#El francés en la actualidad

Journal en français facile 03/03/2020 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Loïc Bussières : À l’écoute de RFI, il est 21h ici à Paris, 20h en temps universel. L’heure de votre édition du Journal en français facile. Journal que j’ai le plaisir de vous présenter ce soir en compagnie de Julien Coquelle Rohem.

Julien Coquelle Rohem : Bonsoir Loïc, bonsoir à vous.

LB : À la une ce soir le Super Tuesday aux États-Unis, étape clé, dans la primaire démocrate en vue de la présidentielle de novembre. 14 états votent ce mardi. Nous irons au Texas, dans cette édition.

JCR : Nous reviendrons également sur l'épidémie de coronavirus. Toujours plus de contaminations dans le monde. En France, le Covid-19 perturbe aussi l'organisation des évènements sportifs. Les détails dans un instant.

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JCR : On part aux États-Unis pour débuter ce journal. En ce jour de Super Tuesday : 14 états votent pour désigner le candidat démocrate à la prochaine présidentielle.

LB : 14 états dont le Texas où l'on le nombre de votants devrait être élevé sachant que beaucoup d’électeurs ont déjà participés à l’élection anticipée, beaucoup plus que lors de la primaire de 2016. Le reportage à Houston de Thomas Harms.

Depuis 6h30 ce matin des queues se sont formés avant même l’ouverture des bureaux de vote du centre ville. Helena est militante du parti démocrate elle dit avoir voté pour Elizabeth Warren, ses enfants ont voté Sanders. Peter lui n’est pas affilié à un parti. Au Texas il peut quand même voter. Il a donc choisi Joe Biden. Il a selon lui de meilleures chances de battre Donald Trump. Devant ce bureau de vote de la périphérie de Houston, démocrates et républicains ont chacun un stand dehors. Venant du stand rouge, les républicains, Amy Dwire rigole avec les représentants démocrates. Selon elle le temps de la confrontation, le temps des extrêmes est passé. « Les 8 dernières années c’était sale, je ne sais pas ce que c’est mais ça me fait penser à la théorie du Big bang, tout le monde se rencontre, ça explose tout le monde part aux extrêmes, ça ne marche pas bien et tout le monde se retrouve au milieu. Nous sommes sans aucun doute à la fin de l’âge des extrêmes maintenant. »  Aujourd’hui on pourrait atteindre un record de vote dans les villes du Texas, à Houston, Dallas, Austin et San Antonio.
Thomas Harms, Houston, RFI.

JCR : À la une également, l'épidémie de Covid-19 avec une courbe des contaminations toujours orientée à la hausse. Près de 93 000 cas, dont 3 155 décès, 78 pays et territoires touchés. Et des cas désormais recensés au Maroc, en Ukraine, au Sénégal et ce soir en Espagne.

LB : En France, la barre des 200 cas est franchie avec également un quatrième décès. Toutes les régions de France sont touchées. « Nous sommes dans une phase qui va durer des semaines et même sans doute des mois », c’est ce que déclare aujourd’hui Emmanuel Macron.

JCR : Le coronavirus qui pour le seul territoire français entraine de nombreuses perturbations : des écoles fermées, de nombreux concerts et salons professionnels ont également été annulés. Le Ministère de la Santé ayant, on le rappelle, interdit les rassemblements de plus de 5000 personnes dans des lieux clos.

LB : Et cette mesure, justement a également des conséquences sur le sport français. Une réunion était organisée ce matin au Ministère des Sports. Principal enjeu : l'annulation ou le maintien des évènements sportifs devant avoir lieu dans les prochains jours. Sarah-Lou Bakouche.

La Ministre des Sports reste prudente. Notamment en ce qui concerne les échéances les plus attendues, à savoir les deux matches de Ligue des Champions. Pour PSG Dortmund au Parc des Princes « a minima le match se tiendra » affirme Roxanna Maracineanu mais le huis clos reste une hypothèse. Pour Juve – Lyon, la décision reviendra à l'Italie. Pour l'instant, pas de règle très précise, les décisions sont prises au cas par cas par les préfets et les maires en tenant compte de deux règles majeures : l'annulation des évènements dans des lieux confinés qui réunissent plus de 5000 personnes et aussi éviter le brassage de populations venant de zones à risque. Le match du tournoi des six nations qui opposera dimanche le XV de France à l'Ecosse est maintenu mais le déplacement des supporters français à Edimbourg est incertain. La course cycliste Paris-Nice devrait avoir lieu alors que les championnats de France de cross à Montauban sont eux reportés. Roxana Maracineanu se veut rassurante pour les principaux championnats réguliers. Le top 14 de rugby et le Ligue 1 de football ne font pour l'instant pas l'objets de restrictions particulières.

LB : Sarah-Lou Bakouche, et j’ajoute que le match de ligue 2 opposant Chambly au Mans se jouera sans spectateur vendredi. Chambly est situé dans l'Oise, principal foyer de l'épidémie de coronavirus.

