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Inquisition

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Des relents d’inquisition contre Mashrou’ Leila, un groupe de musiciens libanais accusés d’insulte envers l’Église chrétienne. Le contenu de certaines chansons, mais tout autant, ou peut-être plus, l’attitude de certains musiciens sont jugés insultants pour l’Église. Une image impertinente, postée sur un réseau social, par l’un des membres du groupe, une représentation détournée de la Vierge déclenche la polémique. Et les voix de ceux qui ne supportent pas que la religion soit moquée demandent l’interdiction du groupe.

C’est bien pour cela que cette information, relayée par RFI, évoque l’Inquisition. Avec un I majuscule. Et quand on pense à l’Inquisition, on évoque une institution à la vie fort longue : il s’agissait d’un tribunal religieux, érigé par l’Église catholique, et destiné à lutter contre les hérésies. Il y en eut un peu partout en Europe, mais la plus connue, celle qu’on a à l’esprit de manière spontanée, c’est l’Inquisition espagnole, fondée au XVe siècle et abolie au milieu du XIXe, qui a laissé un souvenir et une réputation de très violente intolérance dans sa façon d’éradiquer toute attitude soupçonnée de n’être pas conforme au dogme, ou à l’application du dogme envisagée par ceux qui siégeaient dans cette Institution. L’action de l’Inquisition a donc été très vive et sanglante, et le souvenir qu’elle a laissé peut-être pire encore que la réalité. Toute une littérature, notamment au XIXe siècle dans la période romantique, a donné une vision très noire de cette Inquisition, en voulant dénoncer un esprit d’obscurantisme. Et le personnage du Grand Inquisiteur, notamment dans un récit de Dostoïevski inclus dans son roman Les Frères Karamazov, a fait beaucoup pour nourrir cette image d’une Inquisition sanguinaire et aveugle.

La pratique de la torture, de la question comme on disait, pour obtenir des aveux des accusés, a aussi donné une image terrifiante de cette Inquisition. Il faut également se souvenir que Galilée, en Italie, fut condamné par ce tribunal qui interdisait qu’on imagine un système astronomique qui n’aurait pas la Terre comme centre. L’Inquisition représente donc l’attachement à une pensée et à une idéologie rigide, étroite, incapable de changer, qui ne se remet pas en question, et ne supporte pas d’être ébranlée par une pensée scientifique.

Enfin, le mot inquisition indique, indépendamment de l’histoire de ce tribunal, une enquête particulièrement indiscrète et contraignante, dans des domaines considérés comme privés. C’est bien pour cela que le mot, aujourd’hui, qui se rappelle à la fois l’histoire de l’institution, et le sens général, évoque une police de la pensée.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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