#El francés en la actualidad

Facial

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Les procédures de reconnaissance faciale sont donc autorisées dans deux lycées du sud de la France. De quoi s’agit-il ? D’éviter que des personnes étrangères à l’établissement ne puissent y pénétrer sans qu’on les repère, en se mêlant à la foule des élèves. On met donc en place une expérimentation (car nous en sommes encore au stade expérimental) et on installe un dispositif qui pourra comparer les personnes qui se présentent à l’accueil aux photos que l’administration a prises. Quand ça concorde, on ouvre le portail : c’est ça la reconnaissance faciale : reconnaissance de la physionomie, des traits… de la face ! 

Mais la reconnaissance faciale, est-ce la reconnaissance au faciès ? Non Dieu merci ! Le mot faciès existe, et il est même assez courant, mais, même s’il n’est pas péjoratif au départ, il l’est devenu à cause des circonstances dans lesquelles on l’emploie, et des échos qui lui sont associés. Avec d’abord les fameux contrôles au faciès, ces vérifications d’identité qui se font à la tête du client : si vous avez une « bonne » tête, vous y échappez. Mais si votre apparence ne revient pas aux policiers, il faut vous expliquer. Est-ce uniquement une histoire de faciès ? Non bien sûr : cela peut dépendre de votre habillement, de votre style. Mais aussi de votre visage, et de ce qu’il témoigne de vos origines. Et c’est bien pour ça que ces contrôles au faciès posent problème : on peut discriminer ceux qu’on contrôle, en faire des suspects en fonction de leur appartenance. Et entre le contrôle au faciès et ce qu’on appelle le délit de faciès, il n’y a qu’un pas. Ce serait un délit d’avoir tel ou tel visage. On parle même, de façon nettement plus familière de « délit de sale gueule ». C’est familier, mais au moins c’est clair ! Ce mot faciès n’est pas un mot très courant en français. Au départ il fait partie d’un vocabulaire savant, ce qui n’est plus vraiment le cas aujourd’hui : il s’agit de la langue savante du 18e siècle. Et faciès est le mot latin, d’où dérive face, et qui a été repris sans changement par la langue scientifique.

Mais revenons à notre face, qui désigne également l’apparence du visage : c’est en tout cas le premier sens de ce mot qui en a beaucoup. Et il évoque la forme, la singularité d’un visage. Est-il synonyme du mot physionomie ? Pas exactement, car ce dernier terme fait plutôt allusion à un aspect expressif : Selon que je suis gai ou triste, bien réveillé ou encore à moitié endormi, je n’ai pas la même physionomie, même si j’ai la même face. 

Et la face se retrouve aussi dans des expressions assez nombreuses : à la face de quelqu’un signifie par exemple devant lui, en sa présence. Et on dit qu’on dévoile quelque chose à la face du monde, quand on le fait savoir publiquement. Et perdre la face, c’est se ridiculiser, perdre sa dignité. Alors qu’à l’inverse, sauver la face, c’est sauver les apparences, sauver l’honneur.

Tout ça dans un français de France, parce qu’au Québec, le mot « face » est encore bien plus fréquent dans des expressions très nombreuses : Je vais te le dire en pleine face ; il m’est tombé sur la face, il m’a réprimandé ou m’a insulté ; avoir la face comme un couteau de table : être très maigre.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

 

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