#El francés en la actualidad

Journal en français facile 06/01/2020 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Loic Bussières : 21h à Paris, 20h en temps universel. Bonsoir et bienvenue si vous nous rejoignez pour votre Journal en français facile que je vous présente en compagnie de Mehdi Meddeb. Bonsoir Mehdi. 

Mehdi Meddeb : Bonsoir Loïc, bonsoir à tous.

LB : À la une : la crise entre Téhéran et Washington, trois jours après la mort à Bagdad du général Qasssem Soleimani dans une frappe américaine. Une opération qui n’est pas sans conséquence sur l’accord sur le nucléaire iranien.

MM : L’ouverture à New York du procès d’Harvey Weinstein. Le producteur d’Hollywood est accusé de multiples agressions sexuelles. C’est cette affaire qui a donné naissance au mouvement #Metoo.

LB : En France, c’est une nouvelle semaine test qui s’ouvre pour le Gouvernement sur fond de réforme des retraites avec de nouvelles manifestations, mais aussi une porte ouverte au compromis. « Il n’a jamais semblé aussi proche », assure le ministre de l’Économie.

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MM : C’est une conséquence directe de la crise entre Washington et Téhéran après la mort à Bagdad du général Qasssem Soleimani dans une frappe américaine : l’Iran fait un pas de plus pour sortir de l’accord de Vienne.

LB : L’accord de Vienne, c’est celui conclu en 2015 entre l’Iran et les 5 membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU et qui prévoyait une limitation des capacités nucléaires du pays en échange de la levée des sanctions internationales qui le visaient. Un accord dont sont déjà sortis les États-Unis de Donald Trump. Hier, Téhéran a donc annoncé une nouvelle réduction de ses engagements, en levant toute limite à la fabrication de l’arme nucléaire. Pourtant, diplomates et experts ne se montrent pour l’heure pas trop alarmistes. Selon eux, l’Iran fait preuve de prudence, laissant encore la porte ouverte aux puissances occidentales pour trouver un terrain d’entente. Vincent Eiffling, chercheur associé au Centre d’études des crises et des conflits internationaux (CECRI) à l’université catholique de Louvain en Belgique.

[Transcription manquante]

MM : Toujours au Proche Orient, en Libye, les forces du maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’est du pays, annoncent qu’elles se sont emparées de Syrte.

LB : La ville était jusqu’alors sous contrôle des forces du Gouvernement d’union nationale alors précisément que son chef est à Alger pour une visite consacrée à l’aggravation de crise dans son pays. Le maréchal Haftar, qui tente depuis le printemps dernier de s’emparer de Tripoli, a annoncé vendredi la « mobilisation générale » et le « jihad » contre une intervention militaire turque en Libye en soutien au GNA, reconnu par l’ONU.

MM : À la une également, le Venezuela qui s’est réveillé aujourd’hui en plein flou politique. 

LB : Après un dimanche au cours duquel deux députés ont annoncé avoir été élus présidents de l’Assemblée nationale. Juan Guaido qui occupait ce poste en 2019 et qui s’est déclaré président par intérim du Venezuela comptait se représenter, mais les forces de l’ordre l’ont empêché d’entrer dans l’hémicycle. Du coup un certain Luis Parra, membre de l’opposition, mais accusé de corruption, en a profité pour se faire élire, alors qu’il ne rassemblait pas le quorum, c’est-à-dire le nombre de voix nécessaires. Juan Guaido a alors décidé de se rendre dans un journal indépendant pour se faire élire par une centaine de députés. Lui aussi estime avoir été élu. Une situation rocambolesque dont compte bien profiter le régime de Nicolas Maduro pour accélérer le calendrier électoral. C’est ce qu’explique Serge Ollivier, historien et chercheur à l’Université Paris 1 et au centre d’Histoire sociale du XXe siècle, spécialiste de l’Histoire du Venezuela au XXe siècle.

[Transcription manquante]

MM : À New York où s’ouvrait aujourd’hui le procès d’Harvey Weinstein.

