#El francés en la actualidad

Colosse

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Le héros du sauvetage de Notre-Dame, c’est bien Colossus, ce robot qui permet de sauver des constructions et des vies, cet engin assez autonome qui pénètre dans les brasiers sans crainte de s’embraser lui-même qui peut sans conducteur s’orienter, monter des escaliers, identifier les foyers, et tenter évidemment de les éteindre avec son vaillant canon à eau !

Pourquoi colossus ? Parce que ça évoque évidemment le colosse, et qu’évidemment, le colosse, c’est costaud, c’est fort !

Ce mot de colosse, légèrement teinté de familiarité en français d’aujourd’hui, s’emploie surtout à propos d’un être humain. Et le colosse, il est grand et fort. La première syllabe qui est la même que celle de costaud est d’ailleurs peut-être pour quelque chose dans l’affaire, bien que l’origine des deux mots n’ait rien à voir : le costaud c’est au départ celui qui a des pectoraux, des côtes fortes ! Le colosse pour sa part impressionne par sa taille et sa force présumée, mais aussi par sa résistance ! Et il ne se met pas au féminin : les colosses sont presque toujours des hommes. Il en va de même pour costaud en général, bien que sa forme se prête à la flexion féminine et qu’on l’entende aux deux genres en francophonie, notamment en Afrique : celle-là, elle est costaude !

Étonnamment, l’origine et l’histoire du mot colosse viennent contredire son emploi actuel : à l’origine ce n’est pas un être humain, bien au contraire ! C’est la représentation d’un être (humain ou divin d’ailleurs) : c’est une statue. En tout cas c’est le sens du kolossos en grec ancien. Toute sorte de statues ? Oui il semble bien… et pourtant le mot s’est spécialisé, et s’est en particulier attaché à celui qu’on appelle le Colosse de Rhodes. Il faisait partie des Sept Merveilles du Monde et était incroyablement célèbre pendant la brève période où il s’est tenu debout, sur l’île de Rhodes : à peine plus de 50 ans. Il avait été élevé en honneur à Apollon qu’il représente, et pour remercier la divinité d’avoir prêté main-forte à l’île de Rhodes, qui venait de résister à un long siège, et il s’effondra en 225 avant Jésus-Christ, lors d’un tremblement de terre.

Alors avait-il les pieds d’argile ? Pas forcément ! Mais c’est ainsi qu’on se représente des statues monumentales, mais qui risquent de mal encaisser les chocs. Pourquoi un colosse aux pieds d’argile ? Là encore on a une référence antique, plus ancienne encore et beaucoup plus légendaire que le colosse de Rhodes dont l’existence concrète semble tout à fait avérée. C’est dans la Bible, et on sait que ce livre est fécond en histoire extraordinaire.

Le jeune Daniel a deviné le rêve qu’a fait le roi Nabuchodonosor, un rêve tout à fait symbolique pour un roi si puissant : il a rêvé d’une statue magnifique, un personnage dont la tête est d’or, le torse d’argent et les jambes de bronze. Mais voilà ! ses pieds sont d’argile, et tout ce somptueux édifice et à la merci d’un souffle ou d’une pierre lancée. Et l’expression colosse aux pieds d’argile, un peu littéraire, s’emploie couramment encore à propos d’une organisation, d’un pouvoir, d’un empire qui semble grand et riche et qui en fait est très friable, susceptible de se briser au moindre choc.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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