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Journal en français facile 03/03 20h00 GMT

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RFI
Transcription

Florent Guignard :
Radio France Internationale, 20 heures en temps universel, 21 heures à Paris.
Bonsoir, bienvenue, c'est le journal en français facile, que je vous présente en compagnie de Zéphyrin Kouadio. Bonsoir Zéphyrin.

Zéphyrin Kouadio :
Bonsoir Florent, bonsoir à tous.

FG :
À la une, François Fillon lâché par les siens. Les défections se multiplient. Le directeur de campagne de François Fillon annonce sa démission.  Les centristes de l'UDI réclament une autre candidature. Le nom d'Alain Juppé revient en force.

ZK :
Également à la une, la fin des discussions de paix pour la Syrie à Genève. Pas d'avancée majeure. Les Nations unies donnent rendez-vous pour une cinquième session de négociations dans quelques semaines.

FG :
Enfin la déclaration qui fait scandale au parlement européen ; un eurodéputé polonais d'extrême droite explique que les femmes doivent être moins payées que les hommes parce qu'elles sont, je cite, moins intelligentes.

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ZK :
Et nous commençons ce journal, Florent, avec cette question : François Fillon peut-il encore être candidat à la présidentielle ?.

FG :
Cette question, Zéphyrin, ils sont de plus en plus nombreux, à droite, à se la poser, et ils sont de plus en plus nombreux à répondre : non. Nouvelle défection, nouvel abandon, et de taille : l'UDI lâche François Fillon. L'UDI, le parti du centre droit, demande « solennellement au parti Les Républicains de changer de candidat. François Fillon est devenu un danger pour l'alternance [pour le changement de majorité] et un danger pour la France », explique Jean-Christophe Lagarde, le patron de l'UDI.

ZK :
Et toute la journée, François Fillon a perdu de nombreux soutiens, comme son porte-parole Thierry Solère. Le directeur de campagne de François Fillon annonce aussi sa démission : elle est, dit-il, « irrévocable », il ne changera pas d'avis, malgré le démenti apporté un peu plus tôt par François Fillon lui-même à l'Agence France Presse. La crise, vous le voyez, est à son paroxysme, à son plus haut niveau. Et dans les coulisses, une candidature alternative se prépare, celle d'Alain Juppé, le finaliste de la primaire face à François Fillon. Pierre Firtion :

Plus les heures passent et plus l'hypothèse d'une candidature l'Alain Juppé prend forme. « On sent que quelque chose est en train de se passer », confie une parlementaire juppéiste. Depuis mercredi, les ralliements au maire de Bordeaux sont à la mesure des défections au sein de l'équipe Fillon. Alain Juppé a d'ailleurs fait savoir qu'il se tenait prêt. Ses proches l'assurent toutefois : hors de question pour lui de passer en force. « Il n'ira que si tout le monde est d'accord », explique un député qui roule pour lui. Sous-entendu : si François Fillon accepte de se retirer et si Nicolas Sarkozy donne son feu vert. Problème, l'ancien premier ministre n'entend toujours pas renoncer. Dans ce contexte, la voix de Nicolas Sarkozy sera déterminante. Pour l'heure, l'ex-président continue de soutenir son ancien premier ministre, mais jusqu'à quand ? « Le jour où Sarko lâche, c'est fini », reconnaît une fidèle d'entre les fidèles du député de Paris. L'ancien chef de l'État qui s'est entretenu ce matin avec Gérard Larcher, le président du Sénat, et Bernard Accoyer, le patron des Républicains. Deux incontournables élus fillonistes qui seraient allés défendre la solution Juppé. « Le fait qu'ils aient mis en scène leur déplacement chez Sarkozy, c'est pas bon signe », confie, dépité, un filloniste de la première heure, un membre du premier cercle qui conditionnait son soutien à celui de l’UDI. Avec le retrait des centristes ce soir, l’avenir de François Fillon s’inscrit plus que jamais en pointillés.

FG :
Et pourtant François Fillon n'entend rien céder. Il l'a encore dit ce soir dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Il appelle ses partisans à « résister » et à venir nombreux lui manifester leur soutien dimanche à Paris.

ZK :
Quant à François Bayrou, qui vient de se rallier à Emmanuel Macron, après avoir longtemps soutenu la candidature d'Alain Juppé, eh bien il annonce qu'il ne changera pas de position si Juppé est effectivement candidat..

FG :
Et puis, Zéphyrin, il faut le dire, les affaires ne touchent pas que François Fillon : Marine Le Pen, elle est convoquée devant les juges dans une semaine, c'est son avocat qui l'annonce. Convocation pour une possible mise en examen dans l'affaire des assistants au parlement européen. La candidate du Front national ne se rendra pas à la convocation des juges. Elle en a le droit, parce qu'elle est protégée par son immunité parlementaire. Et les juges ne pourront donc pas la mettre en examen tant qu'elle ne se présentera pas devant eux.

ZK :
RFI, 21 heures et 5 minutes ici à Paris. La Syrie, à présent, et les discussions de paix qui se déroulaient cette semaine à Genève en Suisse.

