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Journal en français facile 03/08/2022 20h00 GMT

Studio RFI
TAÏWAN : La colère de la Chine ne retombe pas après la visite de l'Américaine Nancy Pelosi à Taïwan ; et autres nouvelles.

Transcription

Clémentine Pawlotsky : Merci d'écouter RFI, il est 22h00 en temps universel, 4h00 à Taipei.  

Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile, présenté ce soir avec Zéphyrin Kouadio, bonsoir Zéphyrin ! 

Zéphyrin Kouadio : Bonsoir Clémentine, bonsoir à toutes et à tous. 

CP : La Chine montre une nouvelle fois les muscles. Pékin a envoyé plusieurs avions militaires dans la zone de défense aérienne de Taïwan. Une manœuvre pour répondre à la visite de l'américaine Nancy Pelosi sur l'île.  

ZK : Les pays producteurs de pétrole douchent les espoirs des Occidentaux. L'Opep a bien décidé d'augmenter sa production de brut, mais à un niveau dérisoire, c'est-à-dire « insuffisant », voire « ridicule ».  

CP : Nous irons aussi aux États-Unis, où le discours pro-Trump séduit toujours chez les républicains.  

ZK : Et puis, en France, nouveau pic de chaleur. Certains départements demandent aux agriculteurs de réduire leur consommation d'eau. Eau pourtant indispensable pour arroser leurs cultures.  

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ZK : La colère de la Chine ne retombe pas après la visite de l'Américaine Nancy Pelosi à Taïwan. 

CP : La présidente de la Chambre des représentants des États-Unis est restée moins de 24 heures sur l'île. Juste après son départ, la Chine a envoyé 27 avions militaires dans la zone de défense aérienne taïwanaise. Depuis le début, Pékin s'oppose fermement à cette visite. La Chine considère toujours Taïwan comme une de ses provinces en rébellion. À Taipei, Adrien Simore.  

« Nous ne laisserons pas tomber Taïwan », c'est le message de Nancy Pelosi lors de sa rencontre avec la présidente taïwanaise, Tsai Ing-wen, ce matin. Si les États-Unis ne reconnaissent pas officiellement Taïwan, ils en sont « un partenaire depuis plus de 40 ans », a ajouté la présidente de la Chambre des représentants américaine. Message reçu par la dirigeante taïwanaise : « La guerre en Ukraine a conduit le monde entier à se focaliser sur Taïwan. Face à une menace militaire toujours plus grande, Taïwan ne reculera pas. Nous ferons tout pour défendre notre souveraineté et notre démocratie. » Car en face, la Chine n'a cessé de montrer les muscles. Pékin, qui ne reconnaît pas la souveraineté de Taïwan, a qualifié cette visite de « provocation ». Depuis hier, la Chine multiple les sanctions économiques, les cyberattaques et a même annoncé une série d'exercices militaires autour de Taïwan à partir de demain. Le porte-parole de l'armée taïwanaise a vivement réagi : « Les exercices militaires de la Chine violent les règles des Nations unies, ils portent atteinte à notre espace territorial et s'apparentent à un blocus de Taïwan. Nous ne cherchons pas la guerre, mais nous empêcherons tout mouvement qui met en péril notre souveraineté nationale. » Les prochains jours seront donc tendus autour de Taïwan. Mais selon les experts militaires taïwanais, le risque d'un accrochage réel reste limité. Adrien Simorre, Taipei, RFI.  

ZK : Les pays de l'Opep+, la super Opep donc, vont augmenter leur production de pétrole, mais à minima.  

CP : Une augmentation de seulement 100 000 barils par jour, à partir du mois prochain. Les Occidentaux avaient pourtant appelé à ouvrir grand les vannes du pétrole. Ils espéraient pouvoir contenir la flambée, l'augmentation des prix. Les présidents américains et français, Joe Biden et Emmanuel Macron, ont même multiplié les efforts diplomatiques en direction de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, deux pays producteurs de pétrole. Mais à l'issue du communiqué de l'Opep+, les prix ont immédiatement remonté. Aabla Jounaïdi.  

Tout ça pour ça. C'est sans doute ce qu'on se dit à Washington et à Paris où les présidents respectifs n'ont pas lésiné sur les efforts pour convaincre les pays producteurs du Golfe. Parmi l'Opep+, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis sont les deux seuls pays à avoir des capacités de production supplémentaire. C'est la capacité de production limité de ses membres qui est d'ailleurs mises en avant par l'Opep+ pour justifier sa décision. Ces 100 000 barils par jour en plus ne suffiront pas à inverser la tendance générale de hausse des prix de l'énergie. De quoi alimenter encore les craintes de récession chez les grandes économies occidentales. Certains analystes estiment que cette sombre perspective a même pu inciter l'Arabie saoudite et les Émirats, à limiter la hausse de la production car c'est une façon de continuer à profiter des prix hauts actuels. Mais bien-sûr, l'enjeu géopolitique pèse au moins aussi lourd dans la décision de l'organisation. Il faut maintenir l'Opep+ soudée et donc ne pas négliger les intérêts du partenaire russe. Celui-là même qui en 2020, en plein effondrement de la demande mondiale, avait consenti une baisse de sa production afin de faire remonter des prix passés alors carrément en territoire négatif. 

ZK : Aabla Jounaïdi. 

Et puis, les négociations sur le nucléaire iranien reprennent à Vienne. 

