#El francés en la actualidad

Football américain

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

C’est le week-end dernier que s’est déroulée aux États-Unis la finale d’un des sports les plus populaires : le Super Bowl de football américain, si présent dans l’actualité américaine que bien sûr il a des retombées politiques et que les personnages publics tentent de s’emparer de sa popularité pour améliorer la leur. Mais pourquoi donc parle-t-on de football américain ?

Il existe là-bas deux sports dont l’un est très répandu, et l’autre encore assez confidentiel. L’un d’entre eux s’appelle football, bien qu’il ne ressemble pas au jeu qu’on appelle ainsi en France. Ce sport assez rude utilise un ballon ovale, se joue largement avec la main. Mais ce n’est pas non plus du rugby, malgré ces quelques ressemblances. Et c’est cette discipline qui vient de fêter l’aboutissement de sa saison.

Alors à côté de ce sport âpre et vif, et qui se joue casqué, on joue aussi aux États-Unis à notre football, le jeu à onze joueurs bien connu. Problème ! Comment l’appelle-t-on ? Il a un nom particulier, le soccer. Pourquoi soccer ? Quel drôle de mot ? C’est qu’il y a longtemps, pour ne pas trop se tromper de sport justement, on précisait : on jouait au football association. L’expression s’est modifiée, est devenue jargonnante : on a parlé d’assoce, puis de socce… pour aboutir au soccer.

Le soccer n’est pas encore très important en Amérique ; mais il gagne du terrain. Ce qui fait que le mot s’entend même parfois en France, comme un anglicisme d’un nouveau genre. La défense de la langue française s’accroche donc à ce mot football, contre l’entrée en catimini de ce soccer américain.

Le mot a-t-il des dérivés en France : une abréviation bien sûr, le foot, usage ancien, que tout le monde comprend, et qui témoigne d’un peu de familiarité, mais à peine : c’est le terme usuel. Et comme il est facile à prononcer, il oublie facilement son accent anglo-saxon et fait partie sans état d’âme du vocabulaire français. À l’inverse, parler de football atteste un langage un peu formel même si les problèmes de prononciation, là aussi, sont évités : une phonétique à la française se l’est approprié ! Et puis n’exagérons pas : football s’entend, bien plus que cinématographe, éclipsé par cinéma, ou stylographe, poignardé par stylo.

Quant aux dérivés, on a évidemment footballeurs. Mais on a aussi footeux, un mot réellement familier lui. Et vague : il peut s’agir des joueurs, mais aussi des adeptes, des spectateurs, des passionnés, des supporters. Suffixation qui peut paraître vexante, mais qui en fait ne l’est pas, et qu’on trouve dans quelques autres disciplines : journaleux, jazzeux, folkeux

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

 

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