FG :
Elles se sont terminées ce soir. Pas de percée majeure, pas d'avancée particulière. Les délégations réunies par les Nations unies, d'un côté l'opposition syrienne et de l'autre le régime de Bachar al-Assad, ne se sont toujours pas parlé directement. Nicolas Falez.

Ces discussions de Genève se sont déroulées dans un contexte nouveau. Avec une opposition syrienne affaiblie depuis la perte de son bastion d'Alep. Avec une Russie désormais en première ligne sur le plan diplomatique comme sur le plan militaire. Et avec une administration Trump dont on ne connait toujours pas les intentions dans le dossier syrien. À Genève ces derniers jours, l'émissaire des Nations unies, Staffan de Mistura, a rencontré 3 différents groupes d'opposants. Deux d'entre eux sont proches de Moscou, ce qui inquiète le Haut comité des négociations, principale plateforme de l'opposition syrienne, qui redoute de voir ses revendications diluées avec l'arrivée de ces nouveaux interlocuteurs. Les discussions ont abordé 3 sujets qui sont autant de points de blocage : la question de la gouvernance de la Syrie et donc d'une transition politique avec ou sans Bachar al-Assad ;  la Constitution ; et l'organisation d'élections. Si les représentants du régime de Damas ont endossé ces trois thèmes, ils ont aussitôt exigé de parler en priorité d’une quatrième question, celle du terrorisme. Dans quelques semaines les mêmes acteurs doivent se retrouver autour de Staffan de Mistura, avec les mêmes divergences.

FG :
Et ce sera sans doute au mois de mars, après les négociations prévues à Astana au Kazakhstan le 14 mars prochain.

ZK :
Le parlement européen lance une enquête contre l'un de ses députés.

FG :
Il s'agit d'un eurodéputé de l'extrême droite polonaise. Il s'est illustré, il s'est fait remarquer, mercredi dans l'hémicycle du parlement par une déclaration particulièrement misogyne, dégradante pour les femmes. Christophe Paget.

Jusqu’ici, Janusz Korwinn-Mikke s'était spécialisé dans les gestes et les propos racistes : salut hitlérien dans l’hémicycle en 2015, comparaison de jeunes chômeurs à, je cite, « des nègres ». L'an dernier, il avait écopé d'une suspension parlementaire de cinq jours, après avoir assimilé l’arrivée massive de migrants en Europe à « un tas d’excréments ». Mercredi, histoire sans doute de varier les plaisirs, il s’est attaqué aux femmes. « Bien sûr, les femmes doivent moins gagner que les hommes. Parce qu’elles sont plus faibles, elles sont plus petites, elles sont moins intelligentes. Elles doivent être moins payées, c’est tout. » L’eurodéputée espagnole Iratxe Garcia Perez, elle aussi dans l’hémicycle, s'est chargée de le remettre à sa place. « Écoutez, Monsieur le Député, selon vous, selon votre théorie, je n’aurais pas le droit d’être ici comme députée. Et je sais que ça vous fait mal, et que ça vous embête qu’aujourd’hui nous les femmes puissions représenter les citoyens au même titre que vous. Je suis ici pour défendre les femmes européennes contre les hommes comme vous. » Janusz Korwin-Mikke risque une suspension temporaire de ses fonctions d’eurodéputé. Sur les réseaux sociaux, les plus modérés le comparent déjà à un homme des cavernes.

ZK :
Venons-en maintenant aux tensions entre la Chine et la Corée du Sud : Pékin a décidé d'interdire tout voyage organisé en Corée du Sud.

FG :
Une mesure de représailles, une sanction, parce que la Corée du Sud a accepté l'installation sur son territoire d'un bouclier anti missile américain, mis en place à cause des menaces du voisin nord-coréen. Ce qui ne plait pas beaucoup à Pékin. À Séoul, les explications de Frédéric Ojardias :

Cette interdiction des voyages de groupes pourrait faire très mal : l'année dernière, 8 millions de touristes chinois se sont rendus en Corée du Sud – dont 40% en voyage organisé. La popularité croissante des feuilletons sud-coréens provoque un afflux massif de visiteurs chinois à Séoul, afflux dont bénéficie notamment le secteur florissant du duty free. Résultat : si la fréquentation touristique chinoise baissait de moitié, ce seraient près de 10 milliards de dollars qui partiraient en fumée, s'alarme la presse sud-coréenne. À Séoul, les réactions sont unanimes : « les mesures de représailles chinoises vont trop loin », dénonce Choo Mi-ae, la chef d'une opposition pourtant peu favorable au déploiement de ce fameux bouclier américain. Hwang Kyo-ahn, le président par intérim, a lui réaffirmé sa volonté d'installer au plus vite le système antimissile. Les marchés s'inquiètent eux aussi : l'action de Amore Pacific, dont les produits cosmétiques sont très populaires en Chine, a chuté de près de 13%. Tandis que l'ensemble de la bourse de Séoul a dévissé de 1,14% à la clôture. Frédéric Ojardias, Séoul, RFI.

FG :
Et c’est ainsi que se termine ce journal en français facile. Merci Zéphyrin Kouadio.

ZK :
Merci Florent Guignard.

FG :
Très bonne soirée à tous. Il est 21 h 10 à Paris.

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