Macron.

MM : L'ancien Président de la Bolivie Evo Morales annonce son retour.

RA : « Tôt ou tard nous allons rentrer en Bolivie » a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Buenos Aires la capitale de l'Argentine. Et c'est une déclaration qui intervient quelques heures après l'annonce de la victoire du candidat de son parti à la Présidentielle : Luis Arce l'emporte dès le premier tour avec plus de 52% des voix. Evo Morales avait fui en Argentine après sa démission suite à l'élection controversée de 2019. Depuis la Présidence par intérim était occupée par Jeanine Anez, opposante à Evo Morales. Avec l'élection de Luis Arce c'est donc le retour de la gauche en Bolivie. Son portrait avec Romain Lemaresquier.

Il incarne la continuité pour les partisans d’Evo Morales. Luis Arce en a d’ailleurs été son fidèle lieutenant pendant de nombreuses années après avoir dirigé la banque centrale bolivienne. Ministre de l’Économie et des Finances Publics entre 2006 et 2017, ainsi que brièvement en 2019, cet économiste âgé de 57 ans issu de la classe moyenne est considéré comme l’architecte du miracle économique bolivien. Il faut dire que les indicateurs ont bien changé pendant qu’il était aux affaires avec un PIB multiplié par 4 ou encore une pauvreté réduite de moitié. Ses détracteurs estiment qu’il a su profiter d’un marché des matières premières en hausse. La Bolivie, pour rappel, dispose de réserve conséquente de gaz, de lithium, de fer et de cuivre. Mais surtout ses détracteurs l’accusent de n’être qu’une marionnette d’Evo Morales. Pour faire taire les critiques, le candidat du Mouvement vers le socialisme, communément appelé le MAS, compte former un gouvernement d’union nationale pour sortir le pays d’une crise politique, mais également économique et sanitaire. Lui qui a vaincu le cancer est peut-être à même d’apaiser une société bolivienne très divisée depuis le départ d’Evo Morales.

RA : Et sa première réaction ce matin, quelques minutes après l'annonce de son élection : la Bolivie « a renoué avec la démocratie » déclare Luis Arce.

MM : Les révélations à présent d'une ONG sur le système judiciaire en Corée du Nord.

RA : Révélations qui font scandale, signée de Human Rights Watch. Dans un rapport on y apprend que les détenus sont traités « pires que des animaux ». L'ONG évoque la torture, les agressions sexuelles, l'humiliation, les aveux sous la contrainte. Difficile d'enquêter dans ce pays connu comme le plus fermé au monde mais Human Rights Watch s'appuie sur les témoignages de 22 anciens prisonniers, et d'anciens responsables nord-coréens. Écoutez les explications de Phil Robertson, c'est le directeur adjoint de Human Rights Watch pour l'Asie.

« On ne parle pas ici de prisonniers politiques ou d’ennemis de l’État, mais d’infractions de droit commun, comme des trafics de marchandises, des tentatives de se rendre en Chine ou la possession d’un téléphone portable chinois. Ces gens ont vécu des conditions de détentions effroyables, soumis à la torture pour passer aux aveux. Plusieurs personnes ont été victimes de violences et d’agressions sexuelles, voire de viols. Des détenus nous ont raconté qu’ils étaient contraint de s’agenouiller, les jambes croisées jusqu’à 16h par jour, s’ils bougeaient, les gardiens infligeaient une punition collective aux codétenus. Pour certains la seule nourriture en détention c’était 80 grammes de maïs bouilli par jour, un régime au bord de la famine, littéralement. La Corée du Nord doit admettre que son système de détention provisoire est truffé d’actes de torture. Le pays doit changer cela et demander de l’aide à la communauté internationale afin de créer un système respectueux des droits humains, un système impartial et qui ne sera pas directement sous le contrôle du Parti des travailleurs de la Corée du Nord. »

RA : Phil Robertson, directeur adjoint de Human Rights Watch pour l'Asie, interrogé par Jelena Tomic.

MM : En Europe de nouvelles mesures en ce début de semaine pour lutter contre la pandémie de coronavirus.

RA : Dans le sillage de la France où des couvre-feux nocturnes sont en vigueur depuis le week-end dernier. La Slovénie va adopter cette mesure à partir de demain mardi. En Slovénie où l'heure est au re-confinement, comme dans plusieurs autres pays d'Europe. On fait le point avec Béatrice Leveillé.

Toute l’Europe est balayée par la deuxième vague, au Pays de Galles, une des quatre nations du Royaume-Uni, un pare feu est mis en place avec l’instauration d'un confinement de deux semaines comme au mois de mars. Confinement également en Slovénie et en Suède, pour la première fois avec des confinements locaux. Les rassemblements privés seront limités à un maximum de six adultes à l'intérieur et douze personnes à l'extérieur. Les autrichiens sont appelés à « tout faire pour empêcher un second confinement ». L’Italie, le pays européen le plus touché par la première vague avec 414 000 cas et 36 500 décès a passé le cap des 10 000 nouveaux cas par jour. Le gouvernement impose des mesures strictes : les fonctionnaires passent au télétravail pour alléger les transports publics. Toutes les fêtes et foires locales sont annulées. Les maires pourront décider d’imposer des couvre-feux à 21 heures pour prévenir la flambée des cas et quant aux italiens qui ne portent pas de masques dans l’espace public, ils risquent une amende de 1 000 euros.

RA : Et puis en France on a appris aujourd'hui que la première dame du pays Brigitte Macron était cas contact, cela veut dire qu'elle a été en contact avec une personne qui a développé les symptômes du coronavirus. Elle va donc rester à l'isolement pendant sept jours, annonce son entourage. Elle n’a pas développé de symptômes.

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJDOJD Dénombrement des médias