#El francés en la actualidad

Journal en français facile 18/04/2021 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Loïc Bussières : Bonsoir et bienvenue dans votre Journal en français facile. Journal que je vous présente en compagnie de Zéphyrin Kouadio. Bonsoir Zéphyrin.

Zéphyrin Kouadio : Bonsoir Loïc, bonsoir à toutes et à tous.

LB : À la Une ce soir, l'état de santé d'Alexeï Navalny qui inquiètent ses soutiens. L'opposant russe emprisonné depuis début janvier est en grève de la faim.

ZK : Le climat qui se dégrade au Pakistan. Nouvelles manifestations anti-France, ce dimanche sur fond de droit de publier les caricatures de Mahomet. Des policiers ont été pris en otage, lors de ces rassemblements. Nous irons à Islamabad, dans quelques instants.

LB : Nous irons au Chili également dans cette édition. Le Chili où des algues toxiques ont tué près de 6 000 tonnes de saumons d'élevage. Le récit dans un instant, de notre correspondante à Santiago.

-----

ZK : Tout d'abord, l'inquiétude des partisans d'Alexeï Navalny. Les proches de l'opposant russe craignent pour sa santé.

LB : Ils affirment que ses jours sont comptés si Moscou n’accède pas à sa demande : Alexeï Navalny, emprisonné depuis le mois de janvier, exige de voir un médecin, et c'est pour cela mis en grève de la faim. Anastasia Becchio.

Quatre médecins russes qui affirment suivre l’opposant depuis des années, demandent à pouvoir l’examiner et lui prodiguer, le cas échéant, les soins dont il a besoin. Leur lettre ouverte au directeur des services pénitentiaires est publiée sur le site de Novaïa Gazeta. Parmi les signataires, Anastasia Vassilieva, présentée comme le médecin personnel d’Alexeï Navalny. Sur sa page Facebook, elle a publié les résultats des analyses sanguines de l’opposant, en prévenant, « sans intervention médicale, Alexeï Navalny peut mourir ». Les examens montrent un niveau de concentration de potassium dans le sang qui a atteint un niveau « critique », « ce qui signifie à la fois une fonction rénale altérée et que de graves problèmes de rythme cardiaque peuvent survenir d'une minute à l'autre », indiquent les médecins. Le cardiologue Alexeï Erlikh, lui aussi signataire de la lettre, prévient que le nourrir de force pourrait compliquer encore plus les choses. « Je ne sais pas qui décide du sort d’Alexeï Navalny, les services pénitentiaires, l’administration présidentielle ou Vladimir Poutine en personne, mais il faut une décision aujourd’hui-même », souligne le médecin dans son blog publié sur le site de la radio Écho de Moscou. Dans une adresse au président russe, une dizaine de députés de parlements locaux expriment la même requête et dénoncent des actions guidées par des motifs de « haine personnelle et politique ».

LB : Les proches d’Alexeï Navalny appellent à manifester mercredi prochain sur toutes les places centrales des grandes villes de Russie. De son côté, le président américain Joe Biden avertit qu'il y aura, je cite, « des conséquences » pour Moscou si Alexeï Navalny venait à mourir en prison. Les chefs de la diplomatie de l'Union européenne doivent par ailleurs se réunir autour de ce dossier.

ZK : La Russie qui est également montrée du doigt par la communauté internationale pour sa position vis à vis de l'Ukraine. Et ses dizaines de soldats déployés près de la frontière avec la Crimée.

LB : « Il faut des lignes rouges claires avec Moscou », insiste ce dimanche Emmanuel Macron dans une interview à la chaine US CBS. Le président français qui brandit la menace de possibles sanctions. « Elles ne suffisent pas en soi, mais c'est le seul moyen d'être crédible », explique-t-il.

ZK : L'actualité dans le monde, c'est aussi cet hommage national aux 80 000 morts du Covid-19 en Allemagne.

LB : À l'initiative du président Frank-Walter Steinmeier qui appelle son pays à l'unité face aux divisions que suscitent les restrictions imposées par Angela Merkel. Des manifestations « anti-masques » ont encore rassemblé plusieurs milliers de personnes dans plusieurs villes ce week-end.

ZK : Toujours concernant le Covid-19. En France, une quarantaine obligatoire pour les voyageurs en provenance du Brésil, d'Argentine, du Chili et d'Afrique du Sud.

LB : La mesure concerne également les voyageurs de retour de Guyane, qui devront désormais se soumettre à un isolement de dix jours. Paris compte ainsi limiter les effets du variant brésilien du Covid, réputé plus contagieux et plus dangereux.

ZK : En Inde, la situation sanitaire inquiète également au plus haut point. Avec plus de 260 000 nouveaux cas détectés hier. La pandémie explose comme jamais.