CP : Les négociateurs iranien et américain se retrouvent dans la capitale autrichienne. Objectif : reprendre les discussions sous l'égide de l'Union européenne, pour tenter de sauver l'accord conclu en 2015. Ces discussions entre l'Iran et les grandes puissances sont au point mort, c’est-à-dire qu’elles sont bloquées, depuis mars. Elles avaient démarré en avril 2021 avec la participation indirecte des États-Unis.  

ZK : La politique aux États-Unis. Des élections primaires se déroulaient dans cinq États, c’était hier. 

CP : Dans le camp républicain, ces élections ont souvent tourné en faveur des candidats qui adhèrent au discours trumpiste de l’élection volée en 2020, et notamment en Arizona, dans l’ouest du pays. À Washington, Guillaume Naudin. 

Cela ressemble à un carton plein. Les candidats qui affirment sans le moindre fondement que l’élection de 2020 a été volée et truquée sont en passe de remporter tous leurs scrutins au sein du parti. C’est le cas pour le poste de procureur général de l’État, qui est le responsable de la justice locale, pour le secrétaire d’État, la personne chargée de contrôler la régularité des élections, y compris des élections fédérales, et pour le candidat au Sénat. Ce n’est pas encore certain pour le poste de gouverneur. La course est serrée entre les deux candidates et il reste des voix à compter, mais celle qui conteste les résultats de 2020 et qui veut supprimer les machines à voter ainsi que le vote par correspondance est en tête. Bien sûr, il ne s’agit encore que d’une primaire interne et tous ces candidats devront battre leurs adversaires démocrates qui espèrent une mobilisation de l’électorat modéré en novembre. Mais l’Arizona n’est pas n’importe quel État. C’est un swing state, l’un des États qui ont fait basculer la dernière élection présidentielle. L’un de ceux où les fausses accusations de fraudes ont été les plus nombreuses. Et si le contrôle des élections venait à tomber entre les mains de ceux qui les contestent, cela pourrait poser un sérieux problème démocratique. Guillaume Naudin, Washington, RFI. 

ZK : En Irak, la crise politique s'aggrave. 

CP : Le puissant leader chiite Moqtada Sadr réclame désormais la dissolution du Parlement. Il souhaite que des législatives anticipées soient organisées. Il estime qu'un dialogue avec ses adversaires n'aurait « aucun intérêt » dans le contexte actuel. Depuis samedi, les partisans de Moqtada Sadr occupent le Parlement.  

ZK : L'ONU va enquêter sur l'attaque d'une prison dans l'est de l'Ukraine. 

CP : Cette prison, c'est celle d'Olenivka. Elle se trouve dans une zone contrôlée par les séparatistes pro-russes. Une cinquantaine de prisonniers de guerre ukrainiens y sont mort, le 29 juillet, lors d'un bombardement. La Russie et l'Ukraine se renvoient la responsabilité de cette frappe.  

ZK : Retour en France. La France qui a connu aujourd'hui, Clémentine, une nouvelle journée de canicule. 

CP : La canicule, c'est une période de grande chaleur. 93 départements sont en alerte sécheresse. Il a donc des restrictions d'eau. Par exemple, les agriculteurs doivent s'adapter, ils doivent utiliser moins d'eau pour irriguer leurs terres. À Séris, dans le Loir-et-Cher, au sud-ouest de Paris, la zone est classée rouge, c'est le plus haut niveau d'alerte, mais le robinet n'est heureusement pas définitivement coupé. Reportage d'Amélie Beaucour. 

David Péchard cultive des céréales et des légumineuses qu'il a le droit d'arroser exclusivement en semaine. Plus les surfaces à irriguer sont importantes, plus ce nouveau rythme de travail est fatiguant pour l'homme comme pour la plante : « On a eu de la chance d’avoir un orage il y a 15 jours qui a été salvateur pour beaucoup de cultures non irriguées. Et pour les collègues qui irriguent, ça a été reposant. Ça a permis de laisser pendant une semaine tranquille l’enrouleur et de ne pas arroser ses champs. » En attendant les prochaines averses, David Péchard a choisi de prioriser l'irrigation de certaines cultures. Ses tournesols, par exemple, résiste mieux à la sécheresse et peuvent se passer d'eau quitte à produire un peu moins : « On sait que si on lui apporte un peu d’eau, on gagnerait entre 10, 15 voir 20% de rendements en plus. Le problème, c’est qu'en période de restriction, je ne vais pas avoir la possibilité, pas le temps, donc je vais prioriser mes haricots en apport d’eau. Sur la partie non irriguée, on a un haricot qui est bien plus chétif. Et là, si vous regardez, vous avez une fleur qui est en cours de formation, mais avec le coup de chaud qu’on va avoir, là ils annoncent encore une canicule pour les deux, trois jours qui viennent, cette fleur va avorter, elle ne va pas donner de gousse de haricot par la suite. » Pour cet agriculteur, si les restrictions s'aggravent dans les années à venir, certaines espèces gourmandes en eau, comme le maïs, ne pourront plus être cultivé dans la région.  

CP : Reportage signé Amélie Beaucour. 

C’est ainsi que se termine ce Journal en français facile. Merci à vous de l’avoir suivi. Vous pouvez évidemment le lire et le réécouter sur notre site RFI Savoirs. Et merci à Zéphyrin Kouadio. 

ZK : Merci à vous Clémentine. À demain. 

CP : À demain Zéphyrin. 

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