JCR : RFI, 1h34 à New Delhi. Direction l'Inde, la capitale, qui se remet doucement des violences religieuses qui ont enflammé le nord-est la semaine dernière, coutant la vie à 46 personnes.

LB : Des affrontements entre hindous et musulmans sous l'influence des dirigeants du parti nationaliste hindou au pouvoir et pendant lesquels la police a été accusée de prendre parti pour les hindous. Face à cette oppression croissante, la communauté musulmane pourrait être amenée à répliquer par des actions violentes. Et les terroristes internationaux l’ont compris : l’organisation de l’État islamique vient de lancer un appel ces musulmans indiens pour initier le jihad. Les explications de notre correspondant Sébastien Farcis.

On voit sur l’image un homme musulman recroquevillé au sol, entouré par une foule enragée qui le frappe à coups de bâtons. C’est l’une des photos les plus violentes des affrontements religieux de New Delhi, et l’organisation de l’état islamique vient de s’en servir pour appeler les musulmans indiens à se défendre contre le gouvernement nationaliste hindou. Daesh n’a jamais réussi à s’implanter en Inde ni à attirer beaucoup de musulmans. Mais ces violences religieuses pourraient permettre de faire émerger des groupes islamistes financés par le Pakistan. C’est ce que craint Ajai Sahni, directeur du Institute for conflict management de New Delhi.
« Jusqu’à présent, les services secrets peuvent déjouer beaucoup d’attentats grâce à la coopération de la communauté musulmane. Les imams, les madrasas et même les familles informent la police. Mais si ces violences continuent et que la police agit comme à Delhi, les musulmans ne vont plus coopérer. Et cela va créer énormément de problèmes. »
Or le gouvernement continue à envoyer des messages incendiaires. Ajai Sahni.
« Leur objectif est justement de diviser la société. Ils veulent projeter les musulmans comme les ennemis du pays dans le but d’attirer les votes des hindous. »
Des élections régionales ont lieu dans 8 mois dans l’état du Bihar. Une région qui compte beaucoup de musulmans et où le parti nationaliste hindou fera tout pour accroitre cette tension religieuse.

JCR : En France, le gouvernement affronte ce mardi deux motions de censure à l'Assemblée. Après une nouvelle journée de manifestations des opposants à la réforme des retraites.

LB : Après le recours à l'article 49-3 par Edouard Philippe ce week-end, article qui permet de faire adopter un texte sans débat ni vote, les deux motions de censure n'ont aucune chance d'aboutir car les oppositions, droite et gauche réunies ne disposent pas de suffisamment de voix. Vous le disiez une journée syndicale d'action contre la réforme des retraites et le recours à l'article 49.3 a eu également lieu un peu partout en France. Mais elle a été peu suivie.

JCR : Toujours en France, cette déclaration de Jean-Yves Le Drian, le ministre français des Affaires étrangères qui juge « inacceptable le chantage » de la Turquie qui menace de laisser passer des millions de migrants vers l'Europe si elle n'obtient pas une aide de l'Union européenne pour gérer le flux de réfugiés syriens.

LB : Ce qui nous amène à ce rapport d'Amnesty International, l'Organisation de défense des droits de l'homme qui montre qu'en Europe, aider des migrants peut entrainer des poursuites judiciaires. Le texte détaille comment la police et les magistrats utilisent de manière abusive des lois initialement adoptées pour lutter contre les trafiquants ou contre des mesures antiterroristes, pour poursuivre des personnes aidant des étrangers en situation irrégulière. En France, la région de Calais dans le Nord et celle de la frontière italienne sont particulièrement concernées, malgré l'évolution récente de la loi.  Explications, Marie Casadebaig.

En France, le délit de solidarité n'existe pas en tant que tel mais jusqu'en août 2018, toute aide à une personne en situation irrégulière pouvait faire l'objet de poursuite. Depuis, cette loi a été assouplie, le principe de fraternité est reconnu, mais à condition que l'aide soit apporté dans un but "exclusivement humanitaire". Et c'est là que s'engouffre parfois la justice. Lola Schulmann est chargée de plaidoyer à Amnesty International. 
[Intervention de Lola Schulmann]
C'est le cas de Pierre-Alain Mannoni. Il y a 4 ans, à la frontière italienne, ce français fait monter dans sa voiture, 3 érythréennes en détresse, qui avait marché une quinzaine d'heures en montagne. Il a encore rendez-vous le 18 mars devant la cour d'appel de Lyon.
[Intervention de Pierre-Alain Mannoni]
Ces poursuites judiciaires ne devraient pas aboutir mais elles auront fait de cet ingénieur un militant acharné contre une pratique qu'il estime, comme Amnesty International, injuste et abusive.

LB : Reportage signé Marie Casadebaig.
RFI, 21h10 dans quelques secondes : c’est la fin de ce journal en français facile ; journal que vous pouvez retrouver, je vous le rappelle, sur le site et les applis mobiles de RFI, rubrique RFI Savoirs. Merci Julien Coquelle Rohem ; merci à vous de votre fidélité à la radio du monde.

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