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Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Le naufrage du Sanchi, ce pétrolier iranien qui vient de couler au large des côtes chinoises, est-il préjudiciable pour la faune ? On a bien peur que oui, et que les animaux qui fréquentent la région où le navire a coulé soient touchés directement ou indirectement par les produits déversés en mer : la mort, la maladie ou simplement la fertilité pourrait en affecter un grand nombre, ce qui modifierait tout l’équilibre écologique de la zone !

Les animaux menacés, c’est donc la faune menacée. Le mot, plutôt savant, qui vient du vocabulaire de la description scientifique, s’applique à l’ensemble des êtres vivants dans un certain périmètre. Tous les êtres vivants ? Presque. Et dans l’exemple qui nous intéresse, la menace inclut par exemple le plancton. Et ce mot désigne en général des micro-organismes, appartenant donc au monde animal. Mais on parle aussi de plancton végétal dans d’autres circonstances : on voit bien qu’on se situe à la frontière entre les deux mondes. Et pourtant le mot faune est souvent associé au mot flore, dont justement il se distingue : la faune et la flore représentent que qui vit et ce qui pousse ! Mais quand on parle de faune, inclut-on les humains ? Non : on parle de ce qui est vivant et susceptible d’être étudié par des humains, mais pas des humains eux-mêmes.

Donc la faune exclut totalement les hommes et les femmes ? Oui quand on prend le mot au sens littéral. Non quand on l’emploie de manière figurée. La faune qui fréquente un quartier, un établissement renvoie au type de population qu’on y trouve. Et on utilise ce mot de façon pas forcément péjorative, mais pour souligner le pittoresque des personnes qu’on évoque : des figures imprévues, qui s’éloignent de la norme, qui peuvent étonner. Mais il s’agit d’étonnement plus que de réprobation ?

Attention, on a parlé pour l’instant de la faune, au féminin. Et le même mot existe au masculin. Les deux termes sont bien sûr de la même famille, mais de sens tout différents : le faune est une divinité mythologique romaine, masculine : un demi-dieu dont l’apparence est composite : le haut du corps ressemblant à celui d’un homme, le bas à celui d’un animal, en général un bouc dont il a aussi souvent les oreilles et la queue. Petit génie des bois, il ressemble au satyre grec, peut-être en moins libidineux, tout en incarnant un genre de force de la nature. Et on le retrouve dans des œuvres diverses, notamment l’après-midi d’un faune, ce poème de Mallarmé, et le Prélude à l’après-midi d’un faune, composé par Debussy à partir du poème. 

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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