LB : Pourtant plus d’un million de personnes ont déjà participé au festival de la Kumbh Mela. Et des meetings avec des foules monstres sont organisés par le Premier ministre dans le cadre des élections législatives au Bengale. Pourquoi Narendra Modi s'entête-t-il à tenir ces rassemblements ? Quelles répercussions cette attitude peut-elle avoir pour le parti BJP ? Sidharth Bhatia, cofondateur et rédacteur en chef du média indépendant The Wire :

« Il est évident qu’au vu du nombre de fidèles et de leaders spirituels qui participent à ces festivités, le parti BJP ne peut pas ignorer cette manne électorale hindoue. L’ironie, c’est qu’ils ne l’ont pas seulement autorisé, mais encouragé. Il y a eu des pubs géantes dans les journaux qui disaient “Bienvenue à la Kumbh Mela”, le tout sans rappeler aucune des précautions. Et ça, c’est criminel. Par ailleurs, les élections au Bengale sont cruciales pour le BJP. Personne n’a envisagé de ne pas tenir de meetings, ou même de limiter leur taille. Narendra Modi est très performant lors de ses discours. Et plus ils sont nombreux, plus les télés vont le diffuser. Le Premier ministre et son parti sont aujourd’hui pris à leur propre piège. Tout le monde pensait que l’effondrement de l’économie en Inde porterait atteinte à la popularité de Narendra Modi, mais ça n'a pas été encore le cas. Mais cet épisode est plus dangereux. Si les personnes qui ont participé à ces rassemblements meurent et contaminent leur entourage, la population va le tenir responsable. Et cela va affecter son image. Reste à savoir à quel point. »

LB : Les propos de Sidharth Bhatia, rédacteur en chef du média indépendant The Wire. Propos recueillis par Côme Bastin.

ZK : Il est 1h06 à Islamabad, au Pakistan, la tension monte entre le TLP et le gouvernement.

LB : Le TLP, c'est le Tehreekh-e-Labbaik, un parti islamiste radical qui dirige depuis plusieurs jours des manifestations anti-France. Ce dimanche, lors d'un de ces rassemblements, au moins douze membres des forces de sécurité pakistanais ont été pris en otage à Lahore. Sur place, les précisions de Sonia Ghezali.

Les informations sont très confuses. La police affirme que plusieurs policiers ont été pris en otage aujourd’hui par des militants du TLP, le Tehreekh-e-Labbaik. Ces derniers auraient tenté ce matin de s’emparer d’un commissariat de police de Lahore, dans l’est du pays, où ils auraient kidnappé des policiers. Douze, selon certaines sources sécuritaires. Ce soir, le ministre de l’Information affirme que la situation est sous contrôle. Il indique qu’une opération d’envergure menée contre le QG de l’organisation extrémiste, située dans une école religieuse à proximité du commissariat de police pris pour cible, a permis de libérer les otages. Sur une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux, on voit un policier, le visage bandé, tâché de sang, l’air hagard, raconter avoir été pris pour cible par une foule de manifestants alors qu’il intervenait contre l’assaut du commissariat de police. Certaines sources sécuritaires affirment que certains policiers sont toujours retenus en otage au sein de la madrasa. Information démentie par le ministère de l’Information. Difficile de démêler le vrai du faux. Les militants du TLP restent très mobilisés. Leur chef a été arrêté en début de semaine. Le parti a été banni, il y a quelques jours, par les autorités pakistanaises. Le TLP exige que l’ambassadeur de France quitte le Pakistan en représailles aux propos d’Emmanuel Macron en octobre dernier qui a défendu le droit à la caricature. Sonia Ghezali, Islamabad, RFI.

ZK : En bref, le chef de l'opposition israélienne appelle à la formation d'un gouvernement.

LB : Yaïr Lapid qui veut éviter un cinquième scrutin législatif en deux ans, alors que Benjamin Netanyahu tente en vain de rallier extrême droite et islamistes pour se maintenir au pouvoir. Élu le mois dernier, mais sans majorité, il n'a toujours pas formé son gouvernement.

ZK : En Égypte, au moins onze personnes tuées dans le déraillement d'un train au nord du Caire.

LB : Trois semaines plus tôt, une collision entre deux trains avait déjà endeuillé le pays. Ce dimanche, ce sont huit wagons du train qui se rendait du Caire à Mansoura qui ont déraillé faisant également une centaine de blessés.

On se rend au Chili, pour refermer cette édition. Le Chili où près de 5 800 tonnes de saumons d'élevage sont morts asphyxiés après la prolifération d'algues toxiques dans plusieurs fjords du sud du pays. Les précisions à Santiago de notre correspondante, Justine Fontaine.

De grandes étendues brunes sur l'eau de plusieurs fjords. Voici à quoi ressemblent les épisodes de prolifération d'algues nocives observés dans le nord de la Patagonie chilienne depuis fin mars. Liesbeth van der Meer est directrice de l'ONG Oceana, qui milite pour la protection des milieux marins : « On observe plus fréquemment qu'avant des épisodes de floraison d'algues nocives, c’est à cause du changement climatique. C’est-à-dire qu’il y a des périodes de températures élevées combinées à de faibles pluies et des apports importants en nutriments, comme ceux de la salmoniculture, parmi d'autres activités. » Parmi les lieux concernés cette fois-ci, le fjord de Comau qui abrite un rare récif corallien d'eau froide, proche de la surface. Vreni Häussermann est chercheuse à l'université San Sebastian. Elle craint que ces algues toxiques affectent la biodiversité locale : « Les algues en question, après avoir proliférées, meurent et se décomposent dans l'eau, ce qui réduit fortement la quantité d'oxygène disponible. Cela peut avoir des conséquences néfastes pour la faune marine, et ils peuvent même en mourir. » Pour elle, le seul facteur sur lequel le Chili peut agir aujourd'hui pour tenter d'éviter la prolifération de ces algues nocives serait de mettre un terme aux élevages de saumons industriels dans ce fjord. Justine Fontaine, Santiago, RFI.

LB : C’est la fin de ce Journal en français facile. Merci à vous de l’avoir suivi.

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJDOJD Dénombrement des médias