LB : Harvey Weinstein, c’est ce célèbre producteur de cinéma accusé de multiples agressions sexuelles. Le scandale qui porte désormais son nom a donné naissance au mouvement #Metoo. Il s’agissait aujourd’hui d’une première audience de procédure. Seules deux femmes sont concernées par ce procès. Plusieurs dizaines d’autres l’ont mis en cause, mais pour des faits prescrits, c’est-à-dire qui trop vieux pour être poursuivis en justice. Ces deux femmes sont représentées par Gloria Allred, une avocate célèbre aux États-Unis. Cela fait plus de quarante ans qu’elle défend les droits des femmes devant les tribunaux. Anne Corpet notre envoyée spéciale à New York l’a rencontrée hier soir. Elle lui a demandé ce que l’affaire Weinstein avait changé aux États-Unis.

Ce qui a changé ce sont les femmes. Les victimes sont celles qui ont changé. Elles se sont émancipées. Et c’est devenu contagieux. Cette vague d’émancipation a emporté les femmes et elles se disent : maintenant je vais peut-être être crue. Beaucoup de femmes se taisaient parce qu’elles ne savaient pas que d’autres femmes étaient aussi victimes. Elles se disaient qui va me croire ? Il est puissant, je ne le suis pas. Je ne vais rien dire, de peur d’être mise à l’écart de cette industrie, de ne plus jamais travailler. Elles pouvaient avoir l’impression que si elles s’exprimaient, de puissants personnages allaient les poursuivre en diffamation, et cela s’est produit dans certains cas. Mais maintenant les femmes sont émancipées, c’est un jour nouveau.

MM : On part en Inde à présent où des dizaines d’étudiants et de professeurs ont été blessés hier dans une attaque organisée et violente, qui a eu lieu dans la soirée dans l’une des plus grandes universités du pays,

LB : 24h après, la confusion se mêle à la colère. La police est accusée d’avoir facilité cette attaque qui aurait été menée par des membres du syndicat nationaliste hindou, proche du pouvoir, pour faire taire ce foyer de la contestation à la politique gouvernementale actuelle. Reportage dans la faculté par Sébastien Farcis.

Pendant trois heures dimanche soir, Dolan Samanta ainsi que des centaines d’autres étudiants ont subi l’assaut de vandales, qui, selon ces victimes, appartiennent au syndicat nationaliste hindou du ABVP, proche du gouvernement. « Nous avons reçu beaucoup d’appels de détresse d’étudiantes pour dire que des membres du ABVP les harcelaient. Les vandales sont ensuite arrivés chez nous, ont jeté des pierres et des barres de fer. Une fille a reçu une barre sur l’œil et a saigné pendant plus d’une heure. Et la police n’était pas là ». Le syndicat ABVP dément ces accusations. En tout, une trentaine d’étudiants et professeurs ont été hospitalisés. Pour l’association des professeurs, la direction est complice de ces attaques, car elle n’a pas laissé la police intervenir, ce qui a permis aux vandales d’agir et de partir. Atul Sood est enseignant. « Nous avons affaire à une direction qui utilise des vandales extérieurs au campus pour attaquer et effrayer des étudiants et des professeurs qui ont formulé des demandes légitimes ». L’université Nehru est un foyer de la contestation actuelle à la loi contre la citoyenneté menée par le gouvernement nationaliste hindou. 24h après les faits, la police n’a arrêté personne, malgré les accusations. Mais des manifestations de solidarité ont débuté dans toute l’Inde.

MM : L’actualité en France c’est cette semaine test pour le Gouvernement et sa réforme des retraites avec deux nouvelles manifestations interprofessionnelles au programme. 

LB : Avant cela, Édouard Philippe et les membres de l’équipe gouvernementale étaient réunis autour d’Emmanuel Macron pour le premier conseil des ministres de l’année 2020. Avec en tête des priorités la recherche d’un compromis sur la réforme des retraites. Un compromis que l’exécutif espère « rapide ».

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